AÉRO-NARCOTRAFIC đŸ‡ș🇾 (Coke en stock – CCLXXIII): historique de la chasse aux trafiquants aĂ©riens

Arrivé dans les années 80, le trafic de marijuana est bien établi, mais celui de la cocaïne le supplante vite: il est moins
volumineux et rapporte bien davantage aux trafiquants.

Aux Etats-Unis, les gouvernements successifs depuis Nixon et l’un de ses conseillers vĂ©reux ont dĂ©cidĂ© de poursuivre une « Guerre Ă  la drogue » qui ressemble plus Ă  des effets de manche qu’à autre chose : les investissement en matĂ©riels sont immenses et les captures peu nombreuses, mais fortement mĂ©diatisĂ©es. (Et pour cela, ils savent faire…)

Un magazine californien de renom fait Ă  l’époque le bilan de cette gabegie
 avant que l’on ne s’intĂ©resse Ă  un des plus beaux cas d’espĂšce de cette Ă©poque : une compagnie CIA bis, comme si la premiĂšre ne suffisait pas dĂ©jĂ  !!!

La période des années 80-90

On l’a vu, c’est Ă  partir des annĂ©es 80 que le trafic de marijuana a pris son essor vers la Californie notamment, pour faire place
progressivement Ă  celui de cocaĂŻne. Les objets de contrebande volant vers le Mexique faisant place Ă  un circuit inverse, avec des avions bourrĂ©s de pains de coke tentant d’atterrir en Californie et surtout du cĂŽtĂ© de San Diego. Fan de musique, je ne pouvais donc passer Ă  cĂŽtĂ© du San Diego Reader, magazine oĂč la musique occupe une grande place :

cet organe de presse particulier y a comptabilisĂ© plus de 4000 groupes locaux (et 10 000 musiciens) depuis l’aprĂšs-guerre !!! En ce moment il fait par exemple la promotion du futur concert de mai 2020 de Nora Jones et Mavis Staples qui promet beaucoup. Mais il a aussi fait paraĂźtre il y a bien longtemps maintenant (en juin 1988) un excellent article signĂ© Lauren Simon Ostrow, qui dressait alors un constat implacable sur le transport par avion de la coke au dessus du ciel californien, et les ratĂ©s des policiers. Ça dĂ©marrait fort, d’ailleurs, par une autocritique d’un article du mĂȘme magazine prĂ©cĂ©dent qui avait vantĂ© (un peu trop) les prouesses de la DEA dans le secteur. En rĂ©sumĂ©, elle avait nettement surĂ©valuĂ© ses rĂ©sultats !!!

Un ratage de surveillance mémorable

Le premier cas Ă©difiant expliquĂ© dans cet article Ă©tant celui d’Henry Peralta, un pilote narcotrafiquant sur AeroCommander, alors la bĂȘte de somme aĂ©rienne du moment (Ă  droite ici c’est un Cessna 180 porteur de marijuana qui s’est crashĂ© dans le dĂ©sert californien, extrait de l’article du magazine). Cette nuit-lĂ , on Ă©tait en fait le 25 novembre 1986 « À minuit, lorsque Peralta a tentĂ© pour la premiĂšre fois de rencontrer son contact dans un endroit Ă©loignĂ© prĂšs de Twentynine Palms
– un lit de lac assĂ©chĂ© dans le sud du comtĂ© de San Bernardino, populaire auprĂšs des trafiquants de drogue – les agents fĂ©dĂ©raux n’ont
pas rĂ©ussi Ă  l’apprĂ©hender aprĂšs avoir repĂ©rĂ© son AeroCommander au-dessus d’eux. C’est en fait le Mesquite Lake (ou Palma Lake
Playa, Dry Lake situĂ© au 34° 13â€Č 5 » N , 116° 3â€Č 51 » O c’est ici sur la photo de gauche).

« Ils ont entendu les moteurs de l’avion », explique Espinoza. Ils ont entendu l’avion et ils ont vu l’avion descendre Ă  prĂšs de 400 pieds du
sol. Ils ne pouvaient pas distinguer à travers les lunettes (de vision nocturne) ni exactement de quel type d’avion il s’agissait. En raison du
manque d’identification et parce que Peralta s’est envolĂ© aprĂšs le passage sur le site, l’arrestation a Ă©tĂ© interrompue. Peralta a finalement atterri, et il a dĂ©chargĂ© dix-neuf sacs de toile en forme de
polochon remplis de cocaïne pure à 90% au Laguna Army Airfield, une installation militaire américaine située à quelques kilomÚtres au
nord-est de Yuma, en Arizona (ici Ă  droite). Mais pour la troisiĂšme fois en moins de douze heures, les agents n’ont pas rĂ©ussi Ă  le capturer.

En fait, lorsque Peralta s’est rĂ©veillĂ© Ă  6 h 45 le lendemain matin aprĂšs s’ĂȘtre endormi dans son avion, il a persuadĂ© un commandant de l’armĂ©e
amĂ©ricaine de lui donner suffisamment de carburant pour quitter l’aĂ©rodrome et retourner Ă  San Diego. La cocaĂŻne, pensait Peralta,
devrait ĂȘtre rĂ©cupĂ©rĂ©e Ă  un autre moment ». Bref, selon l’auteur, les narcos, malgrĂ© l’équipement sophistiquĂ© des amĂ©ricains, continuaient Ă  se jouer d’eux ! Ils se posaient mĂȘme sur leurs bases ! « Ce n’est que dix jours plus tard, le 4 dĂ©cembre, qu’un pilote d’hĂ©licoptĂšre lors d’un atterrissage de routine Ă  l’aĂ©rodrome a dĂ©couvert la cache et la came que Peralta avait laissĂ©e dans certains buissons ».

Pourtant, il aurait dĂ» ĂȘtre pistĂ©, ce phĂ©nomĂšne : il emportait ce soir-lĂ  1 208 livres de cocaĂŻne (466 kilos) du Mexique aux États-Unis et, selon lui, il avait volĂ© Ă  8000 pieds tous feux allumĂ©s et transpondeur en marche. On ne sait si le narcopilote avait dit la vĂ©ritĂ©, sur ce vol
bien trop « propre », mais à cette altitude il aurait en effet
effectivement dĂ» ĂȘtre dĂ©tectĂ© par les radars US !!! Il n’était pas le
seul a ĂȘtre passĂ© sous le filet des radars, indique l’auteur, qui cite un taux de capture ne dĂ©passant pas les 10% !!! Bref, les vantardises de la DEA ne tenaient pas la route !

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