3MMC, 3CMC, HHC… DerriĂšre ces acronymes, des stupĂ©fiants nouvelle gĂ©nĂ©ration. Ce ne sont plus des dĂ©rivĂ©s de plantes, comme la cocaĂŻne, lâhĂ©roĂŻne ou le cannabis, mais ils en reproduisent les effets et sont souvent plus puissants, plus dangereux et plus addictifs.
Pour sâen rendre compte il suffit dâaller faire la queue Ă lâentrĂ©e des discothĂšques qui passent de la musique Ă©lectro. A une heure du matin , dans le centre de Paris, aucun problĂšme pour trouver des petits sachets de poudre, et des consommateurs de 3 methylmetcatinone ou 3 MMC.
« Câest moins cher que la cocaĂŻne », explique une Ă©tudiante en marketing de 24 ans. « La cocaĂŻne on va dire quâon est Ă 70 euros le gramme, la 3 MMC on est Ă 40 ou 50 euros maximum. Et quand on va en soirĂ©e techno, on a envie
de taper du pied, de danser trĂšs vite, dopamine au max ». Et elle poursuit en dĂ©crivant ce que les spĂ©cialistes appellent le craving: « Une fois que lâeffet sâen va au bout dâune heure, on en reprend, on en reprend. Un gramme, 2 grammes, dans une soirĂ©e, ça part trop vite, et câest lĂ oĂč câest archi nĂ©faste ».
Pas de statistiques rĂ©centes, sur les drogues de synthĂšse, deux rapports doivent sortir fin dĂ©cembre. Mais les mĂ©decins sâalarment face Ă un phĂ©nomĂšne qui prend de lâampleur. « Câest une rĂ©alitĂ©, je viens de finir une rĂ©union a lâhĂŽpital de jour dit «ado», jâai des jeunes entre 16 et 23 ans, 100% des jeunes consomment des NPS, des Nouveaux produits de synthĂšse », explique Amine Benyamina, prĂ©sident de la fĂ©dĂ©ration française dâaddictologie et mĂ©decin Ă lâhĂŽpital Paul Brousse de Villejuif en banlieue parisienne. Des jeunes qui consomment essentiellement des psychostimulants: « Ca vient multiplier en quelque sorte les effets de sensations et diminuer la fatigue, exciter. Dans la mesure oĂč ils augmentent la capacitĂ© Ă rĂ©sister, on sâoublie, on a pas le systĂšme dâalerte. Ce sont des produits qui peuvent engager le risque vital ».
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