La proposition de loi sur le narcotrafic va dĂ©boucher sur « un nouvel Ă©chec du tout rĂ©pressif », a estimĂ© mercredi 9 avril un collectif qui rassemble des organisations d’usagers, magistrats, policiers, addictologues et dĂ©fenseurs des droits humains, Ă la veille d’une rĂ©union dĂ©putĂ©s-sĂ©nateurs pour tenter de s’accorder sur une version commune.
Pour le Collectif pour une nouvelle politique des drogues (CNPD) qui comprend une dizaine d’organisations dont la FĂ©dĂ©ration addiction, MĂ©decins du monde, le Syndicat de la magistrature et ASUD (Autosupport des usagers de drogues), « ce texte persiste dans une approche exclusivement rĂ©pressive de la question des drogues, en ignorant Ă la fois les causes profondes des trafics et les enjeux sociaux et sanitaires en lien avec ces consommations ».
Le CNPD prĂ©conise de s’attaquer aux « vĂ©ritables causes du trafic, notamment les facteurs sociaux et Ă©conomiques », et Ă replacer ce phĂ©nomĂšne « dans le contexte plus large du grand banditisme (trafics d’ĂȘtres humains, blanchiment, trafic d’armes) dont le trafic de drogues n’est qu’un aspect », dans un communiquĂ©. Il dĂ©fend une « approche sanitaire et sociale » axĂ©e sur la prĂ©vention, la rĂ©duction des risques et les soins, ou des « modĂšles alternatifs de rĂ©gulation des stupĂ©fiants, dĂ©jĂ expĂ©rimentĂ©s dans plusieurs pays ».
Le CNPD pointe le « piĂšge »Â de « l’actuelle stratĂ©gie de rĂ©pression »Â aux « moyens considĂ©rables (1,2 milliard d’euros en 2024) »Â qui « se concentrent davantage sur les consommateurs »Â que « sur le dĂ©mantĂšlement des rĂ©seaux criminels », multipliant les « opĂ©rations mĂ©diatiques telle ‘Place nette XXL’ et les annonces de saisies record sans rĂ©sultat tangible ».
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