L’AssemblĂ©e a notamment validĂ© le « procĂšs-verbal distinct », permettant de ne pas divulguer aux avocats des trafiquants certaines informations sur la mise en Ćuvre de techniques spĂ©ciales d’enquĂȘte.
CrĂ©ation d’un « procĂšs-verbal distinct » et d’un nouveau rĂ©gime carcĂ©ral, mais maintien de la confidentialitĂ© des messageries chiffrĂ©es… Les dĂ©putĂ©s poursuivent, depuis lundi 17 mars, l’examen de la proposition de loi sĂ©natoriale visant Ă lutter contre le narcotrafic, et soutenue par le gouvernement.
Mercredi, les parlementaires ont adoptĂ© l’une des mesures les plus dĂ©criĂ©es du texte, qui prĂ©voit la crĂ©ation d’un nouveau rĂ©gime carcĂ©ral d’isolement pour les plus gros trafiquants. La proposition entend crĂ©er des quartiers de haute sĂ©curitĂ©, dans lesquels seraient affectĂ©es les personnes issues de la criminalitĂ© organisĂ©e les plus dangereuses, sur dĂ©cision du garde des Sceaux. Initialement fixĂ©e Ă quatre ans renouvelables, la durĂ©e de dĂ©tention a Ă©tĂ© ramenĂ©e Ă deux ans renouvelables, par amendements, aprĂšs un avis du Conseil d’Etat.
Les dĂ©putĂ©s ont Ă©galement approuvĂ© jeudi l’extension du recours Ă la visioconfĂ©rence pour la comparution des narcotrafiquants les plus dangereux, une mesure destinĂ©e Ă prĂ©venir les risques d’Ă©vasion et protĂ©ger les agents pĂ©nitentiaires.
Bruno Retailleau mis en échec sur les messageries chiffrées
Peu avant minuit jeudi, les Ă©lus du Palais Bourbon ont dĂ©cidĂ© de maintenir la confidentialitĂ© des messageries chiffrĂ©es, Bruno Retailleau Ă©chouant Ă les convaincre du bien-fondĂ© de cette mesure, au terme d’un vote perturbĂ© par une rarissime panne technique. Le ministre de l’IntĂ©rieur souhaitait pouvoir imposer aux plateformes (Signal, WhatsApp…) de communiquer les correspondances des trafiquants aux services de renseignement. Mais les dĂ©putĂ©s avaient supprimĂ© cette mesure â qui agrĂšge contre elle de nombreux acteurs et experts de la cybersĂ©curitĂ© â en commission des lois la semaine derniĂšre. Les dĂ©putĂ©s de la gauche et du centre opposĂ©s Ă l’article initial s’inquiĂ©taient de l’introduction d’un mĂ©canisme de « porte dĂ©robĂ©e », ou backdoor, permettant Ă un tiers d’accĂ©der Ă des messages chiffrĂ©s, ouvrant en mĂȘme temps une faille de sĂ©curitĂ©.
Vendredi, les parlementaires ont validĂ© la crĂ©ation d’un « procĂšs-verbal distinct », une mesure destinĂ©e Ă protĂ©ger les enquĂȘteurs et informateurs mais jugĂ©e attentatoire aux droits de la dĂ©fense par les avocats pĂ©nalistes et la gauche. Cette disposition, approuvĂ©e par 57 dĂ©putĂ©s contre 31, prĂ©voit la crĂ©ation lors des enquĂȘtes d’un procĂšs-verbal distinct, ou « dossier-coffre », pour ne pas divulguer Ă la dĂ©fense certaines informations sur la mise en Ćuvre de techniques spĂ©ciales d’enquĂȘte (sonorisation, captation des donnĂ©es informatiques…), telles que la date, l’horaire, le lieu de leur mise en Ćuvre, ou l’identitĂ© de la personne ayant concouru Ă l’installation. DĂ©fendue par le ministre de l’IntĂ©rieur, elle avait Ă©tĂ© supprimĂ©e en commission.
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