FRANCE đŸ‡šđŸ‡” (Narcotrafic) : face Ă  un « marchĂ© des stupĂ©fiants en expansion », le directeur gĂ©nĂ©ral de la police nationale formule des pistes pour lutter contre le crime organisé 

Henri Clavier

Par Henri Clavier

« On va de la cage d’escalier Ă  l’international », explique le nouveau directeur gĂ©nĂ©ral de la police nationale, Louis Laugier, devant la commission des lois du SĂ©nat lorsqu’il Ă©voque la lutte contre le narcotrafic. Si la nomination de Louis Laugier a fait l’objet de nĂ©gociations entre Bruno Retailleau et Emmanuel Macron, l’audition portait essentiellement sur la proposition de loi relative au narcotrafic qui sera examinĂ©e Ă  partir de janvier au SĂ©nat. Le texte fait suite Ă  la commission d’enquĂȘte prĂ©sidĂ©e par Etienne Blanc (LR) et dont le rapporteur Ă©tait JĂ©rĂŽme Durain (PS). Un texte particuliĂšrement attendu alors que le ministre de l’intĂ©rieur, Bruno Retailleau, a multipliĂ© les gages de fermetĂ© dans la lutte contre le trafic de drogue et la criminalitĂ© organisĂ©e.  

Comme les sĂ©nateurs, le Directeur gĂ©nĂ©ral de la police nationale dĂ©crit un phĂ©nomĂšne en hausse, un « marchĂ© des stupĂ©fiants en expansion, une forte demande des consommateurs et une offre abondante ». La criminalitĂ© organisĂ©e connaĂźt d’ailleurs un certain nombre d’évolutions comme la multiplication des violences liĂ©es au trafic y compris dans des villes moyennes, ou encore le rajeunissement des acteurs.  « Je souhaiterais prĂ©ciser que la France n’est pas dans une situation singuliĂšre. En effet, tous les Etats de l’UE sont confrontĂ©s Ă  des situations identiques », prĂ©vient nĂ©anmoins Louis Laugier. NĂ©anmoins, les chiffres prĂ©sentĂ©s sont vertigineux avec notamment 44,8 tonnes de cocaĂŻne saisies en 2024 (contre 23,2 tonnes en 2023). Le directeur gĂ©nĂ©ral rapporte Ă©galement que 434 000 amendes forfaitaires dĂ©lictuelles ont Ă©tĂ© dressĂ©es depuis septembre 2020 pour stupĂ©fiants.  

« Certaines observations du rapport relatif Ă  l’action de la police nationale me paraissent un peu sĂ©vĂšres »  

Pour rĂ©pondre Ă  ce phĂ©nomĂšne massif, l’Office anti-stupĂ©fiants (Ofast) a Ă©tĂ© mis en place en 2019. Cette agence regroupe des effectifs issus de diffĂ©rents services, notamment des douanes et de la police judiciaire. Alors que le rapport sĂ©natorial propose de revoir le fonctionnement de l’Ofast pour en faire une « DEA Ă  la française », Louis Laugier dĂ©fend l’efficacitĂ© de l’agence. « Certaines observations du rapport relatif Ă  l’action de la police nationale me paraissent un peu sĂ©vĂšres [
] le rĂŽle de coordination de l’Ofast est rĂ©el, grĂące Ă  son caractĂšre interministĂ©riel et son maillage territorial dense », avance le directeur gĂ©nĂ©ral de la police nationale. Ce dernier souligne Ă©galement le doublement des effectifs depuis 2020 et la prĂ©sence des services sur tout le territoire grĂące aux 15 antennes de l’Ofast et aux cellules de renseignement opĂ©rationnel sur les stupĂ©fiants (CROSS) prĂ©sentes dans chaque dĂ©partement. Louis Laugier a Ă©galement dĂ©fendu la souplesse de ce dispositif, affirmant qu’il n’était pas nĂ©cessaire d’inscrire les CROSS dans la loi.  

Le sĂ©nateur JĂ©rĂŽme Durain regrette nĂ©anmoins la faible implication des services de Bercy dans l’Ofast et souligne la nĂ©cessitĂ© de les mobiliser pour continuer de dĂ©velopper les enquĂȘtes patrimoniales. « L’aspect interministĂ©riel de l’Ofast, est dĂ©jĂ  pris en compte avec les douanes, mais on peut continuer Ă  renforcer la coopĂ©ration avec les services de Bercy », reconnaĂźt Louis Laugier. Toutefois, le directeur gĂ©nĂ©ral de la police nationale met en exergue la progression des saisies d’avoirs criminels. « 75,3 millions d’euros d’avoirs criminels ont Ă©tĂ© saisis en 2023. Il y a eu une hausse de 60 % entre 2018 et 2023, traduisant une inflexion profonde de la stratĂ©gie de la police en ce domaine avec un dĂ©veloppement des enquĂȘtes patrimoniales », argumente Louis Laugier. InterrogĂ© par la prĂ©sidente de la commission des lois, Muriel Jourda (LR), sur les amĂ©liorations lĂ©gislatives Ă  apporter, Louis Laugier Ă©voque la possibilitĂ© de recourir Ă  des confiscations provisoires tout en prenant soin d’insister sur la difficultĂ© juridique d’une telle Ă©volution et notamment son risque d’inconstitutionnalitĂ©.  

Le directeur gĂ©nĂ©ral de la police nationale dĂ©fend l’utilitĂ© des opĂ©rations « place nette »  

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