COLOMBIE: la cocaïne entre fantasmes et réalités

Ecrit par Thomas Moysan
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Publié le 30 oct 2015

En signant Narcos, la série la plus cokée de l’année, Netflix a aussi signé un de ses plus beaux succès. Mais en revenant sur les origines du narcotrafic colombien, la série a aussi fantasmé de nombreuses réalités. Alors pour faire le point sur le trafic d’hier et d’aujourd’hui, nos partenaires des Décloitrés ont demandé à Vincent Nagot – étudiant de Sc Po Rennes qui revient de Bogotá où il a séjourné plusieurs mois – ses impressions sur la série.Elle est le symbole d’une mondialisation qui ne dit pas son nom. Et pourtant on l’associe sans peine à de nombreuses régions du globe: le Mexique, le Japon, le sud de l’Italie. Partout où les mafias et les cartels s’installent, elle les suit. Et dans ce trafic à échelle planétaire, il est un nom qui a fini tristement par en devenir l’incarnation: Colombie. Peut-être, car c’est là qu’elle a suscité les violences les plus spectaculaires, du moins les premières. Plus sûrement, car c’est là, à l’époque des grands cartels, que ses barons ont commencé à faire valoir leur présence à tous les niveaux de la société. Tantôt poudre d’ange, tantôt dame blanche ou Lady Dust, les noms passent, mais elle, elle reste, et jamais ne change la violence dont son trafic fait l’objet. En Colombie, on la nomme simplement, avec quatre lettres: la coca.

Au moment où l’on prend conscience dans l’opinion publique mondiale du poids des cartels, de leur militarisation, et d’une violence qui va toujours crescendo, il était évident que le cinéma, les séries, les romans de gare, etc. s’emparent du sujet comme autrefois de la cocaïne. De Pulp Fiction au Loup de Wall Street, de Requiem for a Dream à Scarface, la poudre blanche était devenue l’un des attributs les plus ambivalents de la pop culture: un symbole de la malavita et un tabou malgré tout. Mais on a longtemps oublié qu’il n’y avait pas de coke sans cartel et crime organisé. La mafia que F. F. Coppola a inventée a désormais fait son temps… D’où Narcos. Et évidemment pour une première saison, Pablo Escobar servait à merveille le propos de José Padilha: raconter les trafiquants de coke et leur histoire, des origines colombiennes aux cartels mexicains. Toutefois, en prenant ses libertés avec les faits réels dont il s’inspire, et en hésitant en permanence entre fiction et série documentaire, J. Padilha donne à voir une Colombie factice, réduite à la merci des narcotrafiquants et à accepter le soutien express des États-Unis.

Vincent a passé son année en Colombie, à l’université de Bogotá. Il a accepté de nous parler de Narcos, du tournage auquel il a participé comme figurant et de ce qu’il sait du trafic de cocaïne en Colombie.

Tu as participé au tournage de Narcos. Peux-tu nous raconter brièvement cette expérience ?

Je rentrais du sport, et il y avait un tournage dans mon quartier à ce moment-là, la scène du kidnapping de la sœur Ochoa. J’avais entendu dire qu’il y avait possibilité de participer, surtout pour les étudiants et les étrangers. Je me suis renseigné et j’ai eu un entretien avec un responsable. On m’a rappelé un mois après.

J’ai tourné trois fois avec eux. La première, c’était au ministère de l’Environnement où ils tournaient les scènes à l’ambassade américaine. J’ai joué un militaire colombien, mais au final on ne me voit pas. La seconde était deux jours après. Je jouais un visiteur lambda pour une scène dans un hôpital colombien, maquillé en hôpital de Miami. cocaineEt la troisième fois, je les ai rappelés, car j’avais besoin d’argent et les journées de tournage étaient bien payées. J’ai joué un pilote d’avion pour une scène qui n’est pas restée au montage. C’était vraiment cool. On tournait dans un aéroport militaire et nous n’étions que deux figurants à jouer des pilotes. Le réalisateur était vraiment sympa avec nous. Il nous guidait pour jouer.

Et le narcotrafic en Colombie? Comment est-ce qu’on vit avec au jour le jour ? Perçoit-on l’omniprésence de la cocaïne?

En fait, la coke est invisible au départ, quand on n’a pas l’œil. C’est après qu’on apprend à la repérer. Elle est facilement accessible en fait. C’est assez fréquent qu’on t’en propose surtout quand tu es étudiant et étranger. On apprend vite à reconnaître les personnes cokées.

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http://www.unidivers.fr/coke-colombie-cocaine-coca-narcos-netflix/

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