On avait un peu laissé de cÎté le Brésil, avec la folie furieuse des atterrissages au Belize, au Guatemala et au Quintana Roo.
La derniĂšre fois que je vous en parlais, câĂ©tait en raison de politiciens vĂ©reux (dont Geddel Vieira Lima ou les copains de lâex prĂ©sident Michel Temer, accusĂ© depuis de corruption) ou plus rĂ©cemment pendant le Covid-19 oĂč le trafic par petits avions de type Embraer, copies de Piper, sâest tenu comme Ă lâhabitude. En fait le pays, rongĂ© par la drogue lui aussi, notamment dans les favelas, a Ă©tĂ© secouĂ© par plusieurs gros raids successifs de la police, deux en 2019 et celui de cet Ă©tĂ© qui ont dĂ©mantelĂ© de grosses organisations fort bien Ă©quipĂ©es en moyens aĂ©riens et expĂ©diant leur production venue de Bolivie ou du PĂ©rou (via le Paraguay) vers lâEurope, par les moyens dĂ©tournĂ©s habituels comme on va le voir. Directement, ou via un dĂ©tour par lâAfrique, avec au bout pour recevoir la marchandise lâinĂ©vitable Ndrangheta calabraise, maĂźtresse dâĆuvre au final du trafic.
On commence par une histoire dâhĂ©licoptĂšre, puisque la-bas lâengin circule beaucoup chez les narcotrafiquants comme chez les hommes politiques, comme on lâa vu.
Câest lâune des particularitĂ©s du pas, avec lâomniprĂ©sence des Embraer copiĂ©s sur les Piper, mono ou bimoteur, et la bĂȘte de somme locale quâest le robuste Beechcraft Baron 58.
Le 15 fĂ©vrier 2019, un vendredi, câest donc un hĂ©licoptĂšre qui fait la une : un bel Eurocopter EC 130B4 (4388) tout noir immatriculĂ© PR-DHL saisi par la police Ă Presidente Prudente dans le district de Brasilia, posĂ© (ici Ă gauche) dans un champ de canne Ă sucre.
Il vient de refaire le coup prĂ©fĂ©rĂ© de Tadeu dos Santos, le mentor et formateur de Felipe Ramos Morais, les deux noms qui reviennent acec c mode de tansport. Lâengin câest flagrant, a ses coffres remplis de plaquettes de coke empilĂ©es dans les moindre recoins (et non pas dans de grands sacs de toile comme Ă lâaccoutumĂ©e, cf ici Ă gauche). DĂšs la parution de sa capture rĂ©apparaĂźt le syndrome du dĂ©putĂ© ZĂ©zĂ© Parella (souvenez-vous !). Parella et son Robinson 44 PR-GZP, baladeur et transporteur de coke Ă©tait  un alliĂ© et un proche dâAĂ©cio Neves, candidat Ă la prĂ©sidence choisi par le PSDB (lire ici le premier compte-rendu de lâaffaire dans « Coke en Stock (CXIV) : au BrĂ©sil on tire sur les avions, en vrai comme au cinĂ©ma, et la corruption est partout« ) !!! Lâaffaire qui avait fait grand bruit (et ruinĂ© les espoirs de Parella) Ă©tait devenue celle du « Helicoca » dans la presse. Car celui qui bient de se poser  est enregistrĂ© selon certaines infos hĂątivement dĂ©voilĂ©es auprĂšs de lâAnac au nom de Posto Sul Sul Petroleum Station, une sociĂ©tĂ© basĂ©e Ă Brasilia, dont les associĂ©s seraient Marcio Soares de Queiroz, M1 Participacoes Ltda, Rvs Participacoes Ltda, Remi Vitorino Sorgatto, Phillipe Oliveira Vilela, Posto Park Sul Derivado de Petroleo Ltda. Or Remi Vitorino Sorgatto, prĂ©sentĂ© comme lâun des propriĂ©taires du Park Sul Derivado de PetrĂłleo, nâest autre que le pĂšre de Diego Sorgatto, reprĂ©sentant de lâĂtat Ă GoiĂĄs pour le PSDB, le parti de Lula da Silva et Dilma Roussef devenu membre de celui de Temer, le Mouvement dĂ©mocratique brĂ©silien (MDB). DâoĂč dâemblĂ©e un parfum de scandale !