Plan sécurité, loi sur le séparatisme : Darmanin et Schiappa dévoilent les chantiers du gouvernement
EXTRAIT
GUERRE DĂCLARĂE AU TRAFIC DE STUPĂFIANTS
Mercredi, un sĂ©minaire gouvernemental portera sur les questions de sĂ©curitĂ© et de l’ordre juste. Quelle sera votre premiĂšre prioritĂ©
G.D. IndĂ©niablement la lutte contre les stupĂ©fiants. Cela doit ĂȘtre l’alpha et l’omĂ©ga de toutes nos interventions. A travers ce sujet, il y a la lutte contre le crime organisĂ©, avec la traite des ĂȘtres humains et le financement du terrorisme, mais aussi une grande mesure de santĂ© publique. Et, bien sĂ»r, un lien avec la lutte contre l’insĂ©curitĂ© du quotidien. Quand on voit qu’aujourd’hui un gamin de 14 ans peut gagner plus que son pĂšre en faisant le « chouf » (le guet), il ne faut pas s’Ă©tonner qu’il y ait une crise d’autoritĂ© dans notre pays.
Le sujet n’est pas nouveau. Qu’est-ce qui va changer avec vous ?
G.D. Il faut s’occuper de tous les trafics. Des gros rĂ©seaux jusqu’au bout de la chaĂźne, c’est-Ă -dire le consommateur. Il faut sanctionner tout le monde, y compris dans les beaux quartiers de Paris. GrĂące Ă l’action de mon prĂ©dĂ©cesseur, nous avons tout de mĂȘme saisi 34 tonnes de cannabis depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, 6 tonnes de cocaĂŻne. On doit pouvoir encore augmenter ces chiffres.
Vous avez testĂ© pendant deux mois l’amende forfaitaire de 200 euros pour les consommateurs de stupĂ©fiants, avant de la gĂ©nĂ©raliser depuis le 1er septembre. Quels sont les premiers rĂ©sultats ?
G.D. 558 amendes ont Ă©tĂ© dressĂ©es dans les cinq territoires oĂč il y a eu ce test. Cela a Ă©tĂ© trĂšs probant. Et, rien que sur la premiĂšre journĂ©e de gĂ©nĂ©ralisation de cette amende, 200 verbalisations. DĂ©sormais, il n’y a plus besoin d’une piĂšce d’identitĂ© pour ĂȘtre verbalisĂ©. J’en remercie le garde des Sceaux. Et si jamais les gens ne payent pas, on peut imaginer une saisie sur salaire ou sur le compte bancaire de la personne. Je suis certain que les services de Bercy vont nous aider dans cette mission.
En vous attaquant aux petits trafics, ne craignez-vous pas qu’ils se dĂ©portent sur une autre forme de dĂ©linquance ?
G.D. Je n’ai pas l’esprit de capitulation. La drogue, c’est de la merde, ça finance le crime organisĂ©, ça tue la vie de milliers de personnes et ça peut concerner toutes les familles de France. Le rĂŽle d’un responsable politique, ce n’est pas d’accompagner tout doucement la mort d’une sociĂ©tĂ©.
LES CHIFFRES DE LA SĂCURITĂ DĂVOILĂS TOUS LES MOIS

Il y a eu une Ă©poque oĂč le gouvernement communiquait sur les chiffres de la dĂ©linquance. Vous y rĂ©flĂ©chissez ?
G.D. On n’y rĂ©flĂ©chit pas, on va le faire ! Nous avons pris la dĂ©cision de faire conjointement avec MarlĂšne Schiappa un point presse mensuel sur tous les sujets, Ă la fin de chaque premiĂšre semaine du mois, pour communiquer l’ensemble des rĂ©sultats de nos services. Il se tiendra Ă Beauvau, Ă partir d’octobre. Il reprendra six points : la lutte contre les stupĂ©fiants, les chiffres des violences conjugales, intrafamiliales et sexuelles, les heures de patrouilles pĂ©destres sur la voie publique des gendarmes et des policiers, celles dans les transports publics Ă©galement, le nombre de dĂ©rives sectaires signalĂ©es, et aussi le thĂšme de l’immigration et de l’asile.
C’est le retour de la course aux chiffres ?
G.D. Nous ne sommes pas pour la politique du chiffre, mais pour la politique du rĂ©sultat. Je pense profondĂ©ment que la France est malade de son insĂ©curitĂ©. Il faut vraiment ĂȘtre sourd et aveugle pour ne pas entendre ce que nous disent les Français. Ou alors habiter dans le monde des « Bisounours »⊠Si la France est malade, il faut prendre sa tempĂ©rature. Et je ne connais pas d’autres moyens que de la prendre en se renseignant sur les chiffres, et en les rendant publics.
Mais certains vont vous reprocher de faire de la comâŠ
M.S. La confiance, ça passe par la transparence. Ce que nous sommes en train de mener, c’est aussi un combat culturel pour l’ordre rĂ©publicain. Il se mĂšne en Ă©tant offensif, mais aussi en communiquant sur ce que l’on fait. Si on met en place des dispositifs, mais que les gens ne le savent pas, ils ne peuvent pas y avoir recours, et ça ne sert Ă rien.
Vous parlez de redĂ©ployer les forces de police sur le terrain. C’est qu’on ne les voit pas assez ?
G.D. L’objectif, c’est de remettre du « bleu » dans la rue, car cela rassure les honnĂȘtes gens que nous voulons protĂ©ger. Les forces de l’ordre ne font jamais un travail inutile, quelle que soit leur mission. C’est le plus beau mĂ©tier : celui de protĂ©ger. Et je veux le dire Ă tout le monde : Ă la fin, c’est toujours la police, c’est-Ă -dire la RĂ©publique, qui gagne. C’est Ă nous de le montrer davantage.
Vous dites qu’Ă la fin, « c’est la police qui gagne ». Mais les Français ont souvent l’impression que les condamnations ne suivent pas. Le problĂšme, c’est la chaĂźne judiciaire ?
G.D. Je ne suis pas de ceux qui disent que la justice est laxiste. Elle fait son travail. En revanche, elle est lente, c’est ça la difficultĂ©. Elle est lente, car elle manque de moyens et Jean Castex en a conscience. C’est pour cela qu’il va augmenter le budget de la justice. Quand on chope un mec de 19 ans Ă Tourcoing qui trafique du cannabis et qu’il faut parfois deux ans pour qu’il soit jugĂ© en premiĂšre instance, ce n’est pas normal. Ni pour la sociĂ©tĂ© ni pour lui. L’amende forfaitaire pour dĂ©tention de stupĂ©fiants, ça doit aussi permettre de dĂ©sengorger les tribunaux, de faire moins de procĂ©dures. Je souhaite d’ailleurs qu’il y ait ce mĂȘme systĂšme d’amendes pour d’autres faits : l’occupation illĂ©gale des halls d’immeubles, la vente Ă la sauvette de cigarettesâŠ
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