Le Japon fait partie des pays riches parmi les plus stricts du monde vis Ă vis de la drogue.
Ătre arrĂȘtĂ© pour possession de cannabis peut valoir cinq ans de prison au premier concernĂ©, contre une annĂ©e en France.
C’est en 1945 que l’aversion du Japon pour les drogues atteint son paroxysme.
La mĂȘme annĂ©e est signĂ© le « Potsdam Emergency Decree », indiquant la prohibition de l’import et de l’export, de mĂȘme que la dĂ©signation comme drogue du chanvre, dont la culture est dĂ©sormais interdite. NĂ©anmoins, pour ne pas se mettre une partie des agriculteurs du pays Ă dos, le cannabis est isolĂ© du chanvre et la culture de la plante peut reprendre, pour les agriculteurs ayant reçu une permission. Le Japon, forcĂ© de capituler, doit ouvrir ses portes au gĂ©ant amĂ©ricain. Douglas MacArthur, commandant suprĂȘme des forces alliĂ©es, lui assure l’exonĂ©ration de ses crimes en Ă©change de son entiĂšre collaboration. Parmi les mesures empruntĂ©es aux Etats-Unis, Junichi Takayasu, curateur du Marijuana Museum dans la prĂ©fecture de Tochigi, retrouve l’idĂ©e de prohibition :
« […] le Japon avait une petite mais durable utilisation du chanvre, utilisĂ© pour le tissu, le papier et la mĂ©decine traditionnelle. Mais tout changea en 1945 lorsque les AmĂ©ricains ont apportĂ© avec eux le concept de prohibition totale, comme ils ont pu faire avec l’alcool dans les annĂ©es 20 et au dĂ©but des annĂ©es 30. Et je ne vois pas le gouvernement allĂ©ger ces lois de sitĂŽt. »
Ce n’est une surprise pour personne, le Japon est un pays conservateur. L’Ă©tat insulaire est extrĂȘmement attachĂ© Ă ses valeurs et peut sembler fermĂ© aux yeux de certains occidentaux. Alors qu’une partie de l’occident se tourne vers l’avant et souhaite se montrer progressiste, le Japon reste ancrĂ© dans ses valeurs d’antan. Parmi elles se trouve le Jishuku. Traduit dans la langue de MolĂšre par autodiscipline, self-control, restriction ou encore abstinence, selon le contexte, cet enseignement personnel n’est pas propre au Japon. Toutefois, dans cette sociĂ©tĂ© conservatrice, les entreprises et les mĂ©dias ne sont pas forcĂ©s de prendre des mesures vis Ă vis de la drogue, la sociĂ©tĂ© l’attend d’eux.
C’est pour cette raison qu’Ă l’Ă©nonciation d’une affaire concernant la drogue et liĂ©e Ă une personnalitĂ© nippone, des mesures drastiques sont prises extrĂȘmement rapidement. Dans l’affaire Pierre Taki, qui a Ă©clatĂ© au grand jour en dĂ©but de semaine, Sega annonçait dans un communiquĂ© retirer des ventes le jeu Judgment. Une dĂ©cision rapidement suivie par Square Enix, qui indiquait remplacer l’acteur dans Kingdom Hearts III, dans lequel il doublait Olaf. La sociĂ©tĂ© japonaise attend beaucoup de ses citoyens. Si l’un d’entre eux est liĂ© Ă une affaire de drogue, l’entreprise pour laquelle il travaille ne doit pas profiter du travail fourni par cet individu. C’est ainsi que les labels musicaux stoppent les ventes d’albums d’artistes concernĂ©s par des problĂšmes similaires, quand le monde des mĂ©dias dĂ©programme chaque sĂ©rie ou film concernĂ©.
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https://hitek.fr/bonasavoir/japon-strict-drogue-pourquoi_1086
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