FRANCE (les « affaires » et les ventes d’armes): les cadavres dans le placard de Charly (11)

Par ghostofmomo, le 16 septembre 2015

Et puis il y a les ventes d’armes aussi… avec d’autres compagnons de route de Charly tel Pierre Falcone… avant d’arriver à une affaire qui vient (enfin) de ressortir. La vie de Charles Pasqua a aussi croisé des vendeurs d’armes. Comme tout mafiosi qu’il était, ce petit monde associe toujours les mêmes choses : trafic de drogue ou trafic d’armes, on l’a vu ici avec Viktor Bout utilisent les mêmes avions. Bout se faisant parfois régler en diamants, lors de ces vols retours. Comme un président français, mais ça c’est encore une autre histoire : c’était l’ennemi juré de Charly, celui-là. Un président prêt à attirer à son service un homme du RPR qui l’a payé très cher, comme on va le voir bientôt. Son dossier vient de resurgir du fond d’un étang où on avait plongé son corps…

Cela commence par un énième scandale. Nous sommes en 2011, et Charly vient le 28 avril d’échapper encore une fois au couperet d’une justice… aux ordres, diront certains. Juste avant que le pouvoir ne change de mains, ce qui tombe plutôt bien pour lui. Condamné en première instance à trois ans de prison dont un an ferme, il se retrouve totalement blanchi en appel. Il avait pourtant touché 1,5 million de francs (228 673 euros), ce que la justice avait prouvé, au moment où l’homme en cheville avec lui, le sulfureux Arcadi Gaydamak s’était vu remettre la Médaille du Mérite. Au moment du procès, il était toujours en fuite et « activement » recherché par le successeur à l’Intérieur de…. Charles Pasqua, à savoir l’ineffable collectionneurs de tableaux Claude Guéant (la ministre de la Justice étant alors Alliot-Marie).

Selon Charly, ça n’avait rien à voir, c’était pour l’avoir aidé à la libération en 1995 de deux pilotes français retenus en otages en Bosnie. Que représentait cette somme, qui était Gaydamak et qu’était donc cette histoire de libération de pilotes mérite quelques explications, car dans le lot des absous, ce jour-là, il y avait aussi Pierre Falcone. Lourdement condamné à six ans de prison ferme en première instance, il avait vu sa peine réduite à 30 petits mois de prison ferme (quand même). Un autre larron pointe aussi dans l’affaire, et pas des moindres : Jean-Christophe Mitterrand le fils de son père… pour parfaire le panel, on ajoute Jacques Attali, le Jiminy Cricket de Mitterrand, et Jean-Charles Marchiani, dont on se demande dans quoi il n’aura pas trempé, plutôt, à suivre son mentor.. Charly le débonnaire, qui avait promis de « tout déballer » au début de son procès…

L’affaire est sombre, très sombre, car elle a mouillé tout le monde. Ou plutôt, on a arrosé tout le monde : le meilleur moyen de garantir une forme d’immunité. On retrouvera ainsi lors de l’enquête un versement de chèque de 100 000 francs (15 000 euros) versé en 1997 par la société de vente d’armes Brenco International à Georges Fenech qui était alors le président de l’Association Professionnelle des Magistrats (APM)…. de l’argent, des cadeaux : ainsi pour le cas pendable de trois étudiantes, des hôtesses recrutées par Falcone, qui se sont retrouvées au tribunal pour recel d’abus de biens sociaux, punissable de cinq ans de prison. Elles avaient été payées en cash uniquement, et une avait même reçu une Polo Wolkswagen. « Le cash, elle le recevait de la société de Pierre Falcone : « c’était à prendre ou à laisser », explique-t-elle. « Le travail était simple mais les heures étaient longues. On servait du café, du thé », explique Julie D, l’une des hôtesses. Comme elle, Mélanie P. est accusée d’avoir reçu du cash, mais aussi une Volkswagen polo, en « cadeau » de Pierre Falcone. Une partie du liquide, explique cette grande femme brune, « c’était parce que je venais de me séparer de mon petit ami et que je ne pouvais plus payer mon loyer. « Pierre Falcone trouvait que c’était pratique que je sois à côté du bureau et il m’a proposé de prendre en charge la moitié que mon ami payait ». Quant à la voiture, dit Pierre Falcone, Mélanie P. « m’est apparue émotionnellement plus fragile. J’ai tout simplement tenu à l’aider. Il n’y a pas d’agenda caché ». « La Polo, c’était une façon de rémunérer le travail parfait qui était le sien ». Pour justifier cela, Falcone avait dit à la cour , « mon plus grand souci était d’assurer le meilleur accueil possible aux délégations angolaises dont j’avais la charge » .

