FRANCE đŸ‡šđŸ‡” (Marseille) :  lutter contre le trafic de drogue impose des ruptures politiques

Refuser d’ouvrir le dĂ©bat sur la dĂ©pĂ©nalisation/lĂ©galisation est une erreur politique

Les violences, assassinats et overdoses liĂ©s au narcotrafic ne sont pas des faits divers mais le produit d’un capitalisme mafieux qui prospĂšre sur la misĂšre sociale, la dĂ©rĂ©gulation financiĂšre et l’abandon des quartiers populaires. Il dĂ©truit des vies, gangrĂšne les institutions et mine la cohĂ©sion sociale. Le combattre ne relĂšve pas de l’affichage sĂ©curitaire, mais de ruptures politiques profondes.

Le trafic de drogue se dĂ©veloppe lĂ  oĂč l’État et les services publics reculent, oĂč les politiques d’austĂ©ritĂ© fabriquent prĂ©caritĂ© et dĂ©sespoir. Pointer du doigt une jeunesse prĂ©tendument attirĂ©e par « l’argent facile Â» est une hypocrisie commode. Ce sont les inĂ©galitĂ©s sociales, l’isolement, l’absence de perspectives et la faillite des politiques de protection qui livrent les jeunes les plus fragiles aux rĂ©seaux criminels, lesquels exploitent leurs vulnĂ©rabilitĂ©s pour accroĂźtre leur emprise.

DĂ©noncer la consommation festive des bobos permet d’éviter de parler des addictions liĂ©es Ă  la prĂ©caritĂ©, Ă  la souffrance psychique et aux conditions de travail dĂ©gradĂ©es. Quant Ă  la surenchĂšre rĂ©pressive, elle est un Ă©chec patent : malgrĂ© des lois parmi les plus dures d’Europe, la consommation de drogues reste Ă©levĂ©e. Refuser d’ouvrir le dĂ©bat sur la dĂ©pĂ©nalisation/lĂ©galisation est une erreur politique. Ce dĂ©bat doit intĂ©grer la prĂ©vention, la rĂ©duction des risques et des modĂšles qui rompent avec la logique purement capitaliste.

Les politiques de la ville, combinant dispositifs dĂ©rogatoires, austĂ©ritĂ© budgĂ©taire et absence de concertation, ont failli. Le discours dominant, relayĂ© par une partie de la classe politique et des mĂ©dias, criminalise les jeunes des quartiers populaires et justifie leur relĂ©gation. Cette stigmatisation alimente la colĂšre, le sentiment d’abandon et, in fine, le terreau du narcotrafic.

Rompre avec cette logique impose un investissement massif et assumĂ© dans les services publics et les conditions matĂ©rielles de l’émancipation. Cela implique le dĂ©senclavement rĂ©el des quartiers populaires, des transports accessibles et gratuits pour les jeunes et les plus prĂ©caires, une politique ambitieuse de logements sociaux rĂ©partis sur l’ensemble du territoire et une rĂ©gulation ferme du marchĂ© immobilier.

La question de l’école est centrale.

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