TRACFIN đŸ‡šđŸ‡” : comment les trafiquants de cocaĂŻne blanchissent l’argent des cartels

Pour blanchir l’argent tirĂ© de la vente de cocaĂŻne, les trafiquants ont longtemps convoyĂ© leurs recettes en utilisant des billets de 500 euros confiĂ©s Ă  des « mules Â». La surveillance accrue et la rarĂ©faction des grosses coupures ont conduit les rĂ©seaux de blanchiment Ă  payer les trafiquants de drogue en cryptomonnaies et Ă  expĂ©dier les espĂšces sur des routes plus tranquilles, comme celles menant Ă  DubaĂŻ (Émirats arabes unis).

Trois phases sont gĂ©nĂ©ralement nĂ©cessaires dans le blanchiment : le placement dans le systĂšme financier, l’empilement (ou layering) avec le but de perdre la trace de l’origine des fonds et, enfin, l’intĂ©gration, oĂč l’argent apparaĂźt dĂ©sormais lĂ©gitime. Cette typologie ne permet pas de comprendre que le blanchiment est parfois partiel, c’est-Ă -dire qu’on s’arrĂȘte Ă  la premiĂšre Ă©tape. ConsidĂ©rons un exemple.

Prenons l’argent tirĂ© de la cocaĂŻne en provenance du principal exportateur de la coca : la Colombie. Une partie est intĂ©gralement blanchie sur place, en rĂ©injectant l’argent liquide dans des commerces lĂ©gitimes – restaurants, salons de coiffure, etc. –, tandis qu’une autre partie sert Ă  payer la marchandise. Pour ce faire, il a longtemps suffi de fournir des espĂšces – en billets de banque –, dont le blanchiment s’achevait en Colombie.

Contrebande d’espùces

En Europe, elles sont changĂ©es en billets de 500 euros par des complices travaillant dans des banques puis confiĂ©es Ă  des mules d’argent. Ces derniĂšres prennent l’avion avec des sommes de 200 000 Ă  500 000 euros. Cette contrebande d’espĂšces en vrac (bulk cash smuggling) est le maillon de la chaĂźne du trafic de drogue ayant bĂ©nĂ©ficiĂ© Ă  l’apparition des cryptomonnaies dans le trafic de drogue.

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