Les stupéfiants auraient transité par le train de nuit Paris-Briançon avant d’être acheminés à Gap.
Un nouveau coup de filet dans le milieu des stupéfiants à Gap (Hautes-Alpes), deux semaines après la saisie record de 80 kg de drogue découverts dans le box d’un immeuble du quartier du Forest d’Entrais.
Dans cette affaire, un Gapençais a été mis en examen et écroué.
Une information judiciaire a été ouverte. L’enquête est pilotée par l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS).
Dissimulée dans le placard d’une chambre d’hôtel
Le mardi 9 avril en fin d’après-midi, deux individus sont interpellĂ©s par la police alors qu’ils se rendent dans une chambre d’hĂ´tel de Gap. Leur complice prĂ©sumĂ© arrive Ă s’enfuir. Les policiers avaient dĂ©couvert plus tĂ´t, dans plusieurs sacs entreposĂ©s discrètement, dans le placard de la chambre d’hĂ´tel, 31 kg de rĂ©sine de cannabis et 1 kg de cocaĂŻne. Les deux individus qui s’apprĂŞtaient visiblement Ă rĂ©ceptionner la drogue sont placĂ©s en garde Ă vue ; un troisième le lendemain, l’homme qui les aurait conduits en voiture ; et un quatrième le surlendemain, celui qui est soupçonnĂ© d’avoir rĂ©servĂ© la chambre d’hĂ´tel. Reste Ă savoir si l’un d’entre eux Ă©tait la « mule » chargĂ©e de transporter la drogue depuis Paris vers les Hautes-Alpes.
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En d’autres temps, c’Ă©tait le « Train Bleu » qui Ă©tait utilisĂ© par des mules pour monter Ă Paris l’hĂ©roĂŻne savamment raffinĂ©e sur Marseille.
Ces mules Ă©taient insoupçonnables et dans ces annĂ©es lĂ , pas de « chiens douaniers » pour provoquer des catastrophes… par des saisies inopportunes! La ‘mule’ arrivait Ă Saint Charles avec sa valise pris en charge par un porteur…

Ce qui Ă©tait courant Ă l’Ă©poque, et après un passage au wagon-restaurant, la mule rejoignait son compartiment couchette de première classe! A Paris, encore un porteur, qui prenait alors en charge le bagage jusqu’Ă la voiture de la mule qui l’attendait sagement Ă la Gare de Lyon.
L’ombre de la French planait sur le Train Bleu
À peine condamné dans l’affaire du Combinatie, Nick Venturi *, tout en aidant Gaston Defferre, continue de faire « des affaires », notamment outre-Atlantique. Les parrains français trafiquent l’héroïne. Ils font venir la drogue de Turquie, ils la transforment dans des laboratoires autour de Marseille et l’envoient à leurs « cousins » mafieux de Cosa nostra aux États-Unis. C’est la fameuse « French Connection ».
Nick est Ă©pinglĂ© dans un rapport d’un agent des narcotics amĂ©ricain datant du 6 fĂ©vrier 1962, oĂą il est citĂ© comme Ă©tant un des principaux chefs du rĂ©seau. Cette thèse est reprise par un rapport du Congrès amĂ©ricain sur « le crime organisĂ© et le trafic illicite de drogues » de 1964. Lui et son frère Jean sont citĂ©s dans des fiches dĂ©taillĂ©es. Jean Venturi ferait l’intermĂ©diaire, profitant de son statut de reprĂ©sentant chez Ricard au Canada. Mais faute de preuves, ils ne peuvent ĂŞtre confondus.
*Dominique Venturi, dit « Nick » Venturi, nĂ© en 1923, se comporte en vrai rĂ©sistant durant la Seconde Guerre mondiale. Il aide mĂŞme Gaston Defferre Ă s’emparer du journal Le Petit Provençal en aoĂ»t 1944, qui sera rebaptisĂ© Le Provençal. Porte-flingue du maire de Marseille, il est soupçonnĂ© de contrebande de cigarettes et surtout de trafic d’hĂ©roĂŻne en direction de l’AmĂ©rique du Nord, mais pas que vers l’AmĂ©rique. Le SĂ©nat amĂ©ricain le prĂ©sente mĂŞme comme l’un des parrains de la ‘French Connection’ avec son frère Jean Venturi, officiellement reprĂ©sentant de la marque Ricard au Canada. Ricard…Vous avez dit Ricard!
Nick est mort le 6 avril 2008.
HSBC, la banque des narcos, avec comme « Internal audit » François Mongin un ancien DG de la Douane Française.
Au milieu du bottin mondain des Français de « SwissLeaks » et autres financiers d’al-Qaida et trafiquants d’armes possĂ©dant un compte Ă la banque HSBC Ă Genève, celui de Jean-Christophe Rapetto pouvait passer totalement inaperçu. NĂ© en 1966 Ă Marseille, dirigeant de sociĂ©tĂ©s, il n’a eu que des broutilles Ă expliquer Ă la justice. Elle ne lui a infligĂ© que dix mois avec sursis pour « recel du produit de blanchiment de fraude fiscale » en 2013. Certes, il est le petit-fils de « Nick » Venturi, considĂ©rĂ© comme l’un des derniers grands parrains du milieu corse de Marseille et de la French Connection. Mais, comme il l’a dit lui-mĂŞme, « il ne s’est pas posĂ© de question sur la provenance des fonds dĂ©tenus par son grand-père, lequel Ă©tait taisant sur ses affaires ».
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