
La valeur de la monnaie américaine annoncée chaque matin par ce site Web depuis sa création en 2010 est devenu « la » référence pour qui veut acheter des dollars au marché noir (et pour qui les vend).
Comment les créateurs de DT établissent-ils le prix de la devise ? En s’appuyant sur les variations du taux pratiqués par les bureaux de change de… Cúcuta (ville située sur la frontière, côté colombien) !
Cette curiosité a pour origine la « résolution numéro 8 » émise par la Banque de la République (la banque centrale colombienne) le 25 mai 2000, durant le gouvernement d’Andrés Pastrana. Il en résulte que si celle-ci établit la parité du peso, sa monnaie nationale, avec le bolivar, elle autorise les cambistes de la frontière, hors de tout contrôle, à établir leurs propres taux. Ce qu’ils font, en les manipulant arbitrairement et de façon disproportionnée. Il existe, à Cúcuta, plusieurs centaines de ces bureaux de change légaux et illégaux. En vertu d’une autre loi colombienne tout aussi ahurissante, ces officines peuvent effectuer toute transaction sans les reporter aux autorités de tutelle, pour peu qu’elles soient inférieures à 10 000 dollars – mécanisme on ne peut plus utile pour blanchir l’argent du narcotrafic.
Extrait de la suite
La corruption ? Elle existe. Trop. Et à tous les niveaux. Chez les « chavistes ». Mais pas que chez eux (ce serait trop beau). Les témoignages abondent de négociateurs étrangers qui doivent composer avec des « Señores 10 % » pour obtenir un marché ou faire des affaires dans le pays. Dans les ports, il n’est pas rare que quelque douanier, militaire ou fonctionnaire ne réclame sa dîme pour laisser procéder au débarquement des cargaisons. « Si les importateurs tentent d’échapper aux pots de vin, a dénoncé Luis Peña, directeur des opérations de Premier Foods, dont le siège se trouve à Caracas, les aliments restent sur place et pourrissent. »
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http://www.investigaction.net/fr/la-guerre-economique-pour-les-nuls-et-les-journalistes-44/