
La Colombie dĂ©marre l’Ă©radication de 130 000 ha de plantations de coca dans la rĂ©gion de Tumaco. La coca est l’ingrĂ©dient principal dans la fabrication de cocaĂŻne. Selon la police, mĂȘme avec l’utilisation de l’herbicide controversĂ© glyphosate, la tĂąche est difficilement rĂ©alisable.
DĂ©truire 130 000 ha de plantations de coca, la plante qui sert principalement Ă fabriquer de la cocaĂŻne. L’objectif, plus ambitieux de 30% que celui de l’an dernier, pourrait nĂ©cessiter des Ă©pandages aĂ©riens massifs de glyphosate, l’herbicide considĂ©rĂ© comme un poison.
Ces Ă©pandages aĂ©riens avaient Ă©tĂ© suspendus en 2015, suite Ă des plaintes auprĂšs de l’Organisation Mondiale de la SantĂ©.
Le gouvernement devra se conformer aux rĂšgles sanitaires et environnementales constitutionnelles.

En attendant d’autres mĂ©thodes sont appliquĂ©es comme lâexplique le colonel Jesus Enrique Quintero, chef de l’unitĂ© de la police chargĂ©e des pulvĂ©risations anti-drogue :
Nous avons lancé⊠par exemple l’arrosage terrestre, c’est-Ă -dire l’application directe du
glyphosate, pour contrĂŽler le processus.
Souvenons nous, Marc Bouchage qui est journaliste et rĂ©alisateur. avait corĂ©alisĂ© « Colombie : poison contre poison », un documentaire quâil rend en accĂšs libre aux lecteurs de Reporterre.
Depuis plusieurs dĂ©cennies, lâutilisation du glyphosate, la molĂ©cule herbicide la plus vendue au monde, est au cĆur des stratĂ©gies de lutte contre le narcotrafic mises en place par la Colombie et les Ătats-Unis au nom de la guerre contre la drogue. MĂ©langĂ© Ă dâautres produits chimiques, le glyphosate est Ă©pandu sur les champs colombiens de coca.
Le but : venir à bout de cette plante ancestrale utilisée notamment par les narcotrafiquants pour fabriquer la cocaïne dont la Colombie est le premier pays producteur de la planÚte.
Les consĂ©quences de ces Ă©pandages, appelĂ©s «fumigations» en AmĂ©rique du Sud, sont dĂ©noncĂ©es par les populations colombiennes qui habitent Ă proximitĂ© des plantations de coca mais aussi par les paysan·ne·s Ă©quatorien·ne·s qui vivent le long de la frontiĂšre avec la Colombie et qui ont Ă©tĂ© atteint·e·s par les produits chimiques. Le cocktail dâherbicides pulvĂ©risĂ©, qui tombe aussi bien sur les champs de coca que sur les sources dâeau potable ou les cultures vivriĂšres, est
accusĂ© dâĂȘtre responsable de la mort dâenfants en bas Ăąge, de cancers, de malformations ou encore de fausses couches.

Cette méthode
dâĂ©radication qui est allĂ©e jusquâĂ provoquer une crise diplomatique entre la Colombie et lâĂquateur a aussi des rĂ©percussions dramatiques sur lâenvironnement : la Colombie est le deuxiĂšme pays le plus riche au monde en matiĂšre de biodiversitĂ© aprĂšs le BrĂ©sil.
Des mercenaires sous contrat directement avec Washington
Entre 1994, date de mise en place dâun programme national de fumigations par la Colombie, et 2014, ce sont prĂšs de 2 millions dâhectares de coca qui ont Ă©tĂ© fumigĂ©s. Les opĂ©rations dâĂ©pandage sâapparentent Ă de vĂ©ritables opĂ©rations de guerre.

Les avions remplis dâherbicide, pilotĂ©s par des mercenaires sous contrat avec Washington, sont escortĂ©s par des hĂ©licoptĂšres de combat de la police colombienne.
Au sol, des centaines de policiers sont dĂ©ployĂ©s pour sĂ©curiser le pĂ©rimĂštre et empĂȘcher que les groupes armĂ©s illĂ©gaux prĂ©sents dans la
zone et qui tirent profit de la coca nâouvrent le feu sur les avions.
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Avec la bĂ©nĂ©diction de la DEA, incapable, malgrĂ© les milliards engloutis, de faire diminuer la demande. D’ailleurs, agit-elle rĂ©ellement pour cela?
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