La prĂ©paration de ce dossier sur le Venezuela mâa fait dĂ©couvrir une chose Ă©tonnante. Ce petit pays aujourdâhui sans le sous est un des recordmen du nombre de jets privĂ©s par tĂȘte dâhabitant. Câest lĂ tout son paradoxe, lui qui vit aujourdâhui dans la misĂšre la plus totale. Les birĂ©acteurs y sont nombreux et leurs usagers bien surprenants. TrĂšs souvent, ce sont des industriels, mais des hommes et des femmes politiques les empruntent un peu plus que de raison.Â
LâEtat lui-mĂȘme prĂȘtant Ă profusion ses jets Ă un pays ami : Cuba. Lâun des industriels dĂ©couverts volant en jet étant mĂȘlĂ© Ă un trĂšs sombre histoire de projets de maisons prĂ©fabriquĂ©es jamais vraiment rĂ©alisĂ©es, ou pire encore dans la distribution de kits de premiĂšre nĂ©cessité pour les plus pauvres devenus pour lui une affaire juteuse⊠car au Venezuela, certains se sucrent, en effet, avec aplomb, sur le dos de la populace, encouragĂ©s par un gouvernement totalement hypocrite Ă ce sujet.
Le pays recordman du monde des jets privés
Le pays est en effet Ă part du monde entier, dans ce domaine. Un fait plutĂŽt insolite, comme le fait remarquer le 9 mars dernier le plutĂŽt vindicaif Guizos Rojos qui titrait « Insolite ! Le Venezuela, un des pays avec le plus dâavions privĂ©s ».  Et le site dâexpliquer en effet que Le Venezuela est le pays latino-amĂ©ricain qui possĂšde le plus grand nombre dâavions privĂ©s dans le monde entier ! « Nous avons en effet publiĂ© un rapport sur lâanalyse de statistiques, qui montrait un graphique de 2016 sur les avions privĂ©s dans le monde entier. Selon cette Ă©tude, le Venezuela possĂšde 340 avions privĂ©s, ce qui reprĂ©sente un accroissement de 7% entre 2006 et 2016. LâĂ©tude rĂ©vĂšle Ă©galement que le Venezuela possĂšde plus dâavions que la France et lâAustralie et cinq fois moins que lâune des grandes puissances mondiales, le Royaume-Uni. Ce sont tous des pays du premier monde avec des Ă©conomies considĂ©rablement plus grandes, plus stables et plus stables que le nĂŽtre, mais nous montrons presque autant de luxe que les autres. DerriĂšre le dĂŽme corrompu du gouvernement de NicolĂĄs Maduro et de Tareck El Aissami, le reste dâentre nous a faim et nous cherchons la nourriture dans les sacs Ă ordures âŠÂ » LâĂ©tude originale, surprenante, Ă©tait en fait sortie chez Forbes, dĂ©but mars :Â

Des avions pleins les hangars présidentiels
En 2014, un autre site Ă©voquant les jets seulement « en opĂ©ration », recensait 264 avions inscrits dans lâĂźle de Man, on se doute du pourquoi, et le Venezuela arrivait en 10e me position avec 168 jets, davantage encore que la France.  Dans ce site, on peut par exemple admirer quelques jets vĂ©nĂ©zuĂ©liens des plus grandes fortunes du pays. On peut y dĂ©couvrir lâavion du vĂ©nĂ©zuĂ©lien Franklin Duran, lâhomme qui avait Ă©tĂ© derriĂšre « le scandale de la fille Ă la valise », une histoire entre lâArgentine de Kirchner et celle de Chavez (voir ici). EmprisonnĂ© au Texas en 2011, il avait continuĂ© Ă gĂ©rer discrĂštement des biens au Panama, chez Mossack Fonseca. Son beau Learjet N119FD Ă la queue jaune reconnaissable nâexiste plus Ă vrai dire :  il sâest Ă©crasĂ© le 5 mai 2013 Ă Valencia, aprĂšs sâĂȘtre posĂ© aux Bahamas et Ă Punta Cana. Jâai expliquĂ© le cas ici. Guizos Rozos, dans toute une sĂ©rie dâĂ©pisodes successifs, avait montrĂ© les avions liĂ©s au pouvoir, le plus souvent sous le couvert de la sociĂ©tĂ© pĂ©troliĂšre nationale :  grĂące Ă notre sĂ©rie, « les secrets du hangar prĂ©sidentiel », nous avons rĂ©vĂ©lĂ© au monde beaucoup dâavions privĂ©s que possĂšdent aujourdâhui des ministres, des partenaires politiques et des notables vĂ©nĂ©zuĂ©liens, qui ont dĂ©tourné lâargent du pays et ont gĂ©nĂ©rĂ© la misĂšre qui aujourdâhui imprĂšgne tout le territoire national. Parmi ceux qui sont sans honte, le vice-prĂ©sident Tarek El-Aissami, le maire de la municipalitĂ© de Libertador, Jorge RodrĂguez, lâancien ministre de la DĂ©fense et maintenant dĂ©putĂ©, Carmen MelĂ©ndez, et dâautres personnages nĂ©fastes proches du gouvernement qui ont vendu leur peuple pour remplir leurs poches de millions de dollars. » Jâavais dĂ©jĂ Ă©voquĂ© en avril 2015 le lourd hĂ©ritage des jets « saisis » par Chavez « pour le peuple » et qui ont tous fini chez PDVSA, le pĂ©trolier dâEtat au Venezuela.
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