Sous lâĆil des camĂ©ras dĂ©ployĂ©es le long de la frontiĂšre qui sĂ©pare la Jordanie de la Syrie, une zone traditionnelle de contrebande au milieu du dĂ©sert, câest un curieux ballet quâobservent depuis des mois les forces de sĂ©curitĂ© jordaniennes.
« On a des vidĂ©os qui prouvent une coopĂ©ration entre les passeurs de drogue et les gardes-frontiĂšres syriens », affirme le colonel Mustafa Heyari. Elles montrent des passeurs se rĂ©fugiant dans des postes frontaliers lorsque les gardes-frontiĂšres jordaniens ouvrent le feu. Des camĂ©ras ont filmĂ© lâarrivĂ©e, dans ces installations, dâhommes Ă bord de vĂ©hicules non identifiĂ©s, suspectĂ©s dâappartenir Ă des milices, pour faire voler des drones chargĂ©s de drogue vers la Jordanie. Depuis la reconquĂȘte du Sud syrien par les forces loyales au prĂ©sident Bachar Al-Assad en 2018, la contrebande de stupĂ©fiants a explosĂ© le long de cette frontiĂšre de prĂšs de 400 kilomĂštres.
Au cĆur de ce trafic, alimentĂ© par la guerre qui sĂ©vit en Syrie depuis 2011 et par la crise Ă©conomique, se trouve le Captagon, une amphĂ©tamine facile Ă produire et bon marchĂ©. « La Syrie est devenue un centre de production de drogues, Ă la fois de Captagon et de haschich. Et la rĂ©gion frontaliĂšre est une zone grise, entre guerre et paix, oĂč les gens sont recrutĂ©s par les trafiquants et les milices », dĂ©plore le colonel Heyari.
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