
En Italie, il y a prÚs de 1 100 « collaborateurs de justice » dans les procÚs de la Mafia.
Certains nâhĂ©sitent pas Ă dĂ©noncer publiquement les menaces qui pĂšsent sur eux et leurs familles.
Il a donnĂ© rendez-vous dans une station balnĂ©aire de la cĂŽte adriatique. Ce nâest pas son lieu de rĂ©sidence â il ne le dĂ©voilera pas. Pour la photo, il masquera son visage dâun bandana noir lui confĂ©rant un air de pirate fatiguĂ©, mais sans poser de dos : « Câest pour les traĂźtres », marmonne-t-il de sa voix nasillarde et rocailleuse.
NaguĂšre, dans une autre vie, Luigi Bonaventura, 47 ans, Ă©tait un boss de la âNdrangheta, la puissante Mafia calabraise, dans la ville de Crotone. Et puis, en 2006, il a dĂ©cidĂ© de renoncer au crime et de dissoudre le lien du sang, si fort dans les clans du Sud. Depuis, ce quadragĂ©naire est lâun des principaux « collaborateurs de justice » dâItalie. Un pentito (« repenti »), dans le langage populaire.
Au total, le pays en compte 1 100, beaucoup dâhommes et quelques femmes, qui ont scellĂ© un pacte avec lâEtat italien : tĂ©moigner en Ă©change de remises de peine, puis dâune compensation financiĂšre mensuelle (environ 1 500 euros) et dâune protection policiĂšre.
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