En juillet 2019, une quinzaine de mamans d’Argenteuil se relayaient chaque soir pour reprendre leur rue aux dealers.
DĂšs 20 heures, au croisement de la rue du Val-Notre-Dame et de l’avenue Jean-JaurĂšs, elles installaient leur siĂšge lĂ oĂč squattent les revendeurs de drogue. Leur statut de maman les protĂšge un peu, permet parfois d’ouvrir le dialogue avec les dealers. « Certains, on les a vus grandir. Ils nous respectent un peu », confie une mĂšre de famille.
Les dealers n’ont pas quittĂ© la rue pour autant. InstallĂ©s juste en face d’elles, ils continuent leur commerce et la situation engendre de fortes tensions. Source

En Seine-Saint-Denis, c’est une chaĂźne humaine qui s’Ă©tait formĂ©e devant lâĂ©cole Hugo-Balzac pour dĂ©loger les dealers.
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Dans le mĂȘme temps, la vente et distribution de tous types de drogues via les rĂ©seaux sociaux se dĂ©veloppent chaque jour et les autoritĂ©s compĂ©tentes alertĂ©es, non seulement ne rĂ©pondent pas aux mails et…plus grave, ne semblent pas agir efficacement.
Que font les services dédiés à la lutte contre la drogue?
C’est l’OFAST qui est chargĂ© de cette lourde tĂąche!
Nos rĂ©galiennes sont aujourd’hui totalement dĂ©passĂ©es par les stups et la responsabilitĂ© de l’Etat est engagĂ©e.
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Le problĂšme Ă©tant aussi que les maires ne rĂ©agissent pas face Ă ces Ă©conomies souterraines, alors quâils disposent souvent de la police municipale qui pourrait, elle, peut-ĂȘtre se manifester pour Ă©carter ces points de deal.
Mais les maires sont frileux et savent surtout que quelques centaines de voix suffisent Ă remporter l’Ă©lection municipale; ils sont donc disposĂ©s pour garder leur poste Ă admettre et Ă faire en sorte que les acteurs communautaires rĂ©clament des emplois, des locaux religieux, et manifestent de ce fait une certaine complaisance face aux trafics que lâon pourrait presque considĂ©rer comme Ă©tant « institutionnalisĂ©s » ou en tout cas couverts par lâinstitution.
Voir ces mĂšres faire le job dĂ©montre la perte totale de l’autoritĂ© de l’Etat dans ces territoires, perte dâautoritĂ© qui semble aujourdâhui acceptĂ©e Ă tous les niveaux de lâinstitution et devient un mode de gestion des populations couramment pratiquĂ© par de trop nombreux responsables communaux que ce soit en pĂ©riphĂ©rie parisienne ou partout en France.
Quant aux grandes rĂ©galiennes spĂ©cialisĂ©es dans la lutte contre la drogue, malgrĂ© le coup de peinture donnĂ© derniĂšrement avec l’arrivĂ©e d’un nouvel office (lâOFAST) et les 55 mesures prĂ©vues, rien n’a fondamentalement changĂ© dans leurs pratiques.
Les penseurs de Beauvau, de Bercy ou dâailleurs qui ont fait cette refonte apparente sur injonction prĂ©sidentielle, ont-ils la connaissance du terrain qui est indispensable pour rĂ©agir face Ă ce flĂ©au qu’est la drogue en particulier chez les plus jeunes ? Ont-ils conscience de la place quâoccupe le trafic parmi les populations communautarisĂ©es de ces lieux oĂč il devient la norme et la façon la plus facile de gagner de lâargent.
D’une bulle hors-sol, ces conseillers pensent-ils, encore, que la rĂ©ponse pĂ©nale est la seule solution ? alors qu’elle ne devrait ĂȘtre que le dernier recours, ou en tout cas sâaccompagner de mesure de resocialisation de ces quartiers gangrenĂ©s par le trafic ? Les pouvoirs publics au niveau local et national se doivent dâouvrir les yeux sur la rĂ©alitĂ© et appeler un chat un chat. Le communautarisme et le repli sur soi dâune partie de la population favorise le trafic. Fermer les yeux ou, pire, prendre acte sans rĂ©agir, câest sâen rendre complice.
Permettre aux populations concernĂ©es de reprendre confiance dans les institutions par lâĂ©ducation et lâapprentissage de la citoyennetĂ©, rappeler les rĂšgles de vie en sociĂ©tĂ© et les faire respecter, rappeler partout lâimpĂ©ratif de laĂŻcitĂ©, refuser toute compromission avec le trafic et lâusage de drogues chez les plus jeunes ⊠un programme rĂȘvĂ© pour les municipales qui se prĂ©parent et pour toute la sociĂ©tĂ© ⊠avant quâil ne soit trop tard.
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Le problĂšme Ă©tant que les mĂšres (pour la plupart voilĂ©es) de ces tout-petits sont aussi les mĂšres de ceux qui dealent⊠« Ouvrir le dialogue avec les dealers » qui sâinstallent en face dâelles et continuent leur trafic ?? De quel dialogue parlent-elles ? La police devrait effectivement intervenir pour dĂ©loger les dealers mais quand elle le fait elle est accusĂ©e de racisme ou de discrimination au contrĂŽle. Et puis quand elle les arrĂȘte, les « jeunes » sont relĂąchĂ©s dans la journĂ©e⊠Câest toute la Seine-Saint-Denis qui est concernĂ©e et lâorigine majoritaire des populations nây est pas pour rien. On ne voit pas bien ce que peut ĂȘtre la solution.
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