Il est temps que lâon fasse un petit retour en arriĂšre historique, pour faire le point sur ce trafic intense vers le Mexique.
Comme vous allez le voir, cela a commencĂ© dâabord par de la contrebande dâappareils Ă©lectroniques Ă la mode Ă lâĂ©poque (Hifi, VHS, etc), dans le sens USA-Mexique, puis câest la marijuana qui est arrivĂ©e, dans lâautre sens, avec assez vite de gros tonnages et donc de gros avions (13 tonnes dâun coup comme record !), pour faire place dans les
années 90 à la cocaïne avec le roi du trafic, Pablo Escobar qui finira par utiliser des avions français comme la trÚs belle Caravelle (1) !!!
âHistoire de Bill le « contrabandista »

La premiĂšre des histoires surprenante et pleine dâenseignements pour la suite est celle que raconte « Wild Bill » Callahan, (lâhomme se faisait appeler chez les mexicains « La Gringa »), un pilote amĂ©ricain dâavions chargĂ©s de produits de contrebande volant au Mexique Ă partir du Texas dans les annĂ©es 70-80. Son livre sâintitule « Over&Back, The Untold True Stories Smugging Cobtraband Into Mexico ».

Ce quâil nous explique est une vĂ©ritable mĂ©thode de fonctionnement que lâon retrouve telle quelle aujourdâhui pour les vols de cocaĂŻne, prĂšs de 50 ans plus tard⊠Cet ancien plongeur homme-grenouille des Marines pendant la guerre du Viet-Nam (ici Ă droite) sâĂ©tait reconverti pilote de contrebande sur Beech Queen Air, Ă lâĂ©poque un des meilleurs avions existants (ici Ă gauche) dans les annĂ©es 60.
Fin connaisseur de la chose aĂ©ronautique, il nous explique avec verve ses goĂ»ts dans le genre, comme par exemple son rejet de la version Ă moteur 8 cylindres appelĂ©e Excalibur du fameux QueenAir (ci-dessous Ă droite, on distingue ses capots de moteurs plus plats et plus longs), qui pouvait emporter pourtant plus mais volait moins haut, ou bien sa dĂ©testation du nouvel arrivant dans le mĂ©tier, le Titan 404 longue cabine et⊠à portes sâouvrant au dĂ©part sur les premiers modĂšles comme des portes dâarmoire normandes (ici Ă gauche): invariablement,

celle vers lâarriĂšre sâouvrait selon lui en plein vol, se tournant brusquement vers le fuselage en lâabĂźmantâŠ

quand on avait la chance quâelle ne sâenvole pas et de la voir heurter lâempennage (les modĂšles suivants auront une porte en deux parties
sâouvrant Ă la verticale, celle du bas contenant une Ă©chelle de coupĂ©e).
« Je ne savais pas que le Cessna 404 Ă©tait mal conçu avant de lâacheter. Jâai admis que jâĂ©tais victime de croire les conneries de la brochure. Personne dâautre que le mien Ă trouver, mais que devais-je faire dâautre? Un Twin Otter Ă©tait trop cher et un DC-3 trop gros et tout aussi lent. Le Cessna Caravan nâavait pas encore Ă©tĂ© inventĂ© et un Turboliner Volpar indisponible et cher. Le Titan 404 Ă©tait la premiĂšre version cargo livrĂ©e par Cessna. CâĂ©tait de la camelote. Ai-je mentionnĂ© mal conçu ?

La porte de chargement Ă©tait mal conçue. Une nuit torrentielle dans le sud de la Louisiane, mon pilote, sâĂ©tant retirĂ© dans le cockpit, avait laissĂ© un homme de piste fermer les portes du cargo. Il nâavait pas fait du bon travail probablement parce quâil pleuvait trop. La porte arriĂšre a attrapĂ© le vent peu aprĂšs le dĂ©collage Ă 120 mph, elle a percutĂ© le fuselage arriĂšre, le faisant sâenfoncer et la porte sâest dĂ©molie. Nous avons Ă©tĂ© trĂšs chanceux que les charniĂšres ne se soient pas dĂ©chirĂ©es et que la porte ait embarquĂ© avec elle le stabilisateur horizontal bĂąbord.
La porte de chargement a Ă©tĂ© conçue par un idiot de Cessna ou un consortium dâidiots qui ont eu la brillante idĂ©e de chevaucher la porte dâentrĂ©e avec la porte arriĂšre. Cela mâa coĂ»tĂ© 6 000 dollars en 1978. » Il nây a pas que chez Boeing que lâon a fabriquĂ© des idioties volantes.
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