
Pour blanchir lâargent tirĂ© de la vente de cocaĂŻne, les trafiquants ont longtemps convoyĂ© leurs recettes en utilisant des billets de 500 euros confiĂ©s Ă des « mules ». La surveillance accrue et la rarĂ©faction des grosses coupures ont conduit les rĂ©seaux de blanchiment Ă payer les trafiquants de drogue en cryptomonnaies et Ă expĂ©dier les espĂšces sur des routes plus tranquilles, comme celles menant Ă DubaĂŻ (Ămirats arabes unis).
Trois phases sont gĂ©nĂ©ralement nĂ©cessaires dans le blanchiment : le placement dans le systĂšme financier, lâempilement (ou layering) avec le but de perdre la trace de lâorigine des fonds et, enfin, lâintĂ©gration, oĂč lâargent apparaĂźt dĂ©sormais lĂ©gitime. Cette typologie ne permet pas de comprendre que le blanchiment est parfois partiel, câest-Ă -dire quâon sâarrĂȘte Ă la premiĂšre Ă©tape. ConsidĂ©rons un exemple.
Prenons lâargent tirĂ© de la cocaĂŻne en provenance du principal exportateur de la coca : la Colombie. Une partie est intĂ©gralement blanchie sur place, en rĂ©injectant lâargent liquide dans des commerces lĂ©gitimes â restaurants, salons de coiffure, etc. â, tandis quâune autre partie sert Ă payer la marchandise. Pour ce faire, il a longtemps suffi de fournir des espĂšces â en billets de banque â, dont le blanchiment sâachevait en Colombie.
Contrebande dâespĂšces
En Europe, elles sont changĂ©es en billets de 500 euros par des complices travaillant dans des banques puis confiĂ©es Ă des mules dâargent. Ces derniĂšres prennent lâavion avec des sommes de 200 000 Ă 500 000 euros. Cette contrebande dâespĂšces en vrac (bulk cash smuggling) est le maillon de la chaĂźne du trafic de drogue ayant bĂ©nĂ©ficiĂ© Ă lâapparition des cryptomonnaies dans le trafic de drogue.
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