ISRAËL đŸ‡źđŸ‡± : la drug-nation blanchit la guerre

7 octobre 2023, des drogues sont administrĂ©es Ă  des milliers de militaires au retour de Gaza. Du cannabis au LSD en passant par l’ecstasy, tout est bon pour traiter les troubles post-traumatiques, que les IsraĂ©liens, qui se complaisent dans le rĂŽle de victimes, ont baptisĂ©s « blessures morales Â».

IsraĂ«l aime Ă  se considĂ©rer comme le laboratoire de l’Occident. Des mĂ©decins appointĂ©s par l’armĂ©e mettent au point des traitements Ă  base de drogue pour soigner les troubles de stress post-traumatique (TSPT) des milliers d’appelĂ©s et de rĂ©servistes ayant servi Ă  Gaza. Enfin, le mot « soigner Â» n’est pas tout Ă  fait exact. L’administration de substances a plutĂŽt pour but de faire oublier une guerre dont seuls des journalistes palestiniens ont pu tĂ©moigner. Parmi eux, Ă  ce jour, 262 ont Ă©tĂ© massacrĂ©s par des bidasses israĂ©liens. Hachich, herbe, mĂ©tamphĂ©tamines, champignons hallucinogĂšnes : sur 500 000 militaires ayant servi Ă  Gaza, environ 40 000 sont ainsi « soignĂ©s Â».

Le « Patient 1 Â»

Avant cela, le seul pays qui a droguĂ© massivement ses soldats — mais aussi sa population â€” dans une situation de guerre a Ă©tĂ© l’Allemagne de Hitler, Ă  partir de 1939. La pervitine, une mĂ©thamphĂ©tamine euphorisante particuliĂšrement addictive, va contribuer, Ă©crit l’essayiste allemand Norman Ohler, Ă  mettre « le pays en surchauffe Â». Soldats, Ă©tudiants, ouvriers, conducteurs de train et mĂȘme mĂ©decins s’y adonnent sans rĂ©serve. « La pervitine est Ă  l’unisson avec l’Allemagne nazie Â», explique Norman Ohler, et va permettre « la vague d’autoguĂ©rison nationale Â» du peuple allemand.

Les nazis, bien qu’ils pensent que la drogue est une invention des mĂ©decins juifs, la laissent circuler largement, au moins jusqu’en 1941. Des millions de personnes en consomment. Hitler lui-mĂȘme se fait shooter tous les jours par son mĂ©decin personnel, qui l’a malicieusement baptisĂ© « Patient 1 Â». Aujourd’hui appelĂ©e crystal meth, la pervitine continue de se produire et de se vendre sous le manteau, les fans de la sĂ©rie Breaking Bad en tĂ©moignent.

Pour Ruchama Marton, psychothĂ©rapeute et psychiatre israĂ©lienne, fondatrice de MĂ©decins pour les droits humains (Physicians for Human Rights, PHR) qui lutte contre l’occupation des territoires palestiniens et dĂ©fend le droit Ă  la santĂ©, « le cannabis ne guĂ©rit rien du tout. Il t’accompagne. Si tu es de bonne humeur, il va accentuer cet Ă©tat, mais si tu es dĂ©primĂ©, tu le seras encore plus Â». Ian Hamel, mĂ©decin gĂ©nĂ©raliste Ă  Tel-Aviv, considĂšre que « traiter avec des drogues des gens qui ont connu l’effroi Ă  Gaza, ou qui ont honte de ce qu’ils ont fait, c’est de la courte vue. Quid des effets secondaires, des accoutumances ? Â» Le docteur Michael Zeitoun s’inquiĂšte lui aussi du long terme : « Les destructions, les morts, IsraĂ«l avait appris Ă  les gĂ©rer avec les attentats dans les annĂ©es 1990. Il a fallu depuis Gaza passer la vitesse supĂ©rieure. La drogue est arrivĂ©e Ă  point nommĂ©. Mais on manque de recul. Â»

Ce n’est pas la premiĂšre fois que la psychiatrie moderne expĂ©rimente des drogues comme outil thĂ©rapeutique, mais c’est la premiĂšre fois qu’elle le fait dans une situation de guerre. « Longtemps le syndrome post-traumatique a Ă©tĂ© considĂ©rĂ© par les psychiatres militaires comme une forme d’hystĂ©rie, rappelle Ruchama Marton.

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