
Par Bénédicte Desforges
On est tellement peu audibles (pas que le PCP, vous tous aussi), on passe tant de temps Ă se documenter pour rien, expliquer au mieux la dĂ©pĂ©nalisation de lâusage de stupĂ©fiants et la lĂ©galisation du cannabis, faire preuve de rigueur, Ă©viter les approximations, les fausses vĂ©ritĂ©s, les mirages, insister sur le point de vue police, pour rien, commenter les dĂ©clarations et dĂ©cisions politiques, inutile dĂ©cryptage en temps rĂ©el, lâactu drogues, en fait toujours la mĂȘme, pour rien, dans le vide, sâadresser Ă des gens qui ne rĂ©pondront jamais, solliciter et se prendre des vents des mĂ©dias qui in fine prĂ©fĂšrent la chronique facile et superficielle que lâexpertise, comprendre qu’il ne sert Ă rien d’avoir raison et d’ĂȘtre capable de le dĂ©montrer, assister au spectacle dâun militantisme Ă la ramasse, dĂ©couragĂ© et dĂ©courageant, malade de ses egos, entendre un discours anti-prohibitionniste qui comptabilise autant dâannĂ©es dâĂ©chec que la prohibition, que je me demande si dĂ©sormais, je ne vais pas consacrer ce compte aux chiens policiers.
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