
Par JFGiorgetti
Premier Ă la barre, ce mercredi matin, Martin Giraud. Il Ă©tait le commercial de lâentreprise, aujourdâhui ĂągĂ© de 29 ans. «⊠Je suis le neveu issu de germain du patron, Pierre-Marc Dreyfus. Jâai commencĂ© Ă travailler, en 2011. JâĂ©tais stagiaire en alternance, par la suite je suis devenu salariĂ©. Mon rĂŽle Ă©tait de trouver des clients, augmenter le portefeuille commercial, organiser et gĂ©rer les volsâŠÂ» « Au sujet du premier vol (un aller-retour entre la France et la RĂ©publique Dominicaine NDLR), je nâĂ©tais pas rattachĂ© au client final. Câest Monsieur Alcaud (lâun des trois associĂ©s dans SNTHS . NDLR) qui amenait ce client. CâĂ©tait une personne interne qui nous amenait ce vol. De facto, nous avions facturĂ© Ă sa sociĂ©tĂ© luxembourgeoise. Il agissait en tant que courtier, il demandait Ă SNTHS dâorganiser le vol. »
Question du prĂ©sident de la cour dâassises spĂ©ciale :
« Monsieur Alcaud Ă©tait un apporteur dâaffaire ? »
Réponse de Martin Giraud :
« Vous avez raison ! »
« Ces vols nâont pas Ă©tĂ© payĂ©s. »
Le Président :
« Vous dites que les vols nâont pas Ă©tĂ© payĂ©s ? » (230.000 âŹuros chacun NDLR)
M.G :
« Le premier oui, le deuxiĂšme (Paris/Quito et retour NDLR), ce dont je me souviens, nâavait pas Ă©tĂ© payĂ©. Le troisiĂšme allait partir, alors que le deuxiĂšme nâa pas Ă©tĂ© payĂ© »
« Câest lâhabitude de payer aprĂšs le vol ? »
Le Président :
« Câest lâhabitude de payer aprĂšs le vol ? »
M.G :
«Un client connu et de confiance, on lui permettait de payer aprĂšs. Dans ce cas Messieurs Dreyfus et Alcaud lâavaient permis. »
Le Président :
« Si je comprends bien, Monsieur Alcaud, se faisait payer et ensuite, il faisait un virement ?
M.G :
« Oui, câest bien cela ! »
Le Président :
« Le troisiÚme vol, a-t-il été payé ?
M.G :
« Non ! »
A la barre, depuis prĂšs dâune heure, les mains croisĂ©es dans le dos, le jeune homme se tortille de plus en plus les doigts
A la barre, depuis prĂšs dâune heure, les mains croisĂ©es dans le dos, le jeune homme se tortille de plus en plus les doigts. « Dans les faits, tous les jours, des sociĂ©tĂ©s paient pour les autresâŠMonsieur Dreyfus (Le Patron de SNTHS NDLR) voulait faire croĂźtre sa sociĂ©tĂ© et faire construire un hangar Ă Bron, il Ă©tait moins dans lâopĂ©rationnel que nous. »
Le Président :
« Je comprends les préoccupations de de Monsieur Dreyfus. Ces vols transatlantiques, étaient les premiers pour la société ?
M.G :
« Oui ! »
« Je prenais Ă cĆur mon travail dans la sociĂ©tĂ©. Jâai fait un contrat pour le troisiĂšme vol que jâai envoyĂ© Ă Monsieur Alcaud (LâassociĂ© de Mr Dreyfus NDLR) qui lâa envoyĂ© au client final, Nicolas Pisapia (Nicolas Pisapia a Ă©tĂ© interpellĂ© Ă Punta Cana en mars 2013. Il Ă©tait le deuxiĂšme passager dans le Falcon 50. Nicolas Pisapia a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă 20 ans de prison par la justice Dominicaine.)
Lâaudition du tĂ©moin continue, le PrĂ©sident Jean-Louis Tournier revient sur le premier vol Paris/Puerto Plata et retour Puerto Plata/Saint Tropez.