De l’argent de Brenco Trading International Limited, la société de Pierre-Joseph Falcone, connu sous le nom de Pierre Falcone, immatriculée aux îles Vierges britanniques et à l’île de Man, qui avait commencé dans la construction d’hôpitaux, d’autoroutes et d’écoles dans les pays en voie de développement pour se lier étroitement de 1989 à 1997, à la Sofremi (la Société Française d’Exportation des matériels et systèmes du ministère de l’Intérieur, créée en 1985 par Pierre Joxe). En décembre 2007, Pierre Falcone sera condamné par le tribunal correctionnel de Paris à un an de prison ferme pour détournement de fond dans ce qui a été apellé l’affaire de la Sofremi.

Une affaire encore où l’on retrouve notre bon Charly : celui-ci à nommé Bernard Dubois comme PDG en 1993 (il y restera jusqu’en 1997), un homme qui a Bernard Poussier comme adjoint. Or ces derniers vont constamment reverser des commissions plus que rondelettes sur les contrats obtenus à des proches du ministre, qui sont Jean-Charles Marchiani, Jean-Jacques Guillet et Pierre-Philippe Pasqua (le fils unique de Charles Pasqua décédé récemment lui aussi) ou à Étienne Leandri (mort en 1995). « Par exemple, une somme de 15 millions de francs versée par la Sofremi à la société Ingeneria Mar del Plata, officiellement en tant que commission dans un contrat avec la province de Buenos Aires, est revenue en France, après avoir transité par des comptes au Panama ou en Suisse, pour financer les Éditions du Quotidien du maire. Dans un contrat prévoyant le déminage du Koweït après la guerre du Golfe, Étienne Leandri perçoit six millions de francs »… 6 millions de com’ !!!
Léandri, un autre proche de Pasqua, et un autre truand notoire. Avec lui, on retombe sur les trois (vilains) canards bien connus : « la Deuxième Guerre mondiale ne perturbe pas ses affaires. Leandri s’y taille une sale réputation de collabo, copinant avec des généraux allemands. En parallèle, il planque à l’occasion des juifs recherchés, comme Georges Cravenne (futur fondateur des césars) ou Joseph Kosma (compositeur des Feuilles mortes). Bentley avec chauffeur. A la Libération, Leandri s’enfuit en Italie. Il est condamné par contumace à vingt ans de travaux forcés pour « intelligence avec l’ennemi ». Leandri profite d’un décret non abrogé de Mussolini qui accorde aux Corses la double nationalité franco-italienne.

Puis les années 50 voient la CIA recycler d’anciens nazis et trafiquants de drogue au nom de la lutte anticommuniste. Leandri en est, l’occasion pour lui de fréquenter Lucky Luciano, parrain des parrains, successeur d’Al Capone. Les services américains assurent son retour au bercail. En 1957, Leandri se rend spontanément à la justice française. Il est blanchi de toute collusion avec l’occupant. « D’une droite rigide, il était plus excentrique que gestapiste », assure un ami. Revenu aux affaires, Leandri devient un pilier des Trois Canards, café parisien faisant office de QG du grand banditisme… » En filigrane, vous l’avez noté, on retrouve la CIA, qui suivaient de près on l’a dit le trafic d’héroÏne de Lucky Luciano, au nom de l’anticommunisme qui avait le bon dos.

Léandri est un autre pan oublié de la carrière de Charly. « Leandri se fait « arrangeur » auprès de grandes boîtes françaises (Thomson, Elf, GMF, Lyonnaise et Générale des eaux). Cela va du recouvrement musclé de créances à la contrepartie off-shore d’un deal. Il entre définitivement dans la cour du CAC 40 aux côtés de Nadhmi Auchi, milliardaire irakien réfugié à Londres, menacé de mort par le régime de Saddam Hussein. Leandri se fait le relais de ses craintes auprès de Charles Pasqua à l’Intérieur. Le compagnonnage Pasqua-Leandri, entamé à l’époque du SAC, se poursuit sur fond de méandres franco-irakiens ». On retrouvera ainsi Charly mouillé dans la sordide affaire de l’affaire Pétrole contre nourriture, en Irak. l’affaire avait commencé avec l’arrestation de Bernard Guillet, un ancien conseiller de… Charles Pasqua, qui n’avait jamais caché son amitié poru Tarek Aziz, mort récemment en détention. « D’une part, les dirigeants irakiens attribuaient des barils à des personnalités « amies » en contrepartie de leur lobbying en faveur de la levée des sanctions.

Responsables d’associations, hommes d’affaires, journalistes et anciens diplomates, dont Jean-Bernard Mérimée, ex-ambassadeur de France à l’ONU, sont ainsi soupçonnés, tout comme l’ancien ministre de l’Intérieur Charles Pasqua, qui nie avoir bénéficié de telles largesses.

