SOCIÉTÉ 🇦🇺🇪🇺🇺🇸🇨🇦🇨🇳🇫🇷🇷🇺🇬🇧: la fin du consensus sur la prohibition, permettra-t-elle d’en finir avec la guerre contre les drogues

par Khalid Tinasti

Le système international de contrôle des drogues est un cas d’étude dans le multilatéralisme: depuis la création du système mondial à la sortie de la Seconde guerre mondiale et jusqu’au début des années 2010, la communauté internationale a partagé une position commune, même durant la guerre froide: celle de l’éradication de l’usage récréatif des drogues.

Ce consensus sur l’efficacité de la prohibition comme paradigme de contrôle des drogues s’est brisé ces dernières années face à ses propres échecs.

En effet, la production, l’usage et la consommation des substances illégales traditionnelles sont en constante augmentation.

Le marché des drogues connaît des bouleversements avec l’arrivée des nouvelles substances synthétiques et du trafic sur le dark web auxquels le système actuel paraît incapable de répondre.

Enfin, la répression a provoqué de nombreux préjudices en plus de ceux à l’usage des drogues.

Ces préjudices, bien identifiés depuis une décennie mais toujours décrits à tort comme des «conséquences imprévues», comprennent aussi bien des épidémies sanitaires et des violations des droits humains que l’existence même du marché illégal des drogues, qui pèse environ 500 milliards de dollars par an. Ces préjudices appellent une approche transversale, prenant en compte la santé publique, le développement socio-économique, ainsi que les droits humains. Ce sont là des sujets de développement durable, débattus politiquement au sein de la Genève internationale.

Fin du consensus sur la prohibition

La fin du consensus sur la prohibition entre les pays membres de l’ONU se reflète sur les mandats des assemblées et des agences onusiennes. Actuellement, le contrôle des drogues est débattu au sein de la Commission des stupéfiants (CND), basée à Vienne, du seul point de vue de la répression et de la riposte au crime avec trois objectifs: réduire l’offre, réduire la demande et combattre le trafic illégal. Ainsi, les répercussions des politiques répressives sur le bien-être des populations sont laissées de côté.

De surcroît, des agences comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation internationale pour la migration (OIM), le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR), le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) ou l’Onusida ne peuvent mettre en œuvre la totalité de leurs stratégies déjà complexes, tant que le système de criminalisation de l’usage personnel des stupéfiants actuel est maintenu. Si leurs publics cibles vivent dans la crainte de la punition ou sont arrêtés pour usage de drogues, tout un pan de la population ne peut plus être atteint, les épidémies restent cachées, et les droits fondamentaux sont bafoués sans possibilité de recours.

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https://www.letemps.ch/opinions/finir-guerre-contre-drogues

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