Câest la Saint Marc aujourdâhui et ça va ĂȘtre effectivement un jour de fĂȘte… Ăa va ĂȘtre ma fĂȘte !
Le Parisien a fait une pleine page sur mon affaire et rapportĂ© des bribes de lâinterview donnĂ© au journaliste Christophe Dubois par un trĂšs gros titre « Charasse mâa lĂąché ! ».
La Chancellerie alertĂ©e par Michel Charasse, outragĂ© par ces propos, dĂ©cidera quâil fallait fouiller ce dĂ©tenu qui ose ainsi dĂ©fier la sĂ©curitĂ© en osant sâexprimer sur sa situation.
Au centre de dĂ©tention de Nantes, un plan est immĂ©diatement prĂ©parĂ© et vers 13 H 3O, alors que le directeur Louis Leblay, SĂ©verine Henriot, et deux autres intervenants accompagnĂ©s du C.S.P. Mesnier et de trois surveillants habituellement affectĂ©s aux transferts des dĂ©tenus attendent dans les locaux du SPIP, un premier surveillant me cherchant, me rencontrera dans le couloir et me dira que je suis demandĂ© au greffe…
DĂ©s mon arrivĂ©e au greffe, je devrais me dĂ©nuder pour une fouille en rĂšgle et Ă la question sur lâinterview, je dis quâeffectivement jâai rĂ©pondu Ă ces questions par tĂ©lĂ©phone. Pendant ce temps-lĂ lâĂ©quipe Leblay sâest acheminĂ©e avec prĂ©cautions, vers la cellule G001, ben oui, des fois que jâaurais posĂ© des mines, et lĂ , une perquisition destructrice a commencĂ©. Il nâĂ©tait pas trĂšs difficile de trouver mon portable rangĂ© dans un bouquin prĂ©vu Ă cet effet, mais la remarque dâun des surveillants repassant aprĂšs la fouille devant une des cages ou jâavais Ă©tĂ© enfermĂ© me perturbera : « Ca y est, on lâa eu. Au mitard FiĂ©vet ? Ce coup-ci, on se lâait fait! » Faire son travail, câest bien, mais en plus exprimer tant de joie dâenvoyer un mec au mitard…me paraĂźt inquiĂ©tant. Mais le personnage est connu au C.D de Nantes pour ne point ĂȘtre un exemple Ă suivre. Tous nâont pas la sagesse de Jean-Louis.
La cellule G001 est dĂ©truite. Tout a Ă©tĂ© brisĂ© menu par ces limiers de la pĂ©nitentiaire se sentant des ailes dâOPJ. Ah, on va voir ce que lâon va voir pensait Louis Leblay, le dĂ©bonnaire. Force doit rester Ă lâomerta ! SĂ©verine Henriot, elle, Ă©prouve une satisfaction nouvelle. Elle dĂ©couvre le pouvoir absolu! Elle nâĂ©tait pas de haute taille et sa dĂ©monstration ne la grandira pas Ă mes yeux.
Le C.S.P. Mesnier aux genoux encore douloureux trĂ©pigne et risque un commentaire sur la confiance bafouĂ©e⊠Quâun fonctionnaire ose parler de confiance, câest dĂ©jĂ extraordinaire, mais quâen plus, il mâadresse cette remarque connaissant ma situation dĂ©montre que certains formatĂ©s ont perdu jusquâau sens du bon sens! Il est vrai que dĂ©fier les lois de lâĂ©quilibre, surtout dans le domaine de la connerie est une activitĂ© journaliĂšre de nos sybarites de la fonction publique.
Jâai prĂ©venu les surveillants du quartier disciplinaire que je me mettais en grĂšve de la faim et de la soif.
Lundi 28 avril 2003 â PrĂ©toire des guignols.
