FRANCE đŸ‡«đŸ‡· (rĂ©galiennes): une hiĂ©rarchie complaisante qui n’assume que les rĂ©sultats obtenus pour remplir des statistiques flatteuses

Les hiĂ©rarchies des rĂ©galiennes (Douane, Gendarmerie et Police) n’assument que les rĂ©sultats qui les valorisent, permettant alors de grimper, grimper encore au mĂ©pris de l’Ă©thique morale et des lois!

La derniĂšre affaire soulevĂ©e dans le 93 n’est qu’une Ă©niĂšme dĂ©monstration de ce que sont devenus nos policiers, non plus au service des citoyens dans le respect de la loi, mais des instruments utilisĂ©s par les hiĂ©rarques qui pullulent, prĂȘts Ă  toutes les vilenies pour la seule satisfaction de remplir des statistiques flatteuses dĂ©montrant alors la qualitĂ© du commandement…

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LCI a interviewé un policier

 

Damien*, un agent dont nous protĂ©geons l’anonymat car il risque des poursuites administratives et pĂ©nales en nous parlant, est le premier membre de cette unitĂ© dans la tourmente Ă  avoir acceptĂ© de prendre la parole. Il reconnaĂźt un systĂšme de dĂ©rapages rĂ©guliers au sein de cette unitĂ© depuis plusieurs annĂ©es. Le tout, selon lui, sous les yeux complaisants de la hiĂ©rarchie qui aurait justifiĂ© ces Ă©carts par une nĂ©cessitĂ© de politique du chiffre.

LCI : Six de vos collĂšgues ont Ă©tĂ© placĂ©s en garde Ă  vue, cela vous a-t-il surpris ?Non car on savait qu’il y avait quelque chose, ça faisait des mois qu’on s’en doutait.Comment la CSI 93 en est arrivĂ©e lĂ  ?Des choses qui ne se faisaient pas quand j’ai commencĂ© se font pratiquement ouvertement aujourd’hui. Il ne faut pas s’étonner d’en arriver lĂ . La hiĂ©rarchie couvre depuis des annĂ©es des coups d’achats rĂ©pĂ©tĂ©s partout sur un dĂ©partement (ndlr, lorsque des policiers se font passer pour des clients dans des affaires de stupĂ©fiants, en dehors de tout cadre lĂ©gal). Qui dit coup d’achats dit faux en Ă©criture dans les procĂ©dures, violences lors des interpellations, mesurĂ©es bien Ă©videmment car les collĂšgues risquent aussi leur intĂ©gritĂ© physique.

Quand vous dites que la hiĂ©rarchie couvre, ça veut dire qu’elle est au courant ? Qu’elle encourage ?

Oui, totalement. Elle est au courant car ça se passe sous ses yeux. Et elle l’encourage car ça fait plaisir à tout le monde car derriùre tout cela, il y a une culture du chiffre. Vous ne pouvez pas vous permettre de ne rien ramener sinon vous vous faites saquer.

Si vous voulez faire du bon travail de policier, mettre fin Ă  des points de deal qui existent depuis des annĂ©es, vous n’avez pas le choix de franchir parfois la ligne. Policier de la CSI 93
Vous mettez en cause la hiérarchie. De quelle hiérarchie parlez-vous ?

Toute la hiĂ©rarchie est au courant. Ça part du chef de section au major de compagnie, Ă  l’officier et au chef de service. Ça les faisait mĂȘme parfois rigoler. Ils cautionnaient car derriĂšre, ça ramenait des interpellĂ©s, des belles affaires. Tout cela fait briller un service, un chef de service. Mais dĂšs lors que quelque chose se passe mal, on fait une opĂ©ration mains-propres. Ce n’est pas normal.

Que pensez-vous d’un possible dĂ©mantĂšlement de la CSI (entretien rĂ©alisĂ© avant la dĂ©cision de dissoudre la compagnie) ?

Je pense qu’il faut peut-ĂȘtre en arriver lĂ . Tout virer et tout reprendre Ă  zĂ©ro. Ça fait des annĂ©es qu’on dit que la hiĂ©rarchie ne suit pas. Des chefs ne sortent pas et n’encadrent pas les jeunes. Certains officiers ne sont pas sortis depuis un ou deux ans. Ça ne cautionne pas tout mais c’est facile de tirer Ă  boulets rouges sur des gars quand ça se passe mal, alors qu’ils n’étaient jamais lĂ  et rĂ©coltaient les lauriers des bonnes affaires. Et quand ça pue un peu, on se tourne et on balance tout, c’est un peu trop facile de mon point de vue.

Peut-on en Seine-Saint-Denis, aujourd’hui, faire le boulot de policier sans franchir la ligne ?

Face Ă  la justice, il faut aller, toujours aller de plus en plus loin pour que les mecs ne soient pas relĂąchĂ©s. Les dĂ©linquants le savent et s’adaptent. Personne ne vous le demandera jamais sur le papier, mais si vous voulez faire du bon travail de policier, mettre fin Ă  des points de deal qui existent depuis des annĂ©es, vous n’avez pas le choix de franchir parfois la ligne. Le problĂšme c’est que personne ne veut l’assumer. Aujourd’hui, tout le monde veut taper du poing sur la table pour stopper des points de deal. Alors que cela prend une ampleur sans prĂ©cĂ©dent. Les gens n’en peuvent plus. Les cages d’escalier, c’est une horreur, on se croirait Ă  Tchernobyl. Personne ne met vraiment les moyens qu’il faut.

Le matin, pour quoi vous levez-vous ?

Quand je me lĂšve le matin, c’est pour essayer de faire du bon travail, de faire tomber des gars, des trafics. En Seine-Saint-Denis, si vous enlevez le travail sur le stup’, le reste est tellement mineur. Faire un dĂ©faut de permis sur le 93, ça ne rime Ă  rien du tout quand vous avez des points de deal Ă  ciel ouvert partout qui gĂ©nĂšrent des millions d’euros. On a Ă©tĂ© créé pour ça.

Êtes-vous en colùre, avez-vous des regrets ?

On a toujours essayĂ© de faire notre travail et aujourd’hui tout le monde tourne sa veste et nous jette en pĂąture, donc oui, je suis en colĂšre. On n’est pas dĂ©fendu par nos patrons. Tant que ça va, tout va bien. On a cautionnĂ© pendant des annĂ©es et aujourd’hui on ne cautionne plus rien. Ce n’est pas normal que notre hiĂ©rarchie nous tourne le dos ainsi.

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