
L’absence de transparence, serait-ce l’habitude Ă Montreuil au siĂšge de la Direction gĂ©nĂ©rale de la Douane ?
Qu’est ce qu’il en pense Michel Baron, le Chef du bureau Politique du dĂ©douanement ?
Durant plus de trente ans, la direction régionale des douanes de Dunkerque a en effet encaissé des montagnes de taxes auxquelles elle ne pouvait prétendre, lésant ainsi le fisc britannique.
Les 71 millions dâeuros de prĂ©judice des douanes françaises font pschitt !
Les douanes françaises rĂ©clamaient quelque 71 millions dâeuros de pĂ©nalitĂ© Ă une dizaine de prĂ©venus dans une affaire de fraude aux accises â une taxe douaniĂšre sur lâalcool â dans un trafic entre le Calaisis et lâAngleterre.
« Des camions virtuels mais bien réels »
Au centre du dĂ©lit, lâutilisation dâun mĂȘme document administratif Ă©lectronique (DAE), essentiel pour les douanes, car il leur permet de suivre la marchandise soumise aux accises. Mais « Ă partir dâun seul DAE, il y avait plusieurs transports virtuels vers lâAngleterre et un seul rĂ©el », soulignait le ministĂšre public le 18 janvier, lors du procĂšs en appel Ă Douai, devant le tribunal correctionnel. « Une fraude dâampleur » estimĂ©e Ă 71 millions dâeuros par les douanes françaises. Mais, en premiĂšre instance Ă Lille, en fĂ©vrier 2023, devant la juridiction interrĂ©gionale spĂ©cialisĂ©e (JIRS), les douanes françaises avaient Ă©tĂ© dĂ©boutĂ©es, et le prĂ©judice global estimĂ© Ă 71 millions dâeuros, avait Ă©tĂ© ramenĂ© Ă des pĂ©nalitĂ©s douaniĂšres de 750 euros par prĂ©venu. En appel, « on est entre 500 euros pour les prĂ©venus les moins impliquĂ©s et jusquâĂ 1 000 euros pour les plus concernĂ©s, indique Me Lebas, avocat lillois de la dĂ©fense. On passe de 71 millions Ă 500 euros, câest un camouflet pour les douanes ».
Pour les avocats de la dĂ©fense, le vrai prĂ©judice est du cĂŽtĂ© des douanes britanniques « qui ont perdu ces droits dâaccise. Cette taxe sert Ă compenser les ravages de lâalcool dans leur pays. LĂ -bas, câest un problĂšme de santĂ© publique, lance Me Pannier, conseil dâun prĂ©venu.
Au cours du procĂšs en appel, lâavocat martelait « une absence de transparence des douanes françaises pour monter des dossiers ». « Des accusations graves, sans preuves », dĂ©nonçait le ministĂšre public dans un procĂšs oĂč « la cour dâappel a dĂ©finitivement condamnĂ© les douanes dans leurs vellĂ©itĂ©s, estime Me Scemama, avocat dâun prĂ©venu. On leur a dit âvous ĂȘtes recevables car des droits nâont pas Ă©tĂ© acquittĂ©s en France, mais les 71 millions que vous demandez ne sont pas justifiĂ©sâ. »
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