Câest SĂ©verine Henriot qui prĂ©side ce tribunal interne dâexception et elle se la joue grande prĂ©sidente. Elle nâa pas mis de robe de magistrat. Son petit pantalon collant Ă lâextrĂȘme est presque indĂ©cent. Ils sont trois reprĂ©sentants de lâAdministration pĂ©nitentiaire, assis derriĂšre une sorte de comptoir situĂ© sur une estrade. Fichtre, je les imagine avec une perruque Ă lâanglaise et lâair sĂ©rieux quâils se donnent ne peut mâempĂȘcher de sourire intĂ©rieurement. Mon avocate cherche Ă me dĂ©fendre et nâobtiendra rien. Jâai reconnu le fait de dĂ©tenir un tĂ©lĂ©phone portable et donc câest inutile de plaider.  Jâai des nausĂ©es et je surfe de vertiges en vertiges. Je demande que le sursis me soit appliquĂ© mais Madame Henriot ne rĂ©pond pas et me fait sortir pour un dĂ©libĂ©rĂ© bidon. Le dernier dĂ©tenu qui Ă©tait passĂ© pour un portable avait pris 20 jours, câest la sanction Ă laquelle je mâattends mais, aprĂšs mâavoir fait revenir pour entendre sa dĂ©cision, la jeune SĂ©verine Henriot, aidĂ©e du CSP Mesnier mâen « file » 25 ! Une fois encore, jâentendrais un fonctionnaire reconnaĂźtre le caractĂšre exceptionnel de ma situation sans pour autant modifier dâun iota sa position. Suivre des textes sans conscience… Le clonage si cher Ă Rael est ici une rĂ©alitĂ© quotidienne. SĂ©verine, la clonĂ©e de service, la formatĂ©e au Dalloz non actualisĂ©, mâa condamnĂ© sans mĂȘme se rendre compte quâelle ajoute de la nuisance Ă la nuisance que je reçois depuis plus de huit ans. Si, la mort avait Ă©tĂ© la sanction, elle mâaurait fait exĂ©cuter. Je nâai vraiment aucun respect pour ce type dâindividus, mĂȘme si les textes lâimposent !
Mais la journĂ©e n’a pas fini de m’apporter des surprises! Deux OPJ, une commissaire et un capitaine pas moins sont dĂ©lĂ©guĂ©s par le procureur de Nantes pour enquĂȘter… Rien nâest trop beau! On est vraiment des champions! Plus surprenant, ils reconnaĂźtront que les faits qui mâĂ©taient reprochĂ©s nâĂ©taient pas pĂ©nalement rĂ©prĂ©hensibles… Encore plus surprenant, ils refuseront dâĂ©crire la totalitĂ© de mes dĂ©clarations, dĂ©clarant que cela nâĂ©tait pas utile! c’est vrai mes seuls contacts Ă©taient mon Ă©pouse, mon fils et GĂ©rard Estavoyer, le patron de la DNRED…Eux voulaient savoir qui mâavait vendu ce moyen de communication, qui bien que pĂ©nalement nâest pas un produit interdit, mâavait valu dâĂȘtre plus durement sanctionnĂ© quâun dĂ©tenteur de cannabis. Câest un des mystĂšres de notre Etat de droit.
Les drogues de toutes sortes Ă©tant en vente libre intra-muros, dâobtenir un portable ne me paraĂźt pas un exploit. Mais ils insistent, ils veulent savoir qui a bien pu permettre au dangereux terroriste que je suis devenu par Ă©diteur interposĂ© de pouvoir sâexprimer et dâutiliser ce moyen moderne pour communiquer avec les mĂ©dias.
Un peu plus, ils mâenvoyaient la DNAT et me faisaient passer devant BruguiĂšre. La gĂ©gĂšne, ce sera pour plus tard !
Mon silence et mon mĂ©pris seront la seule rĂ©ponse, prĂ©cisant toutefois que de faire « parler » ma puce ne devrait poser aucun problĂšme Ă la police scientifique. Un procĂšs verbal sera Ă©tabli et je constaterai que mes propos les plus incisifs et pertinents ont Ă©tĂ© retirĂ©s pour seulement permettre au jargon juridico administratif de sâexprimer.
Tous savent quâil ne faut jamais mettre en cause une autre administration ! Des bons Ă©lĂ©ments bien soumis, bien dociles et trĂšs prudents !
Des Ă©lĂ©ments pleins dâavenir !
Extrait de « l’Archipel des soumis »
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