BRÉSIL đŸ‡§đŸ‡·: «Avec le gang PCC, les prisons sont devenues stratĂ©giques pour l’organisation du trafic de drogues»

Par Chantal Rayes, correspondante Ă  SĂŁo Paulo

Ce bain de sang est le deuxiĂšme dans une prison amazonienne cette annĂ©e. En mai, 55 dĂ©tenus avaient Ă©tĂ© assassinĂ©s Ă  Manaus. En janvier 2017, plus d’une centaine de dĂ©tenus avaient pĂ©ri dans la guerre de gangs en Amazonie et au Nordeste.

Comment l’expliquer ?
Ces violences sont le rĂ©sultat de l’expansion du PCC [nĂ© en 1993 dans un pĂ©nitencier de SĂŁo Paulo oĂč Ă©taient dĂ©tenus ses fondateurs, des braqueurs de banque, ndlr]. Avec le gang, les prisons sont devenues stratĂ©giques pour l’organisation du trafic de drogues hors du systĂšme carcĂ©ral. Ses leaders dirigent les affaires directement depuis leur cellule, grĂące Ă  la popularisation du tĂ©lĂ©phone cellulaire, qui entre sous le manteau en prison. Le PCC a mis sur pied ce modĂšle de gestion dans les annĂ©es 2000, quand il a rĂ©ussi Ă  prendre le contrĂŽle de 90% des prisons de l’Etat de SĂŁo Paulo, les plus peuplĂ©es du pays. Maintenant, il brigue le marchĂ© de la drogue dans les autres Etats brĂ©siliens, aprĂšs avoir approchĂ© des fournisseurs actifs Ă  la frontiĂšre avec la Bolivie et le Paraguay. Or, il se heurte Ă  la rĂ©sistance des gangs locaux. Car le «business model» du PCC a essaimĂ© un peu partout dans le pays. Plus un Etat du BrĂ©sil oĂč il n’y a pas de gangs dans les prisons. Il y a vingt ans, ils Ă©taient encore quasiment inexistants.

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