FRANCE đŸ‡«đŸ‡· (Nantes): Ă  la suite de la sortie du livre « L’Aviseur », l’administration pĂ©nitentiaire s’est dĂ©chainĂ©e

Vendredi 25 avril 2003

C’est la Saint Marc aujourd’hui et ça va ĂȘtre effectivement un jour de fĂȘte…  Ça va ĂȘtre ma fĂȘte !

Le Parisien a fait une pleine page sur mon affaire et rapportĂ© des bribes de l’interview donnĂ© au journaliste Christophe Dubois par un trĂšs gros titre « Charasse m’a lĂąché ! ».

La Chancellerie alertĂ©e par Michel Charasse, outragĂ© par ces propos, dĂ©cidera qu’il fallait fouiller ce dĂ©tenu qui ose ainsi dĂ©fier la sĂ©curitĂ© en osant s’exprimer sur sa situation.

Au centre de dĂ©tention de Nantes, un plan est immĂ©diatement prĂ©parĂ© et vers 13 H 3O, alors que le directeur Louis Leblay, SĂ©verine Henriot, et deux autres intervenants accompagnĂ©s du C.S.P. Mesnier et de trois surveillants habituellement affectĂ©s aux transferts des dĂ©tenus attendent dans les locaux du SPIP, un premier surveillant me cherchant, me rencontrera dans le couloir et me dira que je suis demandĂ© au greffe…

DĂ©s mon arrivĂ©e au greffe, je devrais me dĂ©nuder pour une fouille en rĂšgle et Ă  la question sur l’interview, je dis qu’effectivement j’ai rĂ©pondu Ă  ces questions par tĂ©lĂ©phone. Pendant ce temps-lĂ  l’équipe Leblay s’est acheminĂ©e avec prĂ©cautions, vers la cellule G001, ben oui, des fois que j’aurais posĂ© des mines, et lĂ , une perquisition destructrice a commencĂ©. Il n’était pas trĂšs difficile de trouver mon portable rangĂ© dans un bouquin prĂ©vu Ă  cet effet, mais la remarque d’un des surveillants repassant aprĂšs la fouille devant une des cages ou j’avais Ă©tĂ© enfermĂ© me perturbera : « Ca y est, on l’a eu. Au mitard FiĂ©vet ? Ce coup-ci, on se l’ait fait! » Faire son travail, c’est bien, mais en plus exprimer tant de joie d’envoyer un mec au mitard…me paraĂźt inquiĂ©tant. Mais le personnage est connu au C.D de Nantes pour ne point ĂȘtre un exemple Ă  suivre. Tous n’ont pas la sagesse de Jean-Louis.

La cellule G001 est dĂ©truite. Tout a Ă©tĂ© brisĂ© menu par ces limiers de la pĂ©nitentiaire se sentant des ailes d’OPJ. Ah, on va voir ce que l’on va voir pensait Louis Leblay, le dĂ©bonnaire. Force doit rester Ă  l’omerta ! SĂ©verine Henriot, elle, Ă©prouve une satisfaction nouvelle. Elle dĂ©couvre le pouvoir absolu! Elle n’était pas de haute taille et sa dĂ©monstration ne la grandira pas Ă  mes yeux.

Le C.S.P. Mesnier aux genoux encore douloureux trĂ©pigne et risque un commentaire sur la confiance bafouĂ©e
 Qu’un fonctionnaire ose parler de confiance, c’est dĂ©jĂ  extraordinaire, mais qu’en plus, il m’adresse cette remarque connaissant ma situation dĂ©montre que certains formatĂ©s ont perdu jusqu’au sens du bon sens! Il est vrai que dĂ©fier les lois de l’équilibre, surtout dans le domaine de la connerie est une activitĂ© journaliĂšre de nos sybarites de la fonction publique.

J’ai prĂ©venu les surveillants du quartier disciplinaire que je me mettais en grĂšve de la faim et de la soif.

Lundi 28 avril 2003 – PrĂ©toire des guignols.

