
L’homme élu il y a deux ans à peine au Bénin, le 6 avril 2016, Patrice Talon, avait laissé entrevoir plein d’espoir pour renouveler le pays.
Depuis, les béninois déchantent : son autoritarisme est rapidement apparu au grand jour, ses décisions surprenantes marquant l’exercice du pouvoir d’un homme obsédé par l’aviation, selon sa biographie. Dans ce contexte, la création d’une ligne aérienne intérieure improbable (vue à l’épisode précédent) ne pouvant concerner que les VIPs, au lieu de se lancer dans la mise en place d’une voie ferroviaire pouvant concerner tout le monde, est symptomatique de cette dérive présidentielle. Une ligne aérienne favorisée en plus haut lieu avec l’octroi de la nationalité béninoise à son dirigeant français, une faveur décidée au palais présidentiel, qui aujourd’hui encore continue à étonner. A cela s’ajoute l’usage de jets d’origine douteuse et même, et c’est encore plus sidérant, le retour de la société qui a été à l’origine du vol du 727 malien retrouvé calciné à Tarkint et ayant à plusieurs reprises servi à transporter des tonnes de coke. Aujourd’hui où l’on retrouve l’AQMI, l’EI et Al-Qaida aux bord du Niger, du Burkina Faso, du Mali, du Tchad… et du Bénin, il y a de quoi s’inquiéter de cette réapparition surprise, la coke n’étant jamais loin des fournisseurs d’armes du terrorisme. Voilà qui ressemble davantage à un pacte signé avec le diable qu’à une mûre décision de désenclavement économique d’une région…
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