
Service communication et presse
Paris, le 07 octobre 2024
N°006
La Douane dévoile sa nouvelle stratégie douaniÚre de lutte contre les flux financiers illicites
La Douane française a dĂ©voilĂ© ce lundi 7 octobre Ă Bercy, sa nouvelle stratĂ©gie de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT). Cette nouvelle stratĂ©gie sâinscrit rĂ©solument dans la stratĂ©gie nationale de LCB-FT dĂ©finie par le Conseil dâorientation de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (COLB), avec lâambition de renforcer la place particuliĂšre de la Douane dans le dispositif national. Cette stratĂ©gie nationale sâappuie Ă©galement les recommandations formulĂ©es par le GAFI dans le cadre de lâĂ©valuation mutuelle de la France qui a eu lieu en 2022.
Forte du constat que « lâargent est le nerf de la guerre », cette nouvelle doctrine vise Ă chercher dâoĂč vient et oĂč va lâargent associĂ© Ă tous les trafics que la Douane est chargĂ©e de combattre (stupĂ©fiants, contrefaçons, tabacs, biens culturels, espĂšces protĂ©gĂ©es etc.). Pour y parvenir, la Douane compte mobiliser tous ses moyens humains, matĂ©riels et juridiques. Elle compte aussi associer tous les acteurs Ă©tatiques et institutionnels investis dans ce combat, câest pourquoi elle a rĂ©uni Ă Bercy plus de 170 spĂ©cialistes, douaniers et partenaires, pour prĂ©senter et commenter sa nouvelle doctrine et renforcer la coopĂ©ration opĂ©rationnelle.
Pour atteindre cet objectif, la Douane renforce ses moyens humains, matĂ©riels et dispose d’un nouvel arsenal lĂ©gislatif :
– coopĂ©ration internationale et interministĂ©rielle accrue pour dĂ©tecter, saisir afin de faire confisquer les avoirs criminels ;
– possibilitĂ© pour les douaniers de constater des opĂ©rations de blanchiment douanier y compris lors des phases de transport et de collecte rĂ©alisĂ©es sur le territoire national. Il sâagit dâun apport consĂ©quent de la loi n°2023-610 du 18 juillet 2023 visant Ă donner Ă la douane les moyens de faire face aux nouvelles menaces ;
– autre apport de cette loi, les actifs numĂ©riques, comme les cryptomonnaies, sont dĂ©sormais inclus dans le champ d’application du dĂ©lit de blanchiment douanier ;
– enfin, cette loi a Ă©largi la possibilitĂ© pour les douaniers de retenir lâargent liquide en circulation sur le territoire national, lorsquâils suspectent un lien avec des activitĂ©s criminelles ;
Ainsi, les capacitĂ©s dâintervention de la Douane ont Ă©tĂ© renforcĂ©es pour mieux apprĂ©hender les rĂ©seaux de collecteurs.
– La Direction nationale du renseignement et des enquĂȘtes douaniĂšres (DNRED), Ă travers son dĂ©partement Blanchiment et trafics de biens culturels, se spĂ©cialise dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Elle collabore, notamment, avec le dĂ©partement Cyberdouane pour contrer l’usage illicite des cryptomonnaies en particulier sur le Dark Net.
– Le maillage douanier rĂ©gional joue un rĂŽle crucial dans la surveillance et lâanalyse des flux financiers locaux, par la dĂ©tection de nombreuses infractions Ă l’obligation dĂ©clarative dâargent liquide sur tous les vecteurs de transport.
– La douane dĂ©veloppe aussi son rĂ©seau dâĂ©quipes maĂźtre/chiens spĂ©cialisĂ©es dans la dĂ©tection dâargent liquide « les cash-dogs ». Lâobjectif Ă©tant dâaugmenter le nombre dâĂ©quipes opĂ©rationnelles afin dâamĂ©liorer ses capacitĂ©s de dĂ©tection Ă court terme et sur tout le territoire.
– Créé en mai 2024, l’Office national anti-fraude (ONAF) lutte contre les fraudes aux finances publiques en identifiant les flux financiers illicites et en saisissant les avoirs criminels. Il coopĂšre Ă©troitement avec des organismes internationaux comme EUROPOL, ainsi quâavec des juridictions spĂ©cialisĂ©es (JIRS et JUNALCO), pour dĂ©manteler les rĂ©seaux de fraude et de blanchiment d’argent, en mettant l’accent sur les cryptoactifs et les fraudes transnationales.
En 2023 et 2024, les douaniers ont saisi des millions d’euros d’avoirs illĂ©gaux, issus d’activitĂ©s criminelles. De nombreuses opĂ©rations menĂ©es par la Direction nationale du renseignement et des enquĂȘtes douaniĂšres (DNRED) et l’Office national anti-fraude (ONAF) ont permis de dĂ©manteler des rĂ©seaux de blanchiment d’argent, notamment grĂące Ă une surveillance accrue des flux financiers transfrontaliers et Ă l’analyse approfondie des dĂ©clarations de capitaux.
« Le Premier ministre a fait de la sĂ©curitĂ© des Français une prioritĂ© de notre action. La Douane reprĂ©sente le bras armĂ© de mon ministĂšre, aux cĂŽtĂ©s des autres services de l’Etat. Ses agents sont en premiĂšre ligne pour assurer la protection et la tranquillitĂ© de nos concitoyens, en luttant contre tous les trafics illĂ©gaux qui pourrissent la vie des Français dans les villes, les villages et dans les quartiers.
Depuis de nombreuses années leur professionnalisme, leur innovation et leur engagement permettent une efficacité dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Face Ă une menace qui s’intensifie, cet effort doit ĂȘtre perpĂ©tuĂ© et mĂȘme accentuĂ©. La Douane pourra compter sur mon engagement total dans cette lutte, pour combattre, endiguer et Ă©radiquer ces trafics », indique Laurent Saint-Martin, ministre du Budget et des Comptes publics.
En 2023, la douane française a relevĂ© 2393 cas de manquement Ă lâobligation dĂ©clarative, 204 cas de blanchiment et saisi ou identifiĂ© et proposĂ© Ă la saisie 163,27 millions dâavoirs criminels.
En 2024, les rĂ©sultats sont prometteurs. Le nombre de cas de blanchiment douanier notifiĂ©s est en augmentation par rapport aux annĂ©es prĂ©cĂ©dentes. L’Office National Anti-Fraude (ONAF) a dĂ©jĂ identifiĂ© et proposĂ© Ă la saisie un montant plus Ă©levĂ© d’avoirs criminels.
â 292 dĂ©lits de blanchiment douanier ont Ă©tĂ© notifiĂ©s, pour un total de 14,11 millions (contre 7,10 millions en 2019 et 7,74 millions en 2023)
– 175,2 millions dâeuros dâavoir criminels identifiĂ©s et proposĂ©s Ă la saisie par lâONAF â soit dĂ©jĂ plus quâen 2023.
Pour ce qui concerne les manquements Ă lâobligation dĂ©clarative, 1 667 manquements, pour une contre-valeur de 43,9 millions dâeuros, ont Ă©tĂ© constatĂ©s entre le 1er janvier 2024 et le 31 aoĂ»t de cette mĂȘme annĂ©e, contre 1 489 constatations en 2023, le tout pour une contre-valeur de 39,5 millions.
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