« Que savez-vous de ce vol ?
« Que savez-vous de ce vol ?
M.G :
« Pour moi, câĂ©tait un vol classique, Ă lâĂ©poque, je nâavais pas de doute Ă avoir.
Le Président :
« Pour ce vol on parle dâune caution en espĂšces ? »
« Câest lâhabitude de payer aprĂšs le vol ? »
M.G:
« oui, câest exact ! Câest au dĂ©tour dâune conversation que je lâai appris. Pour ce vol, il y a eu une rĂ©union prĂ©paratoire, Ă Paris, au cours dâun dĂ©jeuner. »
« Une caution supĂ©rieure Ă 1OO 000 âŹuros ? En liquide!
Le Président :
« Une caution supĂ©rieure Ă 1OO 000 âŹuros ?
M.G :
« oui, jâai Ă©tĂ© choquĂ© ! Je nâavais jamais vu 100 000 âŹuros en espĂšces. A lâĂ©poque tout mâĂ©tonnais. AprĂšs, je nâai jamais revu de paiement de caution en espĂšces. Jamais ! Pour moi, il y avait deux catĂ©gories de gens qui pouvaient utiliser autant dâespĂšces, câest soit les Ă©miratis, soit les trafiquants de drogue. »
Le Président :
« Lâentreprise luxembourgeoise SAPS SA de Monsieur Alcaud, vous dites que câest une boĂźte aux lettres ?
M.G :
« CâĂ©tait une dĂ©duction ! »
Le Président :
« Le deuxiÚme voyage de Quito, avez-vous quelque chose à dire ? »
M.G :
« Non ! »
« Il y avait un contrat ? »
Le Président :
« Il y avait un contrat ? »
M.G :
« Non ! »
Câest au tour de lâavocat gĂ©nĂ©ral de poser des questions. Le reprĂ©sentant de lâaccusation, veut savoir si les vols ont Ă©tĂ© payĂ©s ou non. Sachant que lâun des accusĂ©s, Franck Colin, avait indiquĂ©, en dĂ©but de semaine, Ă la cour, que les trois vols transatlantiques avaient Ă©tĂ© rĂ©glĂ©s en espĂšces, Ă hauteur de 230 000 âŹuros chacun.
Question :
« y aurait-il dû avoir un paiement avant le départ ?
« Le contrat permet de demander le paiement, si le vol nâa pas Ă©tĂ© payĂ©. Les clients habituels, ne recevaient pas de contrat. »
M.G :
« Le contrat permet de demander le paiement, si le vol nâa pas Ă©tĂ© payĂ©. Les clients habituels, ne recevaient pas de contrat. »
Lâavocat gĂ©nĂ©ral :
« La société rencontrait-elle des problÚmes de trésorerie ? »
M.G :
« Je ne me souviens pas. On avait besoin de se faire payer »
« Peut-on engager un troisiĂšme vol Ă 100 000 âŹuros, sachant que les deux premiers nâont pas Ă©tĂ© payĂ©s ?
Lâavocat gĂ©nĂ©ral :
« Peut-on engager un troisiĂšme vol Ă 100 000 âŹuros, sachant que les deux premiers nâont pas Ă©tĂ© payĂ©s ?
M.G :
« Habituellement on permet aux clients de payer aprÚs⊠»
Sur le banc de la dĂ©fense, maĂźtre CĂ©line Alstofe, lâavocate de Fabrice Alcaud, sâagite. Elle demande au PrĂ©sident si elle peut confronter les propos du tĂ©moin avec les arguments de son client au sujet du paiement des vols et des versements en espĂšces.
Fabrice Alcaud prend place à la barre, à cÎté de Martin Giraud.
