
Cinq ans ferme, mardi, pour la tête de pont d’un réseau de stupéfiants qui, depuis la Seine-Maritime, irriguait la campagne de Jarnac en cocaïne, héroïne et cannabis.
Point de Vincent Lefebvre, hier après-midi, à la barre du tribunal correctionnel d’Angoulême. Domicilié en Seine-Maritime, il est excusé. Sa femme étant hospitalisée, le prévenu garde les enfants. À 33 ans, il n’en est pas moins présenté comme le trafiquant en chef d’un réseau de cocaïne, héroïne et cannabis à l’échelle de la campagne jarnacaise. Cinq autres hommes devaient comparaître à ses côtés : seuls trois ont fait le déplacement.
Tous avaient été interpellés au saut du lit, entre janvier et mai 2013, et ont passé de longs mois en détention provisoire. Conséquence de la mort par overdose d’un jeune homme le 9 mai 2012, à Jarnac.
Les enquêteurs de la gendarmerie découvrent alors sur place l’attirail du parfait dealer : des flacons de méthadone, un bloc d’héroïne de 750 grammes, 224 grammes de résine de cannabis et quelque 10 765 euros en liquide. Surpris en pleine transaction rue des Moulins, à Jarnac, début 2010, le défunt faisait de longue date l’objet d’une enquête préliminaire. Mais, très vite, les gendarmes s’aperçoivent que le trafic survit à la mort du malheureux. Confiée deux semaines plus tard à un juge d’instruction, l’enquête aboutira au coup de filet du premier semestre 2013.
« Il déposait, il repartait »
À la barre, ils n’en mènent pas large, traînant leur sobriquet dans le prétoire du tribunal correctionnel. « Facteur », c’est son métier, 26 ans, vit toujours chez ses parents. Consommateur depuis ses 14 ans, il s’approvisionnait chez le dealer mort par overdose. Il s’est tourné alors vers « Bolossien », 25 ans, chez qui avaient été saisis près de 200 grammes d’héroïne, entre autres. Désormais employé dans une pisciculture, le jeune homme se dit sevré. À l’époque, il consommait « énormément » : « Entre 5 et 10 grammes par jour ». Au total, il aurait écoulé 1,5 kg d’héroïne entre octobre 2011 et janvier 2013.
Selon l’enquête, Alexandre Ferreira, 22 ans, un pied à Châteauneuf, l’autre en Normandie, s’approvisionnait auprès de Vincent Lefebvre, qui n’était autre que le compagnon de sa sœur. Soit grosso modo 500 grammes d’héroïne vendue « 17-18 euros le gramme » et 50 grammes de cocaïne vendue « 50-60 euros le gramme », à raison d’un « voyage tous les deux ou trois mois ». Il fournissait notamment un autre Alexandre, maçon, 29 ans, qui résume le trafic sans s’attarder : « Il déposait, il repartait, ça durait cinq minutes, et puis voilà. On buvait pas de café. »
Problème, si tout le monde est passé à table en garde à vue, plus personne ou presque ne reconnaît la moindre responsabilité à Vincent Lefebvre. Le président fait mine de s’en étonner, énumérant les différentes confrontations avec l’intéressé qui ont donné lieu aux rétractations des autres prévenus. Et ne se prive pas de lire les messages sans équivoque adressés par la compagne de Vincent Lefebvre à une autre jeune femme jugée trop bavarde : « Je vais te faire un truc de ouf », « t’es une balance », « mon mec voulait ta peau depuis longtemps, il a le feu vert. »
Sans surprise, les condamnations prononcées dès hier soir vont de trois mois avec sursis pour les menaces de crime ou délit prononcées par la compagne à deux ans de prison ferme pour Alexandre Ferreira et surtout cinq ans ferme pour son « beau-frère », Vincent Lefebvre. Avec mandat d’arrêt et interdiction de paraître en Charente pendant cinq ans.
SOURCE: http://www.sudouest.fr/2014/09/17/la-connection-normande-1673986-813.php
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