GUYANE đŸ‡«đŸ‡· (sur les bords du Maroni): le trafic de cocaĂŻne Ă  destination de la mĂ©tropole explose

Un trafic qui explose, et des méthodes de passage qui évolue

Un tiers des petites mains des trafiquants viendrait du Suriname, un autre tiers de l’Ouest, rural, de la Guyane. Avec un taux de chĂŽmage de 22% en Guyane, les trois-quarts de ces intermĂ©diaires sont sans emploi, selon le Parquet, et donc attirĂ©s par l’appĂąt du gain.

Leurs mĂ©thodes sont aussi en train de changer : il y a quelques annĂ©es, avaler la drogue Ă©tait majoritaire, mais selon un rapport de l’Office central pour la rĂ©pression du trafic illicite des stupĂ©fiants (OCTRIS) rendu en fĂ©vrier 2019, ce n’est plus vraiment le cas. Les mules avalent de moins en moins la drogue (seulement 24% des cas en 2018), et prĂ©fĂšrent plutĂŽt la cacher sur eux (28% des cas) ou dans les valises (42% des cas, toujours selon rapport OCTRIS), ce qui permet d’en emporter plus. D’ailleurs, les quantitĂ©s saisies par les douanes sont en hausse : 1,7kg en moyenne par personne interpellĂ©e, avec une fourchette comprise entre 1 et 20kg !

Des policiers et des douaniers en trop petit nombre

Avec 1.349 arrestations l’an passĂ© Ă  Cayenne, les forces de l’ordre interpellent plus de trois personnes par jour. Mais ce n’est que la partie immergĂ©e de l’iceberg, car les policiers estiment Ă  8 ou 10 le nombre de mules envoyĂ©es pour chaque vol entre Cayenne et Orly. C’est la stratĂ©gie de la saturation : les trafiquants savent que les douaniers n’ont pas les moyens de traiter plus de deux ou trois personnes par jour.

« Une mule, c’est au moins 35 jours de procĂ©dure. Donc au minimum deux douaniers et un mĂ©decin », explique Ă  Europe 1 Rodolphe Alexandre, le prĂ©sident de la CollectivitĂ© territoriale de Guyane. « Les services sont insuffisants. Prenons le cas du scanner ou de l’Ă©chographe, il faut soit un mĂ©decin soit un infirmier pour suivre ces opĂ©rations. »

Actuellement, l’échographe installĂ© dans l’aĂ©roport de Cayenne pour dĂ©celer la drogue dans les corps ne fonctionne pas.

Les autoritĂ©s ont donc dĂ©cidĂ© de lancer un plan de lutte renforcĂ© le 11 avril, avec l’affectation de quatre agents supplĂ©mentaires pour les douanes Ă  la frontiĂšre d’ici l’étĂ©, ce qui doit faire passer les effectifs de 18 Ă  22 personnes Ă  Saint-Laurent du Maroni, et huit lits carcĂ©raux au lieu de quatre Ă  l’hĂŽpital de Cayenne pour prendre en charge ceux qui ont avalĂ© la drogue. Il s’agit aussi d’augmenter les contrĂŽles, sur les routes et Ă  l’aĂ©roport, en Guyane comme Ă  l’arrivĂ©e en mĂ©tropole.

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