C’est SĂ©verine Henriot qui prĂ©side ce tribunal interne d’exception et elle se la joue grande prĂ©sidente. Elle n’a pas mis de robe de magistrat. Son petit pantalon collant Ă  l’extrĂȘme est presque indĂ©cent. Ils sont trois reprĂ©sentants de l’Administration pĂ©nitentiaire, assis derriĂšre une sorte de comptoir situĂ© sur une estrade. Fichtre, je les imagine avec une perruque Ă  l’anglaise et l’air sĂ©rieux qu’ils se donnent ne peut m’empĂȘcher de sourire intĂ©rieurement. Mon avocate cherche Ă  me dĂ©fendre et n’obtiendra rien. J’ai reconnu le fait de dĂ©tenir un tĂ©lĂ©phone portable et donc c’est inutile de plaider.  J’ai des nausĂ©es et je surfe de vertiges en vertiges. Je demande que le sursis me soit appliquĂ© mais Madame Henriot ne rĂ©pond pas et me fait sortir pour un dĂ©libĂ©rĂ© bidon. Le dernier dĂ©tenu qui Ă©tait passĂ© pour un portable avait pris 20 jours, c’est la sanction Ă  laquelle je m’attends mais, aprĂšs m’avoir fait revenir pour entendre sa dĂ©cision, la jeune SĂ©verine Henriot, aidĂ©e du CSP Mesnier m’en « file » 25 ! Une fois encore, j’entendrais un fonctionnaire reconnaĂźtre le caractĂšre exceptionnel de ma situation sans pour autant modifier d’un iota sa position. Suivre des textes sans conscience… Le clonage si cher Ă  Rael est ici une rĂ©alitĂ© quotidienne. SĂ©verine, la clonĂ©e de service, la formatĂ©e au Dalloz non actualisĂ©, m’a condamnĂ© sans mĂȘme se rendre compte qu’elle ajoute de la nuisance Ă  la nuisance que je reçois depuis plus de huit ans. Si, la mort avait Ă©tĂ© la sanction, elle m’aurait fait exĂ©cuter. Je n’ai vraiment aucun respect pour ce type d’individus, mĂȘme si les textes l’imposent !

Mais la journĂ©e n’a pas fini de m’apporter des surprises! Deux OPJ, une commissaire et un capitaine pas moins sont dĂ©lĂ©guĂ©s par le procureur de Nantes pour enquĂȘter… Rien n’est trop beau! On est vraiment des champions! Plus surprenant, ils reconnaĂźtront que les faits qui m’étaient reprochĂ©s n’étaient pas pĂ©nalement rĂ©prĂ©hensibles… Encore plus surprenant, ils refuseront d’écrire la totalitĂ© de mes dĂ©clarations, dĂ©clarant que cela n’était pas utile! c’est vrai mes seuls contacts Ă©taient mon Ă©pouse, mon fils et GĂ©rard Estavoyer, le patron de la DNRED…Eux voulaient savoir qui m’avait vendu ce moyen de communication, qui bien que pĂ©nalement n’est pas un produit interdit, m’avait valu d’ĂȘtre plus durement sanctionnĂ© qu’un dĂ©tenteur de cannabis. C’est un des mystĂšres de notre Etat de droit.

Les drogues de toutes sortes Ă©tant en vente libre intra-muros, d’obtenir un portable ne me paraĂźt pas un exploit. Mais ils insistent, ils veulent savoir qui a bien pu permettre au dangereux terroriste que je suis devenu par Ă©diteur interposĂ© de pouvoir s’exprimer et d’utiliser ce moyen moderne pour communiquer avec les mĂ©dias.

Un peu plus, ils m’envoyaient la DNAT et me faisaient passer devant BruguiĂšre. La gĂ©gĂšne, ce sera pour plus tard !

Mon silence et mon mĂ©pris seront la seule rĂ©ponse, prĂ©cisant toutefois que de faire « parler » ma puce ne devrait poser aucun problĂšme Ă  la police scientifique. Un procĂšs verbal sera Ă©tabli et je constaterai que mes propos les plus incisifs et pertinents ont Ă©tĂ© retirĂ©s pour seulement permettre au jargon juridico administratif  de s’exprimer.

Tous savent qu’il ne faut jamais mettre en cause une autre administration ! Des bons Ă©lĂ©ments bien soumis, bien dociles et trĂšs prudents !

Des Ă©lĂ©ments pleins d’avenir !

Extrait de « l’Archipel des soumis »

0000000000000000000000

 

Laisser un commentaire