
On commence a se faire une bonne idée du principe : des trafiquants achètent des avions accidentés, pour les revendre plus tard sur Internet, une fois les appareils repeints. Certains aboutissent chez… d’autres trafiquants, qui en font leurs appareils de transport de coke. Le plus souvent on retrouve à bord des pilotes connus, de vieux habitués des trafics, qui une fois devenus trop vieux font dans la logistique d’avion narco. C’est une histoire sans fin dans laquelle viennent se mêler des hommes politiques et pas des moindres comme on a pu le voir, ou des sociétés ayant pignon sur rue et qui, visiblement ont de très hautes vues sur l’avenir de leur développement… bien aidé par les mêmes hommes politiques… le dernier en date étant devenu entre temps… président du pays !
Le refurbishing sans fin d’épaves pour leur faire faire un dernier vol
La suite de la fameuse saisie vue dans l’épisode précédent est elle aussi sans fin. En 2015, déjà, voici ce qui avait été écrit lors de la première intervention gouvernementale : « les 20 petits avions n’étaient pas cachés dans les montagnes et n’ont pas été découverts opérant dans des pistes d’atterrissage clandestines. Au contraire, la base d’opérations était l’aéroport de Pedro Juan, sous le contrôle et la responsabilité de la Direction Nationale de l’Aéronautique Civile (Dinac). Le plan découvert par Senad était simple mais extrêmement efficace: les avions endommagés étaient achetés au Brésil et entraient au Paraguay comme ferraille. Ils n’avaient pas d’identité. Il leur manquait un numéro de châssis et de moteur ainsi que d’un enregistrement de navigabilité. L’atelier aéronautique de PPA opère sur le même site à l’aéroport de Pedro Juan. Les avions de rebut étaient reconditionnés dans leur intégralité et ils étaient alors en parfait état. Leur réparation comprenait des tuyaux et des réservoirs supplémentaires pour prolonger l’autonomie de l’avion. À la fin des travaux, une plaque d’immatriculation nationale était tracée afin qu’elle puisse fonctionner sans inconvénient dans les aéroports. L’intervention de Senad a permis la confiscation de 14 petits avions prêts à voler et 6 en cours de renouvellement. La liste des avions de la marque Cessna est la suivante: 10 du modèle 210, 2 du modèle 206 et 1 du modèle 185. En cours de rénovation, 5 du modèle 210 et 1 Baron. Un coup dur pour le trafic illégal… » Le principe était simple, mais il fallait l’appui d’une autorité officielle pour qu’il marche (voir nos épisodes précédents !)
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