La Corse est confrontĂ©e Ă une vingtaine de groupes dont les activitĂ©s sâinscrivent dans « une emprise de type mafieux », indique un document confidentiel de la police judiciaire que « lâHumanitĂ© » a pu consulter. Pour LĂ©o Battesti, membre du collectif « Maffia no » et ancien cadre du Front de libĂ©ration nationale corse (FLNC), cette dĂ©rive sâexplique par la carence de lâĂtat dans « la dĂ©fense de lâĂ©tat de droit ».
Publié le 13 juillet 2025

Porte-parole du collectif « Maffia NĂČ Â», LĂ©o Battesti est aussi lâun des fondateurs du Front de libĂ©ration nationale corse (FLNC). Il abandonne la clandestinitĂ© dans les annĂ©es quatre-vingt-dix et appelle publiquement Ă la fin de la violence et du racket.
© Shootpix/ABACA
Du cĂŽtĂ© des autoritĂ©s, il y a encore une forme de tabou Ă reconnaĂźtre cet Ă©tat de fait : la France, Ă lâinstar dâautres pays, est confrontĂ©e Ă des « groupes mafieux » sur son territoire. Câest en tout cas lâanalyse du Service dâinformation, de renseignement et dâanalyse stratĂ©gique sur la criminalitĂ© organisĂ©e (Sirasco) de la direction nationale de la police judiciaire, depuis quelques annĂ©es.
Dans sa note confidentielle de renseignement 2025, dont Le Monde a rĂ©vĂ©lĂ© des extraits et que lâHumanitĂ© a pu consulter, le Sirasco prĂ©cise que « vingt Ă©quipes dominent le paysage du banditisme corse » et leurs activitĂ©s sâinscrivent dans « une emprise de type mafieux ».
Ces bandes ne se contentent plus de vivre Ă la marge, mais se sont bel et bien implantĂ©es au cĆur mĂȘme de la vie Ă©conomique et politique de lâĂźle. « La majoritĂ© dâentre elles ont pĂ©nĂ©trĂ© tous les secteurs, politiques, sociaux et Ă©conomiques de lâĂźle et cherchent Ă dominer les activitĂ©s lĂ©gales qui leur semblent les plus profitables », Ă©crivent les enquĂȘteurs.
Les « groupes mafieux » dont certains se sont construit des « empires » sont confrontĂ©s Ă une situation « particuliĂšrement instable » provoquĂ©e par « une vaste recomposition (âŠ) en cours, bousculant les Ă©quilibres locaux et faisant craindre une escalade des tensions ». Un bouleversement dont LĂ©o Battesti est un observateur scrupuleux.
Porte-parole du collectif « Maffia NĂČ Â», il est aussi lâun des fondateurs du Front de libĂ©ration nationale corse (FLNC). Il abandonnera la clandestinitĂ© dans les annĂ©es quatre-vingt-dix et appellera publiquement Ă la fin de la violence et du racket. Il nous alerte : contrairement aux idĂ©es rĂ©pandues, la Corse nâest pas un cas Ă part, une terre exotique lointaine. Elle est un laboratoire Ă ciel ouvert dâun milieu criminel français internationalisĂ© en pleine mutation. Entretien.
Le Sirasco, dans une note confidentielle datĂ©e de 2025, Ă©voque une vingtaine de bandes criminelles dont les activitĂ©s sâinscrivent dans « une emprise de type mafieux ». Aujourdâhui, policiers comme magistrats parlent de lâexistence de « mafia » en France. Pourquoi le pouvoir politique hĂ©site-t-il encore Ă utiliser ce mot ?
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