
La capture, pour la troisième fois, le , de Joaquín Archivaldo Guzmán Loera dit « El Chapo », est restée dans toutes les mémoires. Son extradition aux USA le 19 janvier 2017 a mis fin à tous ses espoirs de retrouver la liberté, lui qui s’était échappé deux fois au Mexique. Pour l’en empêcher, les hommes d’El Chapo avaient auparavant assassiné le juge qui la préparait (1). L’occasion aujourd’hui pour nous de revenir sur sa traque, et de décrire son empire, qui continuera, hélas sans lui. Les mois prochains ont devrait assister à une avalanche de crimes supplémentaires, un royaume sans roi attirant souvent les prises de pouvoir de roitelets en puissance désireux de marquer leur territoire. Mais davantage que l’homme, ce que je vais vous décrire dans cette nouvelle saga, c’est surtout l’impuissance d’un Etat, voire de plusieurs, à juguler le fléau de la cocaïne, comme on va le voir en détail…

Cela a commencé il y a bien longtemps, bientôt une trentaine d’années au minimum pour celui qu’on a surnommé El Chapo en raison de sa petite taille (cela signifie « courtaud », ce qui est aussi propice à voyager dans les tunnels…). Le 5 octobre 1992, les enquêteurs du bureau du Procureur spécial sur la piste de l’associé deMiguel Ángel Félix Gallardo, le parrain du cartel de Guadalajara, à savoir de Joaquín Guzmán alias El Chapo, se rendent dans un hangar officiel de l’aéroport international de Mexico. Dedans, il y a deux avions Learjet de modèles différents (un 25 et un 35). Il appartiennent à Aerobasto SA, appartenant aux deux frères Mario et Olegario Vazquez Rana, deux industriels originaires de la municipalité de la localité d’Avión (ça ne s’invente pas).
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