Tarek Aziz, second de Saddam Hussein, un bon chrétien que celui-là, (c’est un chaldéen), condamné à mort en 2010 pour la répression contre les chiites et décédé le 5 juin dernier.

« Les policiers suspectent onze personnes d’avoir profité des fastes du régime irakien. Parmi elles, un homme d’affaires proche de Jacques Chirac, Patrick Maugein, un intermédiaire, Elias Firzli, l’ancien secrétaire général du Quai d’Orsay, Serge Boidevaix, un ancien ambassadeur de France à l’ONU, Jean-Bernard Mérimée, un ancien ministre de l’intérieur, Charles Pasqua, et son conseiller diplomatique, Bernard Guillet, ou encore le responsable de l’association Amitiés franco-irakiennes (AFI), Gilles Munier. « Concernant les allocations pétrolières, écrivent les enquêteurs, les infractions de corruption active et passive et trafic d’influence semblent avoir été relevées, et ce jusqu’en mai 2002. » M. Courroye, qui a demandé, en avril 2005, l’extension de saisine – ouverte pour « abus de biens sociaux, complicité et recel » – à ces incriminations n’a toujours pas, en juin 2005, reçu de feu vert du procureur de Paris. Selon les policiers, « la plupart des personnes physiques qui ont perçu ces allocations ont eu à véhiculer une image positive du régime irakien avec prise de position pro-irakienne, en particulier Gilles Munier et Serge Boidevaix, en contrepartie d’allocations pétrolières accordées par les autorités gouvernementales irakiennes de l’époque. Ceci peut constituer des faits de trafic d’influence aggravé ». « De même, assure la BRDE, il convient de souligner l’influence de MM. Charles Pasqua et Bernard Guillet et leur prise de position pour le régime irakien à l’époque. » Le 8 juillet 2013, Pasqua sera relaxé… il a vait été envoyé en correctionnelle en 2011 par le juge Tournaire : il aurait pourtant été relaxé , alors qu’il aurait perçu l’équivalent de plus de 4 millions de barils sous forme de commissions occultes versées à son conseiller diplomatique Bernard Guille. Et ce, malgré les documents accablants retrouvés en Irak et considérés « comme des faux » par Charly. le seul a avoir vanté les mérites de Saddam Hussein, en se rendant sur place à l’époque, en 1990, et avoir salué la disparition récente de Tarek Haziz s’appelant JM LePen…

« La justice française n’a jamais voulu poursuivre Leandri tant que Pasqua était puissant », résume un proche.

Balladur défait par Chirac, Pasqua groupusculisé au RPF, Leandri décédé, c’est l’hallali. Il y a d’abord l’affaire Sofremi, société d’exportation du ministère de l’Intérieur. Sous la deuxième cohabitation, Leandri a perçu 21 millions de francs de commissions pour la vente d’équipements policiers en Amérique du Sud. Bernard Dubois, ex-président de la Sofremi, l’a reconnu sur PV : « Etienne Leandri était commissionné à la demande du cabinet de l’Intérieur. J’ai compris dès les premiers jours que, par des retours de commissions, il finançait ce que Charles Pasqua ou son entourage allait lui demander de financer. » Dix millions reviennent au Quotidien du Maire, journal dirigé par un proche de Pasqua. Bernard Guillet, ancien conseiller du ministre, est plus nébuleux : « Il est exact qu’Etienne Leandri était très généreux. Il connaissait bien Charles Pasqua, ils avaient plaisir à dîner ensemble. »

Autre affaire pasquaïenne, et même familiale, cette fois avec Alsthom. « Créance morale. L’affaire Alstom est encore plus problématique, car le retour de commission touche au fils, Pierre-Philippe Pasqua. Michel Carmona, distingué professeur à la Sorbonne, est un franc-maçon aimanté par la face sombre des affaires au point d’avoir fréquenté avec assiduité Leandri à la fin de sa vie. Ensuite, il a dénoncé l’affaire Alstom, avec sa petite idée sur la problématique filiale : « J’ai compris qu’Etienne Leandri finançait le fils pour éviter de compromettre le père par des affaires douteuses. Selon moi, ce souci qu’il avait du fils était une sorte d’investissement pour ménager le père. Une sorte de créance morale. » Un grand classique du milieu : rendre service amicalement, puis exiger retour à l’envoyeur, plus ou moins fermement. Aux obsèques d’Etienne Leandri, en très petit comité, Pierre-Philippe Pasqua brillait par sa présence. Avant de s’enfuir en Tunisie, lorsque tout a foutu le camp ».
« Quand on est emmerdé par une affaire, il faut susciter une affaire dans l’affaire, et si nécessaire une autre affaire dans l’affaire de l’affaire, jusqu’à ce que personne n’y comprenne plus rien »… la méthode Charly, quoi… qui nous réserve encore d’autres surprises, c’est sûr…

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