
On commence à cerner un peu mieux le principe, grâce aux épisodes précédents. En résumé, des avions abîmés ou vieillissants ont été achetés une bouchée de pain, le plus souvent en Alaska par un trafiquant, Martín Rapozo Villavicencio. On en dénombre à ce jour plus d’une trentaine à lui seul, sans compter ceux de ses proches. De quoi largement entretenir le trafic de cocaïne en Amérique du Sud, où ont été rapatriés tous ses appareils, en majeure partie arrivés démontés dans des caisses de bois introduites dans des containers de bateaux. Des avions parfois restés tels quels ou parfois repeints, selon le temps laissé pour réaliser la « commande », car à bien regarder, on s’aperçoit que le système Rapozo a tout d’une entreprise capitaliste, répondant au mieux à la demande et dans les meilleurs délais. Les conditions de vol de ses jeunes pilotes étant le cadet de ses soucis, comme on a pu le voir déjà. Un ballet incessant d’avions en partance désormais pour le Brésil voire l’Argentine, à partir des ordres donnés au Paraguay ou de Bolivie, pays qui s’enfonce à grande vitesse dans le statut de narco-état, en la déguisant en défense des minorités travailleuses, celle des petits producteurs de coca (les « cocaleros »), adoubés par Evo Morales en personne, qui ne pourra pas briguer un quatrième mandat, rappelons-le.
Un kangourou en caisse ?
Il restait encore le mystère de la venue de ses fameux avions alaskans pour la plupart, jusqu’en Bolivie. On finit par trouver, après quelques semaines de recherche (et même quelques mois, il faut bien l’avouer), la méthode utilisée par notre trafiquant. Une méthode bien particulière, en effet. C’est d’abord un fiche retrouvée chez une entreprise de transport et d’expédition, celle dont je vous avais déjà parlé ici lors du transfert d’appareils vers les mexicains impliqués dans l’affaire du bimoteur retrouvé en Guyana.
En date du 5 décembre 2015, on peut y lire l’envoi via Turbo North Aviation (installé à Anchorage, et qui vend aussi des avions) à destination du… Chili, d’une caisse contenant un objet pesant 2,5 tonnes et d’une valeur de 95 000 dollars. Vous avez deviné, c’est bien sûr un avion, présenté comme étant un « Cessna 206G » de 1979, mis en caisse « démonté » bien sûr …….. LIRE la suite
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