Dennis Dayle, ancien chef d’une unitĂ© d’Ă©lite de la DEA a declarĂ©: « Au cours de mes 30 ans d’histoire au sein de la Drug Enforcement Administration et des agences connexes, les principales cibles de mes enquĂȘtes se sont presque toujours avĂ©rĂ©es travailler pour la CIA. »
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La CIA est impliquée de maniÚre longue et pratiquement continue dans le trafic de drogue depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
1947 Ă 1951, en France đ«đ·
Les armes, l’argent et la dĂ©sinformation de la CIA ont permis aux criminels corses de Marseille d’arracher le contrĂŽle des syndicats au Parti communiste. Les Corses ont acquis une influence politique et un contrĂŽle sur les docks, conditions idĂ©ales pour cimenter un partenariat Ă long terme avec les distributeurs de drogue mafieux, qui ont fait de Marseille la capitale de l’hĂ©roĂŻne d’aprĂšs-guerre du monde occidental.
Les premiers laboratoires d’hĂ©roĂŻne de Marseille ont Ă©tĂ© ouverts en 1951, quelques mois seulement aprĂšs l’arrivĂ©e des Corses sur le front de mer.
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Début des années 1950, Asie du Sud-Est
L’armĂ©e nationaliste chinoise, organisĂ©e par la CIA pour faire la guerre Ă la Chine communiste, est devenue le baron de l’opium du Triangle d’Or (parties de la Birmanie, de la ThaĂŻlande et du Laos), la plus grande source d’opium et d’hĂ©roĂŻne au monde. Air America, la principale compagnie aĂ©rienne propriĂ©taire de la CIA, a transportĂ© la drogue dans toute l’Asie du Sud-Est.
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Années 1950 au début des années 1970, Indochine
Au cours de l’engagement militaire amĂ©ricain au Laos et dans d’autres parties de l’Indochine, Air America a transportĂ© de l’opium et de l’hĂ©roĂŻne dans toute la rĂ©gion. De nombreux GI au Vietnam sont devenus toxicomanes. Un laboratoire construit au siĂšge de la CIA dans le nord du Laos a Ă©tĂ© utilisĂ© pour raffiner l’hĂ©roĂŻne. AprĂšs une dĂ©cennie d’intervention militaire amĂ©ricaine, l’Asie du Sud-Est Ă©tait devenue la source de 70 % de l’opium illicite dans le monde et le principal fournisseur de matiĂšres premiĂšres pour le marchĂ© amĂ©ricain en plein essor de l’hĂ©roĂŻne.
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1973 Ă 1980, Australie đŠđș
La ‘Nugan Hand Bank’ de Sydney Ă©tait une banque de la CIA. Parmi ses officiers figurait un rĂ©seau de gĂ©nĂ©raux amĂ©ricains, d’amiraux et d’hommes de la CIA, dont l’ancien directeur de la CIA William Colby, qui Ă©tait Ă©galement l’un de ses avocats. Avec des succursales en Arabie saoudite, en Europe, en Asie du Sud-Est, en AmĂ©rique du Sud et aux Ătats-Unis, la ‘Nugan Hand Bank’ a financĂ© le trafic de drogue, le blanchiment d’argent et le trafic international d’armes. En 1980, au milieu de plusieurs morts mystĂ©rieuses, la banque s’effondre, avec une dette de 50 millions de dollars.
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AnnĂ©es 1970 et 1980, Panama đ”đŠ
Pendant plus d’une dĂ©cennie, l’homme fort panamĂ©en Manuel Noriega a Ă©tĂ© un atout et un collaborateur trĂšs bien payĂ© de la CIA, bien que les autoritĂ©s amĂ©ricaines en matiĂšre de drogue aient su dĂšs 1971 que le gĂ©nĂ©ral Ă©tait fortement impliquĂ© dans le trafic de drogue et le blanchiment d’argent. Noriega a facilitĂ© les vols « des armes contre la drogue » pour les contras, offrant une protection et des pilotes, des refuges pour les responsables des cartels de la drogue et des facilitĂ©s bancaires discrĂštes. Des responsables amĂ©ricains, dont le directeur de la CIA de l’Ă©poque, William Webster, et plusieurs officiers de la DEA, ont envoyĂ© Ă Noriega des lettres de louanges pour ses efforts visant Ă contrecarrer le trafic de drogue (mais uniquement contre les concurrents de ses patrons du cartel de MedellĂn). Le gouvernement amĂ©ricain s’est seulement retournĂ© contre Noriega, envahissant le Panama en dĂ©cembre 1989 et kidnappant le gĂ©nĂ©ral, une fois qu’ils ont dĂ©couvert qu’il fournissait des renseignements et des services aux Cubains et aux sandinistes. Ironiquement, le trafic de drogue Ă travers le Panama a augmentĂ© aprĂšs l’invasion amĂ©ricaine.
