FRANCE đŸ‡«đŸ‡· (Marseille) : trente-cinq rĂšglements de comptes, qui ont fait vingt-quatre morts et de nombreux blessĂ©s, ont dĂ©jĂ  eu lieu au cours des neuf premiers mois de l’annĂ©e dans la citĂ© phocĂ©enne.

La lutte contre la drogue est devenue un secteur Ă©conomique Ă  part entiĂšre, tant pour ceux qui livrent cette guerre aveuglĂ©ment que pour les capos et les cartels, qui savent que leurs fabuleux bĂ©nĂ©fices dĂ©pendent de l’illĂ©galitĂ© du trafic. source

« Et moi, je vais l’éclater. Il faut trouver la moto. J’ai les soldats, des gens vaillants, j’ai les armes, j’ai une guitare [kalachnikov]. Tu fais mon pilote, si je l’éclate Ă  lui ? Et on rĂ©cupĂšre toi et moi le charbon [plan de revente de drogue]. A 180 000 [euros] dans le mois, tu gagnes des sous là ! Toutes les semaines, tu as ton enveloppe. Nous, on monte pas au quartier. Quand y a un problĂšme, on rafale, on tire, on les massacre ! » Lorsqu’ils captent cette conversation, le 14 avril 2020, grĂące Ă  un micro dissimulĂ© dans le vĂ©hicule d’un homme qu’ils soupçonnent d’ĂȘtre un trafiquant, les policiers n’en croient pas leurs oreilles. Ils ont lĂ  les prĂ©paratifs d’un rĂšglement de comptes destinĂ© Ă  reprendre le point de vente de stupĂ©fiants de la citĂ© marseillaise du Petit SĂ©minaire (13e arrondissement).

Cinq hommes et une femme doivent ĂȘtre jugĂ©s Ă  partir du 24 octobre devant le tribunal correctionnel de Marseille pour « association de malfaiteurs en vue de commettre un assassinat Â» et d’autres faits destinĂ©s Ă  financer leurs projets criminels. Une illustration limpide des guerres de la drogue qui, depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, se sont dĂ©jĂ  soldĂ©es par trente-cinq rĂšglements de comptes, qui ont fait vingt-quatre morts et de nombreux blessĂ©s. Lire aussi : Article rĂ©servĂ© Ă  nos abonnĂ©s A Marseille, l’extrĂȘme violence se banalise chez les jeunes impliquĂ©s dans le trafic de drogue

Bon nombre de ces fusillades sont qualifiĂ©es de tentatives d’assassinat, cela Ă©tant dĂ» Ă  la « maladresse Â» des auteurs ou Ă  l’usage d’armes qui s’enrayent, signatures d’un certain amateurisme aux yeux des policiers. Dans une ville oĂč mĂȘme les mĂ©dias tiennent la comptabilitĂ© morbide des rĂšglements de comptes, la police judiciaire et les magistrats chargĂ©s de la lutte contre le narcobanditisme redoutent que le chiffre final soit, en 2022, plus Ă©levĂ© qu’en 2021, dĂ©jĂ  une annĂ©e noire, avec trente-cinq rĂšglements de comptes et trente morts, marquĂ©e par un pic durant l’étĂ©, avec dix-neuf rĂšglements de comptes.

Une page entiĂšrement blanche

ConfrontĂ©s Ă  ces faits commis la plupart du temps la nuit, dans les quartiers nord de la ville, les enquĂȘteurs et les magistrats chargĂ©s de la lutte contre le narcobanditisme confessent depuis quelque temps une certaine impuissance Ă  dĂ©crypter ces rĂšglements de comptes. « On ne s’estime pas Ă  la ramasse, mais il est de plus en plus difficile de comprendre rapidement ce qui se passe Â», confie l’un d’eux. « Habituellement, les policiers allaient sur les lieux et, avec le nom de la victime, tenaient dĂ©jĂ  une piste. LĂ , c’est le plus grand flou Â», reconnaĂźt-on au palais de justice.

C’est ce qui se passe dans la nuit du 11 au 12 septembre, lorsque la police judiciaire dĂ©couvre sur une autoroute pĂ©riurbaine un vĂ©hicule criblĂ© de balles, immobilisĂ© au terme d’une course-poursuite. Deux hommes ĂągĂ©s de 25 ans et 30 ans sont morts sur le coup, tandis qu’un jeune homme de 20 ans est blessĂ© par plusieurs impacts de balles. Des victimes inconnues Ă  Marseille, venues de la rĂ©gion parisienne et d’Aix-en-Provence (Bouches-du-RhĂŽne), peut-ĂȘtre victimes d’une « rĂ©plique » aprĂšs avoir tentĂ© de s’emparer d’un plan stups
 Les investigations dĂ©marrent sur une page entiĂšrement blanche.

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