FRANCE đŸ‡«đŸ‡· (Covid-19): les usagers de drogue, de grands oubliĂ©s

Il n’existe pas en rĂ©gion parisienne de dispositif d’hĂ©bergement Ă  hauteur des besoins du public en errance, repoussĂ© par les forces de l’ordre, diffamĂ© par les passants.

Le contexte actuel de la pandĂ©mie de Covid-19 met Ă  mal nos structures d’accueil, de rĂ©duction des risques et de soins. Nos Ă©tablissements prennent en charge des usagers de drogues souvent prĂ©caires. Les Caarud (centre d’accueil et d’accompagnement Ă  la rĂ©duction des risques pour les usagers de drogues) et CSAPA (centre de soins et d’accompagnement et prĂ©vention en addictologie) sont en premiĂšre ligne pour recevoir les publics les plus vulnĂ©rables, fragiles et laissĂ©s pour compte de notre ville.

En laissant ouverts les tabacs et les caves Ă  vin, l’Etat a pris des mesures de bon sens pour Ă©viter aux fumeurs et aux buveurs les effets dĂ©lĂ©tĂšres d’un sevrage brutal et forcĂ©. Pour les usagers de drogues illicites, les choses sont plus compliquĂ©es : leurs ressources souvent issues de la «manche» se tarissent, les produits sont moins disponibles et deviennent trop chers. RĂ©sultat, nombre d’entre eux se retrouvent en Ă©tat de manque, en prise Ă  de fortes souffrances physiques et psychiques. Les plus autonomes se tournent vers les rares centres de soins Ă  ne pas ĂȘtre dĂ©bordĂ©s par leurs propres patients. Les autres voient leur Ă©tat de santĂ© se dĂ©grader trĂšs rapidement et sont d’autant plus vulnĂ©rables Ă  l’épidĂ©mie.

Prohibition et répression

La crise actuelle agit en rĂ©vĂ©lateur des manquements de notre sociĂ©tĂ© vis-Ă -vis de ses membres les plus vulnĂ©rables et met en lumiĂšre les limites d’un systĂšme basĂ© sur la prohibition et la rĂ©pression


A l’heure de l’urgence sanitaire et malgrĂ© nos demandes, il n’existe pas en rĂ©gion parisienne de dispositif d’hĂ©bergement Ă  hauteur des besoins du public en errance. Le stigmate de l’usage de drogues jette un voile sur la rĂ©alitĂ© chaotique des parcours de vie des usagers. Nous sommes confinĂ©s ? Ils sont enfermĂ©s dehors et beaucoup vont en mourir.

La forte prĂ©sence des forces de l’ordre aux alentours de LariboisiĂšre et de la gare du Nord, parfaitement justifiĂ©e pour sĂ©curiser le quartier en ces temps difficiles, repousse les usagers de drogues et le deal vers d’autres quartiers, elle ne les fait pas disparaĂźtre. C’est dĂ©jĂ  ce qui s’est passĂ© avec les Ă©vacuations trĂšs mĂ©diatisĂ©es de la Porte de la Chapelle (puis d’Aubervilliers et de la Villette) : un report massif s’est fait sur Eole et Stalingrad/JaurĂšs. C’est ce qui est en train de se passer Ă  la gare du Nord et bientĂŽt, d’autres riverains se plaindront des intrusions dans leurs immeubles et du deal dans des quartiers jusque-lĂ  Ă©pargnĂ©s. La seule rĂ©ponse rĂ©pressive sans possibilitĂ© de repli n’est pas efficace comme rĂ©ponse aux scĂšnes d’usage de drogues.

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