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Années 1980, Amérique centrale
La sĂ©rie « San Jose Mercury News » ne documente qu’une seulef des opĂ©rations entrelacĂ©es liant la CIA, les contras et les cartels de la cocaĂŻne. ObsĂ©dĂ©s par le renversement du gouvernement sandiniste de gauche au Nicaragua, les responsables de l’administration Reagan ont tolĂ©rĂ© le trafic de drogue tant que les trafiquants soutenaient les contras. En 1989, le sous-comitĂ© sĂ©natorial sur le terrorisme, les stupĂ©fiants et les opĂ©rations internationales (le comitĂ© Kerry) a conclu une enquĂȘte de trois ans en dĂ©clarant que les responsables amĂ©ricains impliquĂ©s en AmĂ©rique centrale n’ont pas abordĂ© le problĂšme de la drogue par crainte de compromettre les efforts de guerre contre le Nicaragua et que par consĂ©quent, les pilotes des contras, les mercenaires qui ont travaillĂ© avec les contras et les partisans des contras dans toute la rĂ©gion, n’ont pas Ă ĂȘtre inquiĂ©tĂ©s . Dans chaque cas, l’une ou l’autre agence du gouvernement amĂ©ricain disposait d’informations concernant l’implication soit pendant qu’elle se produisait, soit immĂ©diatement aprĂšs. . . .
» Les hauts responsables politiques amĂ©ricains nâĂ©taient pas Ă lâabri de lâidĂ©e que lâargent de la drogue Ă©tait une solution parfaite aux problĂšmes de financement des contras. «
Au Costa Rica, qui servait de « front sud » aux contras (le Honduras Ă©tant le front nord), plusieurs rĂ©seaux de la « CIA-contra » Ă©taient impliquĂ©s dans le trafic de drogue. En plus de ceux desservant l’opĂ©ration Meneses-Blandon (dĂ©taillĂ©es par le Mercury News) et l’opĂ©ration de Noriega, il y avait l’agent de la CIA John Hull, dont les fermes le long de la frontiĂšre du Costa Rica avec le Nicaragua Ă©taient la principale zone de transit pour les contras. Hull et d’autres partisans et pilotes de la contra liĂ©s Ă la CIA ont fait Ă©quipe avec George Morales, un important trafiquant de drogue colombien basĂ© Ă Miami qui a admis plus tard avoir donnĂ© 3 millions de dollars en espĂšces et plusieurs avions aux dirigeants de la contra. En 1989, aprĂšs que le gouvernement du Costa Rica ait inculpĂ© Hull pour trafic de drogue, un avion louĂ© par la DEA a transportĂ© clandestinement et illĂ©galement l’agent de la CIA Ă Miami, via HaĂŻti. Les Ătats-Unis ont contrecarrĂ© Ă plusieurs reprises les efforts du Costa Rica pour extrader Hull vers le Costa Rica pour y ĂȘtre jugĂ©.
Un autre rĂ©seau de drogue basĂ© au Costa Rica impliquait un groupe de Cubains amĂ©ricains que la CIA avait embauchĂ©s comme entraĂźneurs militaires pour les contras. Beaucoup Ă©taient depuis longtemps impliquĂ©s dans la CIA et le trafic de drogue. Ils ont utilisĂ© des avions et une entreprise de crevettes basĂ©e au Costa Rica, qui blanchissait de l’argent pour la CIA, pour acheminer la cocaĂŻne vers les Ătats-Unis.
