Assis dans le salon de l’appartement de fortune que lui a fourni la Confédération, Dermit* a du mal à y croire. Entre les mains de cet ancien policier albanais, le document reçu en début de semaine: sa demande d’asile en Suisse est acceptée. C’est la fin d’un cauchemar long de trois ans pour ce réfugié hors du commun, dont Le Temps a recueilli le témoignage.
Pour comprendre, il faut remonter à 2013. Alors qu’il surveille un trafiquant notoire, Dermit relève la plaque d’une Audi noire aux vitres fumées. Rentré au commissariat, il découvre avec stupeur le nom de son propriétaire: Samir Tahiri, le ministre de l’intérieur du gouvernement albanais. Des cousins du ministre, les frères Habilaj, utilisaient la voiture officielle comme couverture pour leurs exactions dans la région de Fier, au sud du pays.
Aujourd’hui libre de rester en Suisse, le combat de Dermit ne fait que commencer. «Je ne m’arrêterai pas tant que je n’aurai pas fait tomber le système corrompu qui est en place dans mon pays. Jusqu’à mon dernier souffle.»
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