
Chiffres Ă l’appui, les Pays-Bas sont devenus l’un des premiers pays producteurs de drogues synthĂ©tiques du monde. Selon une enquĂȘte menĂ©e par quatre chercheurs de l’AcadĂ©mie de police nĂ©erlandaise, les rĂ©seaux mafieux ont Ă©coulĂ© l’annĂ©e derniĂšre pour quelque 19 milliards d’euros de pilules d’ecstasy et d’amphĂ©tamine produites aux Pays-Bas, un montant comparable au chiffre d’affaires de Philips.
Dans le dĂ©tail, les 614 tonnes d’amphĂ©tamine fabriquĂ©es dans le royaume ont rapportĂ© un chiffre d’affaires de 9,6 milliards d’euros et le milliard de pilules d’ecstasy, 9,3 milliards.
Au global, 80 % de ces substances seraient destinĂ©es Ă l’exportation.
Pour publier ces chiffres jusqu’Ă prĂ©sent inĂ©dits, les chercheurs se sont basĂ©s sur une pondĂ©ration de trois donnĂ©es : les saisies opĂ©rĂ©es, le nombre de laboratoires dĂ©mantelĂ©s et les volumes de dĂ©chets chimiques retrouvĂ©s.
Manque de moyens de la police
Plusieurs raisons expliquent pourquoi les Pays-Bas sont une base arriĂšre de prĂ©dilection pour les rĂ©seaux mafieux internationaux. SituĂ© au centre de l’Europe et dotĂ© de bonnes infrastructures, dont le port de Rotterdam et celui d’Amsterdam, le royaume permet une distribution aisĂ©e des produits vers d’autres pays.
Pour les auteurs du rapport, le manque de moyens de la police nĂ©erlandaise est avant tout responsable de ce marchĂ© florissant. « Etant donnĂ© le faible nombre de policiers affectĂ©s Ă la recherche d’indices, les chances de mettre la main sur ces rĂ©seaux criminels sont faibles », estime le professeur Pieter Tops de l’acadĂ©mie de police.
« C’est une honte pour le pays », s’est indignĂ© le ministre de la Justice en prenant connaissance de ces chiffres, tout en reconnaissant que cette « question n’avait Ă©tĂ© suffisamment prioritaire ces derniĂšres annĂ©es ». Il s’est engagĂ© à « dĂ©manteler cette Ă©conomie criminelle » dans les annĂ©es Ă venir.
Didier Burg
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