Voici le témoignage de Jean-Luc Garcia:
« Le constat que je fais, câest que la grande majoritĂ© des usagers de stupĂ©fiants ne posent pas de souci. Seule une minoritĂ© en a une consommation problĂ©matique. Mais les premiers comme les seconds nâont rien Ă faire dans un commissariat. Les premiers devraient avoir le droit de consommer. Les seconds doivent ĂȘtre rapprochĂ©s des services sociaux ou de santĂ©, ce qui est trop peu souvent le cas.
Pour ce qui est des trafics, on estime que la lĂ©galisation permettrait de retirer du travail inutile aux policiers. La lutte contre le cannabis est trĂšs consommatrice en termes dâheures de travail pour les forces de lâordre. Qui plus est, elle est contre-productive.
« Avec la lĂ©gislation la plus rĂ©pressive dâEurope, la France a les pires rĂ©sultats europĂ©ens en matiĂšre de consommation : les jeunes fument beaucoup est trĂšs tĂŽt.«
Police contre la prohibition est pour la lĂ©galisation du cannabis. Câest un produit de consommation courante aujourdâhui. Et pour ma part, je suis pour une lĂ©galisation la plus large possible, un peu Ă la maniĂšre uruguayenne.
On doit permettre aux gens de cultiver chez eux. Et permettre lâexistence dâun Cannabis Social Club, comme en Catalogne. Il faut promouvoir de petites structures, de petits agriculteurs. Il ne faut pas donner des licences Ă 4 ou 5 grosses boĂźtes, comme au Canada. Et il ne faut pas que ça devienne un produit toxique, comme au Paraguay oĂč une bonne partie de la production se fait en utilisant des produits Monsanto. Il faut aussi sâinspirer de la Californie : donner prioritairement des licences Ă des gens qui ont des casiers judiciaires. Les gens vont dĂ©couvrir que ces gens-lĂ ont la main verte.
Si, en revanche, vous mettez en place un monopole dâEtat, je crains que les restrictions laisseront de la place au dĂ©veloppement dâune Ă©conomie parallĂšle. Et que les mafias rĂ©cupĂšreront le manque Ă gagner en vendant des produits plus forts.
Enfin, je pense que la lĂ©galisation permettrait dâaplanir les relations entre la police et les jeunes des quartiers populaires. Aujourdâhui, les gens les plus arrĂȘtĂ©s pour des stupĂ©fiants sont issus des quartiers populaires. La lĂ©galisation permettrait de rĂ©duire cette discrimination. »
Propos recueillis par Tomas Statius
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