Le Costa Rica n’Ă©tait pas la seule route. Le Guatemala, dont le service de renseignement militaire â Ă©troitement associĂ© Ă la CIA â hĂ©bergeait de nombreux trafiquants de drogue, selon la DEA, Ă©tait une autre Ă©tape le long de l’autoroute de la cocaĂŻne. De plus, le comptable du cartel de MedellĂn Ă Miami, Ramon Milian Rodriguez, a dĂ©clarĂ© qu’il avait acheminĂ© prĂšs de 10 millions de dollars vers des contras nicaraguayens par l’intermĂ©diaire de Felix Rodriguez, agent de longue date de la CIA, basĂ© Ă la base aĂ©rienne d’Ilopango au Salvador.
Les contras fournissaient Ă la fois protection et infrastructure (avions, pilotes, pistes d’atterrissage, entrepĂŽts, sociĂ©tĂ©s Ă©crans et banques) Ă ces rĂ©seaux de drogue liĂ©s Ă la CIA. Au moins quatre sociĂ©tĂ©s de transport faisant l’objet d’une enquĂȘte pour trafic de drogue ont reçu des contrats du gouvernement amĂ©ricain pour transporter des fournitures non lĂ©tales aux contras. ‘Southern Air Transport’, « anciennement » propriĂ©tĂ© de la CIA et plus tard sous contrat avec le Pentagone, Ă©tait Ă©galement impliquĂ© dans le trafic de drogue. Des avions chargĂ©s de cocaĂŻne ont volĂ© vers la Floride, le Texas, la Louisiane et d’autres endroits, y compris plusieurs bases militaires. DĂ©signĂ©es comme « Contra Craft », ces expĂ©ditions ne devaient pas ĂȘtre inspectĂ©es. Lorsqu’une autoritĂ© n’a pas Ă©tĂ© informĂ©e et a procĂ©dĂ© Ă une arrestation, des ficelles puissantes ont Ă©tĂ© tirĂ©es pour aboutir Ă l’abandon de l’affaire, Ă l’acquittement, Ă une rĂ©duction de peine ou Ă l’expulsion.
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Milieu des années 80 au début des années 90, Haïti
Tout en s’efforçant de maintenir au pouvoir les principaux dirigeants militaires et politiques haĂŻtiens, la CIA a fermĂ© les yeux sur le trafic de drogue de ses clients. En 1986, l’Agence a ajoutĂ© quelques noms Ă sa masse salariale en crĂ©ant une nouvelle organisation haĂŻtienne, le National Intelligence Service (SIN). Le mandat du SIN comprenait la lutte contre le commerce de la cocaĂŻne, bien que les agents du SIN se soient eux-mĂȘmes engagĂ©s dans le trafic, un commerce aidĂ© et encouragĂ© par certains dirigeants militaires et politiques haĂŻtiens.
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des années 1980 au début des années 1990, Afghanistan
Les rebelles moudjahidines soutenus par la CIA se sont fortement engagĂ©s dans le trafic de drogue tout en combattant le gouvernement soutenu par les SoviĂ©tiques, qui avait des plans pour rĂ©former la sociĂ©tĂ© afghane. Le principal client de l’Agence Ă©tait Gulbuddin Hekmatyar, l’un des principaux barons de la drogue et le plus grand raffineur d’hĂ©roĂŻne, qui Ă©tait Ă©galement le plus grand bĂ©nĂ©ficiaire du soutien militaire de la CIA. Des camions et des mules fournis par la CIA qui avaient transportĂ© des armes en Afghanistan ont Ă©tĂ© utilisĂ©s pour transporter de l’opium vers des laboratoires le long de la frontiĂšre afghano-pakistanaise. La production fournissait jusqu’Ă la moitiĂ© de l’hĂ©roĂŻne consommĂ©e chaque annĂ©e aux Ătats-Unis et les trois quarts de celle utilisĂ©e en Europe occidentale. Les responsables amĂ©ricains ont admis en 1990 qu’ils n’avaient pas enquĂȘtĂ© ni pris de mesures contre l’opĂ©ration antidrogue en raison du dĂ©sir de ne pas offenser leurs alliĂ©s pakistanais et afghans.
En 1993, un responsable de la DEA a surnommĂ© l’Afghanistan la nouvelle Colombie du monde de la drogue.

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