FRANCE đŸ‡«đŸ‡·(ProcĂšs Air CocaĂŻne): les ambitions contrariĂ©es de la SN-THS

GĂ©rĂ©e par des pieds nickelĂ©s…Étaient-ils prĂȘts Ă  tout pour pĂ©renniser la « compagnie » aĂ©rienne ?

Ça n’aurait pas Ă©tĂ© la premiĂšre entreprise sauvĂ©e par la coke!

NS 55 DNRED

Par Laetitia Sariroglou

Lorsque le Falcon 50 d’Alain Afflelou Ă©tait enfin entrĂ© dans la flotte, les salariĂ©s de SN-THS avaient soufflĂ© de soulagement. Depuis le dĂ©pĂŽt de bilan quelques mois plus tĂŽt, suivi du rachat par Pierre-Marc Dreyfus, cousin de l’ancien patron, la petite compagnie privĂ©e de Lyon naviguait Ă  vue niveau trĂ©sorerie. Un des deux associĂ©s du nouveau PDG, Fabrice Alcaud, chargĂ© de rabattre les clients vers la compagnie, peinait un peu Ă  faire fructifier les affaires. Les deux Falcon 10 ne pouvant assurer que des trajets en Europe, les marchĂ©s Ă©taient limitĂ©s. Et cĂŽtĂ© gestion, Pierre-Marc Dreyfus ne semblait pas « avoir les Ă©paules » pour dĂ©velopper sa sociĂ©tĂ© mĂȘme si l’envie Ă©tait lĂ . Alors le Falcon du cĂ©lĂšbre opticien allait leur ouvrir le monde.

L’argent allait enfin rentrer dans les caisses.

D’oĂč le questionnement rĂ©current de l’accusation, et de la cour, sur ce laisser-aller suicidaire financiĂšrement, cette Ă©tourderie Ă  plusieurs centaines de milliers d’euros. SN-THS n’aurait jamais encaissĂ© le montant dĂ» des trois vols transatlantiques, dont celui de Punta Cana, vendus au mĂȘme client, Franck Colin, par l’intermĂ©diaire d’Alain Castany, le courtier qui s’Ă©tait rapprochĂ© de Fabrice Alcaud. Il n’y aurait mĂȘme pas eu de facture. Peut-ĂȘtre une caution, et encore. Plus personne n’a en mĂ©moire ces paiements.

Le commercial, neveu du patron, a le vague souvenir d’une proposition en liquide de Castany mais refusĂ©e par la direction. La secrĂ©taire commerciale Ă©tait en maladie au moment des vols et le comptable, en congĂ©s. Mais tous promettent Ă  la cour qu’il Ă©tait « courant que les clients paient aprĂšs le vol ». Notamment avec les clients connus.

Sauf qu’ici, il n’aurait jamais payĂ©. Selon le commercial, le prix moyen d’un vol transatlantique en aviation privĂ©e est d’environ 100 000 €. « Avoir cet argent Ă  l’extĂ©rieur n’Ă©tait pas inquiĂ©tant pour vous ? », s’Ă©tonne l’avocat gĂ©nĂ©ral Gouton auprĂšs du comptable « persuadĂ© que ses patrons se sont faits avoir ».
DĂ©sertĂ©e par les clients, elle a fermĂ© deux ans aprĂšs l’arrestation des pilotes

Naïfs, appùtés par la belle marge proposée, ils se seraient faits embobiner par Alain Castany, qui ne les aurait jamais payés tout en les impliquant malgré eux dans un trafic de cocaïne. Impossible, pour les employés, de les imaginer jouant la compagnie sur un coup de poker, avec doublement de la mise en liquide, fermant les yeux sur une activité illégale et sacrifiant deux pilotes.

Franck Colin affirmant avoir reçu des mains de « Ryan », le trafiquant de drogue, 230 000 € pour chaque vol (commissions comprises), et avoir remis le tout Ă  Alain Castany pour le paiement Ă  SN-THS, la cour a tentĂ© de comprendre oĂč avait bien pu passer l’argent, s’il avait existĂ©.

Alain Castany

Un coffre ouvert Ă  la hĂąte par Pierre-Marc Dreyfus deux jours aprĂšs l’arrestation de ses pilotes a retenu son attention. « Quel Ă©tait le caractĂšre d’urgence ? », demande le prĂ©sident Tournier. « Il est inexistant, assure l’ancien PDG, Ă  la dĂ©contraction inĂ©branlable.

Je faisais partie d’un club Ă  la HSBC.

Et bien, faut demander Ă  François Mongin, ex Dg de la Douane française et directeur du Tracfin qu’il rencarde la Cour … Il travaille comme « internal audit » chez HSBC!

On devait me rendre un service.

On m’a appelĂ© ce jour-lĂ  pour me proposer un coffre. Mais ça donne l’impression que j’ai quelque chose Ă  cacher. » « Le contrat prend fin assez rapidement, observe le juge. Pourquoi ne pas l’avoir gardĂ© ? » « Je sais plus, avoue l’ancien PDG. J’ai Ă©tĂ© placĂ© en garde Ă  vue. J’avais d’autres soucis… »

Des coffres et des banques, il en est question un peu tout au long du dossier.

Mais SN-THS ne s’est pas enrichie. DĂ©sertĂ©e par les clients, elle a fermĂ© deux ans plus tard. Victime de la « naĂŻvetĂ© » de ses dirigeants.

SOURCE

https://www.laprovence.com/article/faits-divers-justice/5390741/proces-air-cocaine-les-ambitions-contrariees-de-la-petite-compagnie-privee.html

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