COKE EN STOCK (CLXVI): la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (1)

Je vous ai déjà dit ici-même que le trafic de cocaïne par avion avait en quelque sorte ses règles et ses principes. Des petits Cessna pour El Chapo, voire des Beechcraft bimoteurs pour emporter davantage de cargaison poudreuse, des Gulfstream privés pour de riches consommateurs ou des Cessna Conquest II modifiés pour traverser l’Atlantique, ou même parfois des Boeing 727 cargo, ou des Antonov bi – ou quadrimoteurs- pour transporter à la tonne. L’éventail paraît au final restreint, les petits avions Cessna à aile haute représentant une très forte majorité. Pour fournir ces appareils, il y a derrière des hommes… et des banques prêteuses d’argent ou collecteuses de billets sans trop en regarder la provenance. Des lessiveuses à argent sale, telle Wachovia ou Wells Fargo, une banque qui est toujours dans la tourmente, d’ailleurs (1). J’avais évoqué il y a quelque temps déjà (en février 2014) en détail un de ces fournisseurs, appelé Pedro Benavides Natera, allié à un banquier de la Casa de Cambio Puebla, Pedro Alatorre Damy, en fait le trésorier du cartel de Sinaloa. Aujourd’hui, je vais vous parler de deux autres gros fournisseurs en avions de la coke : un argentin et un bolivien, qui ont subi un sort différent l’un l’autre. Puis nous en aborderons un troisième, que je réserve pour la fin de cette longue enquête. Des descendants à leur façon de Amarillo Carillo Fuentes, qui lui, il est vrai faisait ça à l’aide de Caravelles françaises déclassées, comme vous le savez déjà (2). Chez l’un d’entre eux, un pilote expérimenté aurait même trouvé une astuce supplémentaire pour effectuer des vols en passant sous la zone de détection des radars grâce à la remise au goût du jour d’un vieux dispositif bien connu des habitués et de ceux qui connaissent l’histoire de l’aviation. Mais commençons d’abord par un bolivien qui est allé chercher loin, parfois, ses petits Cessna porteurs de coke…

Le bolivien discret qui achetait des hydravions en Alaska

On commence d’abord par le premier cas, déjà évoqué en partie ici-même, celui de Martin Rapozo Villavicencio, qui nous révèle une drôle de surprise, à vrai dire. En 2015, suite à la longue enquête d’IDL-Reporters, un autre journal, Caretas, en cheville avec le premier, met en ligne un article intitulé “Narcovuelos a la bolivian ». En photo, on découvre un avion et son pilote, menottes aux poignets (ici à gauche) : l’avion est immatriculé CP-2652, il a été capturé près de Pichari en avril 2015, à Quisto Valle, et le pilote bolivien à ses côtés s’appelle Fernando Rubín de Celis (parfois présenté comme s’appelant « Fernando Rubi »). A l’occasion de son arrestation, les péruviens avaient pu voir le chef de la police contre les stupéfiants de Mazamari, au Pérou, le commandant Jaime Pizarro venir devant les caméras montrer l’avion qui s’était en fait retrouvé embourbé dans une piste d’atterrissage clandestine.

Selon la police locale, « l’avion était en mission pour ramasser de la cocaïne dans les vallées des rivières Apurimac, Ene et Mantaro (connue comme étant le VRAEM, de la taille en superficie de l’Irlande), alors et toujours la première région productrice de cocaïne au monde ». Il avait alors annoncé « que le copilote avait réussi à s’enfuir avec une sacoche d’argent »… l’article de presse parlant plutôt lui de la livraison… de 10 000 dollars aux militaires locaux pour qu’ils ignorent les atterrissages clandestins !!! Juste avant, un autre avion, immatriculé CP-1657 (ancien Aerotaxi San Martin) avait été l’objet d’une opération de l’armée à Santa Teresa dans le district de Pichari (La Convención), nous apprenait le même article. A l’occasion le pilote (Wilson Castañeda) avait reçu une balle et avait dû être hospitalisé. C’est un fait que les avions boliviens ne cessent de s’arrêter en route au Pérou. Depuis quelques années, le mouvement s’est renforcé. Un véritable pont aérien, en fait.

L’armée péruvienne était-elle complice ?

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http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-clxvi-la-decouverte-et-la-chute-des-fournisseurs-davions-1/

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