Ils portent l’uniforme ou l’ont portĂ© et, comme leurs collĂšgues ou anciens collĂšgues, ont pu arrĂȘter des fumeurs de joints, des consommateurs de cocaĂŻne ou d’hĂ©roĂŻne.
Ultra-minoritaires dans leurs services, ces policiers et gendarmes ont mĂ»ri, dans leurs pratiques, la conviction qu’« il est urgent de changer la lĂ©gislation et les politiques publiques en matiĂšre de drogues ». BĂ©nĂ©dicte Desforges, ancien lieutenant de police â elle a dĂ©missionnĂ© en 2012- les a rĂ©unis au sein de « l’iconoclaste » collectif « Police contre la prohibition » (PCP), aujourd’hui signataire du nouvel « Appel de Marseille ». Elle explique aujourd’hui ce qui les
rassemble.

Comment est né ce collectif ?
BĂ©nĂ©dicte Desforges : La lĂ©gislation sur les stupĂ©fiants m’a toujours intĂ©ressĂ©e parce qu’elle croise beaucoup de champs ; le droit pĂ©nal, les libertĂ©s publiques et individuelles, la rĂ©pression telle qu’on la conçoit en France ou Ă l’Ă©tranger… Lorsque j’Ă©tais policiĂšre, je n’ai jamais pensĂ© qu’un fumeur de pĂ©tard ou un hĂ©roĂŻnomane avait quelque chose Ă faire Ă la barre d’un tribunal ! Bref, j’ai Ă©crit deux livres (Flic, chroniques de la police ordinaire) et animĂ© un blog oĂč j’avais publiĂ© un plaidoyer pour la dĂ©pĂ©nalisation.
Il a eu de l’Ă©cho : des gendarmes, des policiers m’ont Ă©crit, ils Ă©taient eux aussi arrivĂ©s Ă ma conclusion. Je les ai invitĂ©s Ă me rejoindre.
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