FRANCE (Trafic de drogue): deux plaintes contre un juge d’instruction et le « secret défense » en prime sorti par les gendarmes 

SECRET DEFENSEAprès l’Ocrtis, voilà les gendarmes!

À l’origine de ces procédures, une seule et même affaire de trafic de drogue entre le Benelux et le « 9-3 », instruite par le juge Philibeaux, conclue en 2012 par la découverte de 5 kg de cocaïne et de produits de coupe en quantité dans un appartement de l’Île-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et la condamnation de huit suspects, certains à de lourdes peines de prison. Une belle affaire quelque peu gâchée depuis. En cause? Les révélations sur le rôle – « prépondérant », dira même un gendarme sur PV – de deux indics dans le dossier et surtout les efforts déployés par les enquêteurs pour les faire disparaître de la procédure, voire les aider à s’enrichir sur fond d’escroqueries.

Des gendarmes qui se font passer pour des avocats

Six condamnés attaquent le juge

Contrairement à ces trois particuliers au casier judiciaire vierge, les autres plaignants représentés par Me Bouzrou sont tous bien connus des services de police. Six des huit condamnés dans l’affaire du labo de l’Île-Saint-Denis vont, eux aussi, attaquer le juge Philibeaux, qui a chapeauté l’enquête pour « faux et usages de faux en écritures publiques » et « entraves à la justice »… Pour argumenter cette seconde plainte, l’avocat parisien s’appuie sur plusieurs éléments pour le moins troublants. Le plus étonnant date de mai 2011. H., l’un des deux indics, est arrêté par la police du Val-d’Oise en possession de 3 kg d’amphétamine (MDMA) et 23.000 € en liquide. Résultat des courses : une simple amende douanière de 15.000 euros.

 « Secret défense », éludent les gendarmes quand leurs collègues de l’IGGN les interrogent. Or de la MDMA a également été retrouvée dans le labo. Et comment interpréter le SMS envoyé par l’un des gendarmes à son indic quand il lui écrit quelques mois avant la saisie : « Ramène au plus vite une cartouche de chaque si tu peux!!! Merci »  

Le mystère des 12 clés

Me Bouzrou s’interroge également sur l’apparition d’un trousseau de 12 clés dans les affaires personnelles d’un de ses clients lors de son placement en détention alors qu’elles n’étaient pas mentionnées au moment de son placement en garde à vue. « Il est impossible que ces dernières se retrouvent dans la fouille de M. D. à la maison d’arrêt sans l’intervention d’un tiers, lequel ne pourrait être qu’un représentant des forces de l’ordre », soutient l’avocat qui souligne que les gendarmes disposaient des clés puisqu’ils ont « sonorisé » les lieux. Une sonorisation au centre d’un autre questionnement soulevé par le pénaliste, qui s’étonne du mauvais fonctionnement du système en question qui tombe régulièrement en panne entre juillet 2011 et janvier 2012 et dont le disque dur sera jugé hors d’usage. De là à imaginer que ces pannes ne sont pas dues au hasard mais destinées à effacer d’éventuels « agissements infractionnels » des gendarmes ou de leurs indics, il y a un pas que les plaignants et leur avocat se font un plaisir de franchir…

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http://www.lejdd.fr/Societe/Trafic-de-drogue-deux-plaintes-contre-un-juge-d-instruction-785555

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