Lâancien dirigeant de SNTHS explique quâil Ă©tait trĂšs satisfait du travail du jeune homme, « câĂ©tait un vrai chasseur de client ! » « Monsieur Castany (Alain Castany, Ă©tait le deuxiĂšme passager du Falcon 50 arraisonnĂ© en RĂ©publique Dominicaine. Il a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă 20 ans de prison a Ă©tĂ© rapatriĂ© en France pour purger sa peine. En fĂ©vrier 2018 il a Ă©tĂ© libĂ©rĂ© pour raison mĂ©dicale. Cet homme de 71 ans rencontre de graves problĂšmes de santĂ© qui lâempĂȘchent de comparaĂźtre au procĂšs. Il est considĂ©rĂ© comme lâapporteur dâaffaire pour les trois volsNDLR) nous le connaissions depuis des annĂ©es. Les 100 000 âŹuros en espĂšces, je nâen ai jamais parlĂ© Ă Martin. Cet argent avait Ă©tĂ© proposĂ© par Mr Castany, pour moi, câĂ©tait non depuis le dĂ©but ! Pour rassurer martin, je lui ai dit, que je connaissais Alain Castany depuis 15 ans et quâil nâavait jamais plantĂ© personne, au Bourget. Il a eu une histoire dâassurances, enfin, câest ce quâil se disait. Il Ă©tait assureur dans les avions, comme courtier. Dans cette histoire, il nâaurait pas payĂ© de primes⊠»
A propos des modes de facturation Fabrice Alcaud, donne un exemple :
« on faisait aussi des vols pour le Marrakech du rire. Djamel Debbouze louait un avion par lâintermĂ©diaire de sa boĂźte de production, au final, câest M6 qui prenait en charge les paiements. Il nây aucune malice lĂ -dedans. »
Question du Président :
« A propos de votre société luxembourgeoise CAPS SA ? «
« CAPS SA câest une vraie sociĂ©tĂ©
Fabrice Alcaud :
« CAPS SA câest une vraie sociĂ©tĂ©, avec une vraie activitĂ©, des prestations rĂ©elles, vols, achats et ventes dâavions. La sociĂ©tĂ© a Ă©tĂ© créée en 2010. CAPS Ă©tait actionnaire Ă hauteur de 30% de SNTHS.
Lâavocate de Fabrice Alcaud, MaĂźtre CĂ©line Astolfe, sâadresse Ă Martin Giraud :
« Dans vos déclarations, vous dites avoir fait des déductions. Ne pensez-vous pas avoir fait des déductions un peu rapides ? »
Martin Giraud :
« Je ne suis pas habituĂ© Ă la garde Ă vue. Câest vrai que jâai fait des dĂ©ductions. Câest vrai quâĂ la fin, jâĂ©tais fatiguĂ©. »
Maßtre Céline Astolfe :
Lâapporteur dâaffaires pour les trois vols, est bien Monsieur Castany, on est bien dâaccord ?»
M.G :
« En fait, jâai tout dit et son contraire. Castany a apportĂ© les vols et non AlcaudâŠJe ne me suis pas occupĂ© de lâorganisation de ces vols.
MaĂźtre Astolfe :
« Vous dites quâil nây a pas eu de contrat systĂ©matiques ?
Martin Giraud :
« Non câest vrai ! »
MaĂźtre Astolfe, Ă lâadresse de son client:
« A propos du versement, interprété comme le paiement du premier vol. Que pouvez-vous nous en dire⊠»
Fabrice Alcaud :
«Jâai, par le biais de ma sociĂ©tĂ© CAPS SA, versĂ© 88700 âŹuros sur le compte de SNTHS, câĂ©tait les frais du vol, Ă savoir le coĂ»t des charges fixes Ă rĂ©gler aux prestataires et au propriĂ©taire de lâavion (Alain Afflelou). En tant quâactionnaire Ă hauteur de 30%, câĂ©tait pour prĂ©server la santĂ© Ă©conomique de SNTHS. Cette somme nâest pas le prix du vol. »
Le procĂšs va terminer sa deuxiĂšme semaine. Le verdict devrait ĂȘtre rendu le 5 avril.
(*) SNTHS SociĂ©tĂ© Nouvelle Trans HĂ©licoptĂšre Services (AĂ©rojet Corporate), installĂ©e sur lâaĂ©roport de Lyon Bron dont lâactivitĂ© est de louer des avions.
Source
0000