Et TRACFIN reste d’une discrĂ©tion totale, quand au parquet financier, il ne s’est pas autosaisi!
Y aurait-il une fiscalité pour les aigles et une pour les pigeons ?

Une « poupĂ©e russe » juridique qui rend toute traçabilitĂ© impossible pour le fisc. Il y a lĂ lâassureur Axa ; lâempire Dominoâs Pizza et ses 103 % de retour sur investissement en dix ans grĂące Ă un montage sophistiquĂ© offshore ; la congrĂ©gation des LĂ©gionnaires du Christ ; ou encore le groupe propriĂ©taire des mĂ©dias RMC et BFMâTV, dĂ©tenu en partie par une cascade de sociĂ©tĂ©s, qui conduit Ă Jersey via les Pays-Bas.
Bataille de lâinformation

Et les services français ont Ă©tĂ© clairs avec le lanceur dâalerte : lâĂ©vasion fiscale nâest pas leur sujet.
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à 28 ans, il débarque donc à Jersey, charmante ßle Anglo-Normande secouée par les marées et boßte noire de la finance internationale.
Dans son livre, Maxime Renahy dĂ©taille les «âqualitĂ©sâ» qui font de cette langue de terre de 120 kmÂČ un coin de paradisâ: 20 % de taux dâimposition maximum sur le revenu des particuliers, 0 % sur celui des boĂźtes Ă©trangĂšres, les plus-values et successions. Le jeune homme commence sa carriĂšre au sein du prestigieux cabinet Mourant. Il Ă©critâ: «âLes fonds dâinvestissement basĂ©s dans les paradis fiscaux sont des entitĂ©s utilisĂ©es pour pratiquer lâĂ©vasion fiscale, blanchir lâargent sale, organiser des liquidations frauduleuses, des abus de biens sociaux et violer les lois nationales ou europĂ©ennes.â» Tout un programmeâ!

Au sein du fonds, Maxime Renahy assure le suivi comptable et celui des contrats dâachat de lâinvestissement, organise les rĂ©unions avec avocats, notaires et organes de rĂ©gulation locaux.
Dans son livre, il dĂ©voile le quotidien dâun paradis fiscal, dĂ©crypte son fonctionnement et ses rituels de socialisation. Au fil des pages, il brosse le portrait dâun faune curieuse â hĂ©ritiĂšres dĂ©sĆuvrĂ©es, businessmen cyniques ou «âgolden boysâ» en quĂȘte de fortune rapide â, qui sâĂ©puise en sĂ©ances de jogging et en parties de poker arrosĂ©es de biĂšre. TrĂšs vite, ce quâil voit lâĂ©cĆure. Par patriotisme autant que par conscience morale, le jeune homme dĂ©cide de sortir de sa position dâobservateurâ: «âJe jouissais dâune position privilĂ©giĂ©e dans lâun des saints des saints de la finance, je devais en faire profiter lâĂtat français, explique-t-il Ă lâ«âHDâ». Câest tout naturellement que je me suis tournĂ© vers la DGSE (Direction gĂ©nĂ©rale de la sĂ©curitĂ© extĂ©rieure â NDLR).â»
En mars 2007, il tĂ©lĂ©phone sans trop y croire Ă lâĂ©tat-major de lâarmĂ©e de terre. Lâentretien est un peu surrĂ©aliste (« Bonjour, madame, je souhaiterais donner des informations cruciales pour les intĂ©rĂȘts français car je travaille dans la finance offshore sur lâĂźle de Jersey.â») mais finit par aboutir. AprĂšs une sĂ©rie de mails envoyĂ©s par lâintermĂ©diaire dâune sociĂ©tĂ© créée pour lâoccasion, il se retrouve un beau matin devant une Ă©glise parisienne, avec un «âexemplaire du magazine âGĂ©oâ dans la main gaucheâ», Ă attendre un envoyĂ© des «âservicesâ».
Renahy se rend compte que lâĂtat utilise ses informations pour protĂ©ger les sociĂ©tĂ©s du CAC 40, plutĂŽt que pour contrer leurs magouilles. LâĂ©tendue de la fraude est pourtant colossale.
â »Toutes les banques et grandes sociĂ©tĂ©s françaises truandent en passant par les paradis fiscaux, rappelle-t-il. Et il nâest pas seulement question dâĂ©vasion fiscale, mais de toute sorte dâopĂ©rations illicitesâ: elles utilisent les places offshore pour contourner leurs exigences en matiĂšre de fonds propres, ou bĂątir des structures opaques afin de couler des filiales.â«
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