COLOMBIE 🇹🇮 (NARCO-Culture) : en Amazonie, des paysans replantent les terres dĂ©forestĂ©es pour la cocaĂŻne

La plus grande forĂȘt tropicale du monde s’approche dangereusement du point de non-retour, Ă  partir duquel elle pourrait se transformer en savane. Accaparement des terres, agriculture, trafics…

À deux mois de la COP30 au BrĂ©sil, et aprĂšs une enquĂȘte de sept mois dans sept zones clĂ©s, Reporterre fait un Ă©tat des lieux des difficultĂ©s et des projets locaux bĂątissant un avenir dĂ©sirable.

Si l’on veut se rendre en Amazonie, mieux vaut avoir du temps. Depuis BogotĂĄ, capitale de la Colombie, il faut dix-neuf heures de bus pour se rendre Ă  Puerto AsĂ­s, petite ville de 70 000 habitants au sud du pays, situĂ©e au bord de la riviĂšre Putumayo. Chaleur Ă©touffante, vendeurs ambulants d’ananas, tyrans Ă  ventre d’or perchĂ©s sur les fils Ă©lectriques
 C’est ici que Jani Silva est dĂ©sormais contrainte de vivre. Elle ne sort de sa maison que sous escorte, tant sa vie est menacĂ©e.

Ce qu’on lui reproche ? « Encourager les paysans Ă  penser par eux-mĂȘmes Â», explique la prĂ©sidente de l’association de paysans Adispa. Assise dans le patio de sa maison par une journĂ©e de chaleur accablante, empirĂ©e par la tĂŽle du toit, elle raconte avoir notamment aidĂ© certains jeunes Ă  se dĂ©tourner de la guĂ©rilla et de l’armĂ©e. « D’un cĂŽtĂ© comme de l’autre, ce sont les pauvres, les paysans qui sont enrĂŽlĂ©s. On se tue entre nous. Je suis contre la violence et pour la vie, sous toutes ses formes. Â» Son opposition ferme Ă  l’exploitation de puits de pĂ©trole au sein de la communautĂ© paysanne lui vaut aussi d’ĂȘtre dans le viseur des groupes armĂ©s.

Ce sont eux qui continuent de faire la loi dans certaines rĂ©gions du pays, malgrĂ© la signature d’un accord de paix en 2016 avec les Farc, les Forces armĂ©es rĂ©volutionnaires de Colombie. Dans le Putumayo, ce sont les Commandos de la frontiĂšre qui ont le contrĂŽle et se financent par le narcotrafic.

Au cƓur de leur business : la culture illĂ©gale de la coca, dont les feuilles sont transformĂ©es en cocaĂŻne. C’est l’une des principales causes de la dĂ©forestation en Amazonie colombienne. Le Putumayo accumule ainsi de tristes records : entre 2021 et 2022, la surface cultivĂ©e de la plante est passĂ©e de 28 000 Ă  48 000 hectares, selon un rapport de l’Office des Nations unies contre les drogues et le crime (ONUDC).

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