
Le visage tumĂ©fiĂ©, le corps lacĂ©rĂ© et, le plus remarquable, le mot âTHIEFâ (voleur) entaillĂ© sur la poitrine: les images du âcorpsâ de Gabriel C. qui circulent dans le milieu anversois de la drogue ce week-end semblent tout droit sorties d’une sĂ©rie Netflix sur les cartels.
VĂȘtu dâun simple slip Armani, le trentenaire gĂźt sur une chaise, poignets ligotĂ©s dans le dos, aprĂšs de prĂ©tendues tortures mortelles. Le soi-disant âbourreauâ tient ostensiblement sa tĂȘte en guise de trophĂ©e.
Pas assez de sang
Le message est clair: Gabriel C. serait mort. Mais selon plusieurs médecins légistes à qui les photos ont été soumises, celles-ci sont fausses.
Les spĂ©cialistes affirment en effet que le mort a trop bonne mine pour tenir le rĂŽle attendu. Une personne torturĂ©e ou dĂ©cĂ©dĂ©e est dans tous les cas beaucoup plus pĂąle, sinon grise, que le visage bien rose de la âvictimeâ.
Autres éléments suspects pour les légistes: les
blessures sont trop âpropresâ pour ĂȘtre honnĂȘtes et des incisions si profondes auraient dĂ» provoquer des hĂ©morragies plus importantes.
Les mĂ©decins interrogĂ©s estiment donc que les blessures sont donc probablement l’Ćuvre d’un maquilleur professionnel.
Détournements de cargaisons
Gabriel C. serait donc bien vivant et aurait simplement cherché à mettre sa mort en scÚne pour échapper aux trafiquants qui le recherchent assidument depuis plusieurs mois dans la région.
Il faut dire que le âmortâ nâest pas un inconnu dans le milieu des stupĂ©fiants.
Le trentenaire est un criminel notoire qui aidait plusieurs bandes dans l’acheminement de livraisons de cocaĂŻne, notamment en dĂ©bauchant des travailleurs du port dâAnvers pour intercepter les cargaisons de drogues arrivĂ©es par containers. Officiellement pas toujours avec succĂšs, vu que depuis lâĂ©tĂ©, entre trois et sept cargaisons (selon les sources) de 400 kilos Ă 2 tonnes auraient Ă©tĂ© saisies par la douane. Ou du moins, câest ce que lâon croyait. Certaines sources affirment en effet que
câest en rĂ©alitĂ© un homme de main de Gabriel C. qui aurait imitĂ© des attestations douaniĂšres pour faire croire que les drogues avaient Ă©tĂ© saisies. CrĂ©dules, les commanditaires de Gabriel C. avaient Ă©tĂ© déçus mais avaient continuĂ© Ă lui faire confiance. JusquâĂ ce de la drogue avec leur propre logo se retrouve finalement sur le marchĂ©… preuve que âlâHomme aux longs doigtsâ leur avait menti, avait dĂ©tournĂ© leur marchandise et sâĂ©tait enfui avec des millions en poche.
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