FRANCE đŸ‡«đŸ‡·(Cannabis): trois scĂ©narios pour une lĂ©galisation

Il est rare qu’une Ă©tude sur les drogues ait les honneurs de la direction du TrĂ©sor de Bercy. Dans un numĂ©ro rĂ©cent de la revue du ministĂšre, les universitaires Christian Ben Lakhdar et Pierre Kopp ont publiĂ© un bilan socioĂ©conomique du cannabis, sur la base de travaux dĂ©jĂ  effectuĂ©s pour le think tank Terra Nova.

Ils partent d’un constat d’échec : la France est l’un des pays les plus rĂ©pressifs, tout en Ă©tant le plus gros consommateur europĂ©en.

Ils estiment le coĂ»t social du cannabis Ă  plus de 900 millions d’euros : 560 millions de dĂ©penses publiques, dont Ă  peine 36 millions pour la prĂ©vention, le reste Ă©tant consacrĂ© aux services policiers et judiciaires ; et 350 millions de « pertes », liĂ©es Ă  la mortalitĂ© et Ă  l’emprisonnement.

Les auteurs envisagent donc plusieurs rĂ©formes possibles. Tout d’abord, les autoritĂ©s pourraient dĂ©pĂ©naliser l’usage mais pas la vente. Cela permettrait de rĂ©duire les dĂ©penses publiques de 55 % en mettant fin aux interpellations d’usagers.

Mais cela provoquerait une hausse de 12 % du nombre de consommateurs et de 16 % des quantitĂ©s vendues. « Ce serait un cadeau pour les trafiquants, prĂ©vient Christian Ben Lakhdar. Une demande dĂ©complexĂ©e pourrait faire grimper les prix, donc leurs profits. » Autre option : la lĂ©galisation complĂšte du marchĂ© sur un modĂšle concurrentiel. L’impact serait positif pour les finances publiques, avec une baisse des dĂ©penses et une hausse des recettes fiscales sur les ventes. Mais elle entraĂźnerait une diminution des prix et ferait exploser de 71 % le nombre d’usagers et quasi doubler les quantitĂ©s consommĂ©es. « Les rĂ©seaux criminels se reporteraient sur d’autres drogues, notamment la cocaĂŻne, s’inquiĂšte Vincent Le Beguec, patron de l’office de lutte contre les stupĂ©fiants. Or, sur ce marchĂ©, la hausse de l’offre entraĂźne celle de la demande. » Pour concilier lutte contre les trafics et objectifs de santĂ© publique, Christian Ben Lakhdar propose donc que l’Etat garde la main et mette en place une autoritĂ© de rĂ©gulation, semblable Ă  l’Arjel pour les jeux en ligne. « Elle empĂȘcherait tout marketing favorisant l’attractivitĂ© du produit et pourrait agir sur les prix Ă  travers les taxes. » L’idĂ©e serait, d’abord, de fixer un prix assez bas pour assĂ©cher le marchĂ© parallĂšle. Puis l’agence imposerait des taxes de plus en plus Ă©levĂ©es afin de limiter la consommation, comme pour le tabac. Une tactique qui laisse toutefois sceptique Vincent Le Beguec : « Il faut attendre d’avoir plus de recul sur les expĂ©riences Ă©trangĂšres. »

SOURCE

https://www.challenges.fr/france/millionnaires-du-cannabis-qui-sont-les-barons-de-l-or-vert_637355

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